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Charles Kohl: Un illustre inconnu
Kultur 8 Min. 09.06.2020

Charles Kohl: Un illustre inconnu

Même si les sculptures tiennent le haut de l’affiche, l’exposition à la Villa Vauban se penche aussi sur les autres formes d’expression de l’artiste.

Charles Kohl: Un illustre inconnu

Même si les sculptures tiennent le haut de l’affiche, l’exposition à la Villa Vauban se penche aussi sur les autres formes d’expression de l’artiste.
Photos: Steve Eastwood
Kultur 8 Min. 09.06.2020

Charles Kohl: Un illustre inconnu

Thierry HICK
Thierry HICK
La Villa Vauban rend hommage à l’art protéiforme de Charles Kohl.

Consacrer une exposition monographique à un artiste luxembourgeois est une gageure, que dans le cas de Charles Kohl, pour le directeur des deux Musées de la Ville de Luxembourg, Guy Thewes, qui assume pleinement son choix. D’autant plus que l’artiste à l’honneur reste, même après sa mort en 2016, un grand inconnu.  

 C’est sur initiative de la famille, que la Villa Vauban a décidé de consacrer une vaste exposition rétrospective du travail de Charles Kohl. C’est grâce aux prêts d’Ed Kohl, frère cadet de Charles, et des héritiers, mais aussi d’André Elvinger, Jean Hoss, Armand Wagner, du Musée national d’Histoire et d’Art et de la Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat que l’exposition a pu être montée par la Villa Vauban, qui elle aussi conserve dans sa collection une trace de l’art de Charles Kohl. Le but est de présenter le personnage et son travail dans toute sa diversité. 

Autoportrait de jeunesse.
Autoportrait de jeunesse.
Photo: Patrick Kohl

Cerner le personnage

 Au-delà de tout aspect chronologique, l’exposition Charles Kohl est structurée en plusieurs thèmes fédérateurs. Histoire aussi de mieux cerner le personnage, actif et créatif en bien des domaines et espaces différents, mais finalement tellement complémentaires. Et avec toujours ce sujet récurrent de prédilection: l’être humain et son corps. 

 Ce thème constant apparaît dès le premier chapitre de l’exposition, tout naturellement intitulé «Les débuts». C’est l’époque des années 1950 durant lesquelles Charles Kohl partira à Paris pour ses études supérieures. C’est aussi à cette période de sa vie qu’il fera quelques rencontres artistiques décisives qui le marqueront à jamais. 

 Ces années seront encore marquées par les souffrances de la Seconde Guerre mondiale – son frère résistant fut exterminé par les nazis. «Les thèmes de l’enfermement, de la capture et de la souffrance sont omniprésents dans ses sculptures», note Maité Schenten coordinatrice et commissaire de l’exposition. 

Photo: Steve Eastwood

Cette souffrance continuera de trouver son expression dans la partie «Guerriers». Ici encore, la guerre, le combat sont omniprésents. Pour Charles Kohl ce sont autant de moments de peur, de désespoir mais aussi une forme d’impuissance face à l’adversité omniprésente qui trouvent ici une poignante expression. 

 Les corps, encore eux, sont souvent allongés, mutilés, blessés. L’artiste se refuse à toute forme de vulgarité, de violence, l’heure est bien davantage à la résignation. De ses sculptures se dégagent un désarroi presque dérangeant, mettant le spectateur face à face avec cette impuissance décriée par l’artiste. 

L’épuration des propos affichée précédemment est encore renforcée avec les œuvres de la partie «Formes enlacées». Plus que jamais, les formes deviennent abstraites, les contours s’estompent laissant libre cours à un flux de mouvements au rythme d’une matière, qui comme le drapé d’un tissu, devient malléable. Peu importe le sujet, les volumes, les proportions l’emportent dans ce souci d’abstraction extrême.


Charles Kohl dans son atelier à Bonnevoie (vers 1996, le cliché n’est pas daté).
Charles Kohl dans son atelier à Bonnevoie (vers 1996, le cliché n’est pas daté).
Photo: Photothèque de la Ville de Luxembourg/Jochen Herling



 Entre abstraction et figuration 

«Oscillant entre abstraction et figuration, entre douceur mélancolique et désolation angoissante, ses œuvres se distinguent des réalisations de ses contemporains et notamment des formes organiques et lisses de l’autre grand maître de la sculpture luxembourgeoise, Lucien Wercollier», note Guy Thewes dans l’introduction du catalogue richement illustré accompagnant l’exposition et justement titré «Imagier de la condition humaine». L’exposition entend donc aussi redonner ses lettres de noblesse à un artiste trop souvent oublié aujourd’hui et qui n’a jamais renié ses influences. 

"Guerrier blessé", plâtre 1952 .
"Guerrier blessé", plâtre 1952 .
Photo: Steve Eastwood

Dès son retour au Luxembourg, il a été fortement influencé par Lucien Wercollier et Claus Cito, qui furent de véritables mentors pour lui.

Maité Schenten, commissaire de l'exposition

«Dès son retour au Luxembourg, il a été fortement influencé par Lucien Wercollier et Claus Cito, de véritables mentors pour lui», note Maité Schenten. La collaboration avec Claus Cito et Emile Hulten s’est par exemple traduite par la réalisation d’un bas-relief du Monument aux Morts du Musée de la Résistance d’Esch-sur-Alzette. 

La partie «Stèles et monuments» reflète l’intérêt de Charles Kohl pour l’espace public. L’attirance pour l’art figuratif – un retour amorcé au milieu des années 1980 –, trouve son expression la plus frappante dans la partie intitulée «Cirque». Ici encore pas d’explosion de joie, d’effusion de gaieté, les propos de Charles Kohl restent pesants, lourds et sombres. L’être humain est une fois encore omniprésent. 

Visages sans bouche  

 Une idée à nouveau exploitée dans le chapitre «L’homme». Des personnages aux visages sans bouche, aux orbites vides crient leur désespoir et leurs peurs. Malgré ce climat pesant, il reste une petite place pour des élans d’une tendresse bien réelle.

Bien évidemment les sculptures tiennent une place de choix dans les différentes salles d’expositions de la Villa Vauban. Quelques peintures, hauts-reliefs, gravures et fusains documentent le volet protéiforme de l’artiste. «Aujourd’hui, on connaît Charles Kohl surtout pour ses sculptures. C’est quand même oublier un peu vite qu’il était aussi peintre et dessinateur, car pour lui le dessin précédait toujours l’acte de sculpter», rappelle la commissaire.  

Maité Schenten, la commissaire de l'exposition.
Maité Schenten, la commissaire de l'exposition.
Photo: Steve Eastwood

 Nombreuses sont les réalisations à base de terre cuite. Là aussi Maité Schenten a une explication: «Souffrant d’arthrose, cette matière était plus facile à manipuler.» Charles Kohl ne donnait que rarement des titres à ses créations. «Cela ne l’intéressait pas. Pour ses expositions, il devait trouver des titres, ce travail lui causait pas mal de soucis», fait valoir la commissaire, «seulement lorsqu’il était satisfait du résultat, il datait et signait ses œuvres.»


"Cavalière", terre cuite (1986).
"Cavalière", terre cuite (1986).
Photo: Steve Eastwood

Des œuvres, qu’il recommença à produire en masse à l’aube des années 1990, après une période de relâche. Une richesse méconnue, effleurée dans le dernier épisode de l’exposition «Atelier». En préparant l’exposition, les héritiers de Charles Kohl ont en quelque sorte redécouvert dans l’atelier de l’artiste à Bonnevoie un nombre important de sculptures et autres objets portant la griffe d’un artiste insatiable, pluriel, à la sensibilité à fleur de peau et malheureusement trop peu connu et reconnu. Un impair que la Villa Vauban vient réparer avec une rétrospective qui mérite bien plus qu’un simple détour. 

 Exposition Charles Kohl jusqu’au 17 janvier 2021 à la Villa Vauban, 18, avenue Emile Reuter, 2420 Luxembourg. Ouverture tous les jours, de 10 à 18 heures, 21 heures les vendredis, fermeture le mardi. Infos: www.villavauban.lu


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