Wählen Sie Ihre Nachrichten​

«Chercher le jeu»
Kultur 1 5 Min. 09.10.2019

«Chercher le jeu»

Le clown Alain Fairbairnanime cette semaine une masterclass dans le cadre du festival  «Clowns in Progress» de la Kulturfabrik.

«Chercher le jeu»

Le clown Alain Fairbairnanime cette semaine une masterclass dans le cadre du festival «Clowns in Progress» de la Kulturfabrik.
Photo: Matic Zorman
Kultur 1 5 Min. 09.10.2019

«Chercher le jeu»

Thierry HICK
Thierry HICK
Alan Fairbairn, invité du festival «Clowns in Progress» de la Kulturfabrik, ne veut pas que faire rire.

Alan Fairbairn arrive en France en 1985 pour des études de théâtre. Finalement, l'acteur de théâtre britannique – qui s'est découvert une passion pour l'art clownesque – y vit toujours. Entre deux spectacles ou deux cours, il anime depuis lundi matin, dans le cadre du festival «Clowns in Progress», une masterclass à la Kulturfabrik d'Esch/Alzette.

Le clown peut être drôle, mais aussi tragique.
Le clown peut être drôle, mais aussi tragique.
Photo: Matic Zorman

Alan Fairbairn, qu'allez-vous enseigner à vos élèves tout au long de votre masterclass?

Ce que je joue sur scène est bien différent de ce que j'enseigne. J'ai certes quelques idées, mais je ne gère pas tout, il faut laisser de la place à l'improvisation. On va voir ce qui va se passer tout au long de cette semaine de travail...

Matic Zorman / Luxemburger Wort

Quelles sont les qualités nécessaires pour suivre votre formation?

Mes clowns, comme j'appelle mes stagiaires, n'ont pas besoin de bagages particuliers, je préfère. Ils doivent si possible avoir une expérience de la scène, mais surtout être disponibles, ouverts. Et accepter l'idée d'échouer. L'échec et la critique sont deux notions essentielles dans notre travail. Ensuite, je veux leur transmettre ce que j'ai appris à l'école Jacques Lecoq.

C'est-à-dire?

Un clown une fois sur scènen'a ni texte, ni costume à sa disposition. Son travail consiste à chercher le jeu. En fait, ce jeu précède même le personnage. Tout l'art clownesque est basésur cette idée. Il n'existe pas de forme de clown unique. «Mon clown ne sait pas jouer ceci, faire cela»: combien de fois n'ai-je pas entendu cette phrase? Un clown fixe, unique ne fait que tuer le jeu.

360 Videos werden hier nicht unterstützt. Wechseln Sie in die Youtube App, um das Video anzusehen.

Que veut dire «être clown» aujourd'hui?

Je n'en sais absolument rien! Le terme de clown est déjà en soi quelque chose d'énorme. Je constate que les spectacles de clown pur sont peu nombreux. Bien sûr, il y a ceux qui utilisent le nez rouge, mais ce n'est qu'une image. Chacun, lorsqu'il monte sur scène, doit trouver sa propre authenticité, son jeu comique. Pour chercher, trouver et exploiter les choses cachées et étonnantes qu'on a tous en nous. Il n'y a pas de formules toutes faites. Mais là, je n'ai toujours pas répondu à votre question.

Photo: Matic Zorman

Si peu...

Donc, un clown peut être drôle, burlesque, excentrique... à chacun ses tendances. Cet art est finalement quelque chose de très personnel qui très souvent cache les choses de la vie du quotidien pour ne retenir que les choses drôles, étonnantes et osées de la vie.


Être clown, c'est se retrouver sur scène sans texte et sans costume pour raconter des choses cachées, drôles ou étonnantes qui sont en nous. Cet art a en soi quelque chose de trèsintime.

Osées? Donc, pour reprendre les propos de Pierre Desproges «peut-on donc rire de tout...»?

En principe oui, car il n'y a pas de limites. Faut tout de même pouvoir se poser des questions: «est-ce drôle, est-ce de mauvais goût?» Les grandes interrogations de la société d'aujourd'hui ne sont pas forcément mon territoire, ce n'est pas l'art que je cultive.

Un clown, avec ou sans gros nez rouge, doit-il absolument faire rire?

Non! Nous pouvons certes faire rire, mais notre mission consiste aussi à toucher le public et le faire réfléchir. Un clown peut être drôle, mais aussi touchant, et tragique.

Photo: Matic Zorman

Quel genre de clown êtes-vous alors?

J'essaie de maximiser le minimalisme des moyens, des accessoires, du texte... Je ne fais pas partie des naïfs, j'ai un goûtpour l'absurde et le cynisme. De plus, le clown que je cultive est aussi très enfantin. Tout cela me vient naturellement, je ne gère pas tout. Et finalement,je suis quelqu'un de très timide.

Comment avez-vous appris votre métier?

Pour faire ce métier, il faut tout d'abord le vouloir. J'étais comédien et j'enseignais le théâtre à Manchester. Les pièces de ce que je voyais ne m'inspiraient guère, jusqu'au jour où j'ai vu le travail d'acteurs sortis de l'école de Jacques Lecoq. J'ai décidé d'aller voir sur place et j'ai fait une demande à cette école. J'ai été sélectionné à ma grande surprise et j'ai suivi l'enseignement de Jacques Lecoq de 1885-1987. Je devais rester deux ans en France, j'y suis toujours aujourd'hui.

Acteur ou clown: quelle est la différence?

Le premier joue les idées des autres, le second joue les siennes. Les clowns sont souvent de bons acteurs, le contraire est très rarement le cas. Vous êtes Britannique: est-ce un avantage pour être clown? Je ne sais pas. En Angleterre, il existe une tradition, une légende de l'humour sec, noir, cynique. Alors oui, même si tout cela reste en partie un beau cliché, être anglais pour jouer le clown est bel et bien un avantage.

Lorsque vous n'êtes pas sur scène, êtes-vous quelqu'un de drôle dans la vie?

Avec l'âge je deviens de plus en plus sérieux. Sur scène je joue, mais après le spectacle, j'arrête. Il faut faire la part des choses, savoir dire «Stop!»

Un enfant de six ans vient voir après votre spectacle et vous dit qu'il veut être clown. Que lui répondez-vous?

Je lui conseille d'attendre encore un peu, de commencer par faire du théâtre et de passer au travail clownesque plus tard. Qu'il apprenne quelques notions de magie, qu'il cultive aussi l'humour et l'esprit. Et qu'il regarde aussi des vidéos de clown pour le plaisir.

Festival «Clown in Progress» jusqu'au 12 octobre à la Kulturfabrik et au Théâtre d'Esch/ALzette avec les spectacles «El camino de Señor Dolores», «Rien à dire», «A-t-on toujours raison? Which Witch Are You?» et «Cartoon Toylete» et l'exposition «La piste aux étoiles».

www.kulturfabrik.lu


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Lust auf noch mehr Wort?
Lust auf noch mehr Wort?
7 Tage gratis testen
E-Mail-Adresse eingeben und alle Inhalte auf wort.lu lesen.
Fast fertig...
Um die Anmeldung abzuschließen, klicken Sie bitte auf den Link in der E-Mail, die wir Ihnen gerade gesendet haben.