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C'est Karma, des idées à chanter, des choses à dire
Kultur 2 7 Min. 26.11.2020

C'est Karma, des idées à chanter, des choses à dire

Entre les études des grands classiques de la littérature et ses guitares, la jeune chanteuse et bachelière rêve de pouvoir vivre un jour de sa passion, la musique.

C'est Karma, des idées à chanter, des choses à dire

Entre les études des grands classiques de la littérature et ses guitares, la jeune chanteuse et bachelière rêve de pouvoir vivre un jour de sa passion, la musique.
Photo: Anouk Antony
Kultur 2 7 Min. 26.11.2020

C'est Karma, des idées à chanter, des choses à dire

Thierry HICK
Thierry HICK
La musicienne publie ce vendredi avec «Farbfilm» un nouvel album de cinq titres et continue sur sa lancée malgré la pandémie.

Derrière ses grandes lunettes, la frêle jeune fille ne s’impose pas, mais explique avec enthousiasme et calme son travail, ses combats, son engagement et tout particulièrement sa passion pour la musique. L’auteur-compositrice-interprète sort aujourd’hui son nouvel album «Farbfilm» et prépare son bac... 

Karma Catena n’a peut-être que 18 ans, elle a pourtant les idées bien en place. Même si son futur n’est pas encore tout tracé. Karma Catena, c’est C'est Karma, un nom d’artiste qu’elle s’est choisi un peu par hasard. «C’était une idée d’un ami que j’ai finalement gardée», explique-t-elle. «Je voulais un nom d’artiste en rapport avec mon vrai nom», mais aussi qui soit capable de garantir une certaine redondance pour les recherches sur Google, confirme-t-elle. 

C'est Karma se donne les moyens de ses ambitions.
C'est Karma se donne les moyens de ses ambitions.
Photo: Martins Goldbergs

Mais finalement, qui est cette C’est Karma? «C’est une jeune femme qui veut utiliser le médium de la musique pour affirmer sa place dans la société. Au-delà de ce but, c’est également quelqu’un qui ressent un profond besoin d’être créatif, même si je n’en suis pas toujours consciente, mais ce désir d’avancer dans mon art est constant». 

Un double objectif

C’est donc avec ce double objectif à atteindre, que C’est Karma poursuit sa route. Un cheminement entrepris depuis quelques années déjà et qui a finalement trouvé un moyen relativement simple pour s’exprimer. Pourquoi avoir choisi la musique? «Parce que je suis incapable de dessiner», ironise C’est Karma. «J’ai découvert la musique à travers la guitare, un instrument assez facile à apprendre». 


Oui, je suis féministe. Ma génération est plus fâchée aujourd’hui que celle de nos parents. On en parle plus.

C'est Karma

Après quelques cours et quelques tutorials sur Internet, la jeune femme se rend compte qu’elle peut s’exprimer assez librement avec sa six-cordes. «Avec un piano cela aurait été bien plus difficile». De la guitare au chant, il n’y avait qu’un petit pas, qu’elle a rapidement franchi. «La transition s’est faite tout naturellement.» 

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Au départ, Karma Catena ne songe pas encore à écrire ses propres songs et à monter sur scène. «J’ai commencé par jouer des chansons d’autres musiciens qui m’intéressaient.» Après une recherche peu fructueuse d’un job d’étudiant, elle se rend à Luxembourg-Ville et gagne un peu d’argent comme musicienne de rue. Elle n’a à l’époque que 15 ans. «La rue a été ma première scène», s’amuse-t-elle aujourd’hui. C’est aussi à ce moment qu’elle rencontre d’autres musiciens de la scène locale et constate qu’il «ne faut pas forcément venir des Etats-Unis pour devenir un bon musicien». Son chemin semble peu à peu se dessiner. 

Il y a deux ans, C’est Karma s’est distinguée aux Luxembourg Music Awards en décrochant le sésame de meilleur espoir de l’année.
Il y a deux ans, C’est Karma s’est distinguée aux Luxembourg Music Awards en décrochant le sésame de meilleur espoir de l’année.
Photo: Pit Reding

 Par la suite, elle décide également d’écrire non seulement ses propres musiques, mais aussi et surtout ses propres textes. «Je travaille toujours en étroite collaboration avec ma productrice. Un autre regard est toujours important».

Attirée par la puissance du punk 

Côté musique, celle pour qui le terme de «songwriting» se résume «à écrire de la musique» a fait un choix: «Quand j’étais plus jeune, j’étais très attirée par le punk, j’en écoutais beaucoup, une musique très puissante qui m’a très marquée. Aujourd’hui, je suis très branchée pop alternative, mais je continue d’évoluer». Le résultat final est un mélange judicieusement dosé entre différents styles ou influences, l’ensemble est bien agencé. 

Et laisse toujours une place de premier ordre aux paroles. Car, C’est Karma a des choses à dire, à revendiquer. «Oui, je suis féministe. Je ressens encore toujours des discriminations dans mon métier, à l’école, dans mon quotidien. Ma génération est plus fâchée aujourd’hui que pouvaient l’être nos parents peut-être, on en parle plus. Comme mon public est jeune, je profite de cette plate-forme qui m’est ouverte pour m’adresser à lui. Le rôle d’un artiste, c’est aussi de former des opinions». Les questions environnementales et autour du phénomène Black Lives Matter n’en sont pas pour autant négligées. 

Des racines portugaises

 Tout comme les racines portugaises de Karma Catena. Le récent titre «Industrial Salt» aborde le sujet. «Il est important de penser à ses origines, connaître l’histoire de son pays. Surtout au Luxembourg où la communauté portugaise est importante. Cette émigration est aussi une cause directe de la dictature d’Antonio Salazar. A l’école, lorsque l’on parle de fascisme, le Portugal n’est jamais évoqué». 

Il y a deux ans, C’est Karma s’est distinguée aux Luxembourg Music Awards en décrochant le sésame de meilleur espoir de l’année. «Ce prix m’a plongée dans un profond dilemme émotionnel. Bien sûr j’étais heureuse de la récompense, mais aussi tellement triste pour tous mes amis musiciens qui auraient tout autant mérité de gagner ce prix.» Cet titre lui a-t-il mis la pression? 


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Une place sur la scène musicale 

«Il y a deux ans, il me manquait une certaine maturité, j’étais encore inexpérimentée, j’ai donné des concerts sans être réellement prête. Depuis, j’ai rencontré des personnes qui m’ont heureusement permis de progresser». Peu à peu, la jeune musicienne a su se faire une place sur la scène musicale du pays. 

Après «Yellow» en 2019, avec dans la foulée la sortie du single «Ufo», l’année 2020 aura été riche en actualité: en plus de trois simples «Girls», «Fist Fight», «Pool Party», la musicienne publie ce vendredi un album de cinq titres «Farbfilm», quelques jours seulement après le titre «Industrial Salt». La Covid-19 n’aura pas eu de répercussions directes sur sa production. «Tous ces titres étaient prévus de longue date». 

 Covid, flemme et frustration 

Sauf que cette fois-ci, la nouvelle galette sera uniquement disponible en version digitale sur les canaux usuels de distribution. Donc pas de release-party, ni de concert en perspective – une toute prochaine date en Croatie est passée à la trappe. La crise sanitaire est passée par là. «La sortie de mon précédent album s’est accompagnée d’une semaine de fêtes et de promotions. Aujourd’hui rien de tout cela. De quoi avoir la flemme».

 La musicienne doit donc pour le moment se passer de scènes, ces «rencontres intimes» avec le public. Les concerts en streaming pour C’est Karma ne remplacent jamais ses moments d’échanges et de partages. «On fait son art certes pour soi-même, c’est aussi une question d’ego, mais aussi avant tout pour le partager avec les autres. Cette période aujourd’hui s’accompagne d’un grand sentiment de frustration.» 

Entre deux concerts ou séances d’enregistrements, la jeune fille a encore une autre activité: elle est lycéenne et prépare actuellement son bac littéraire. «Heureusement, mes parents me laissent beaucoup de liberté. Pour le moment j’arrive à bien gérer les deux domaines.» Son bac une fois en poche, Karma Catena compte faire des études d’anthropologie culturelle, «mais ça peut encore changer». «Mon rêve serait aussi un jour de pouvoir vivre de ma musique», C’est Karma ne perd pas espoir. 

 En attendant elle peaufine son art, mais aussi son image et défend sa place. «Oui, aujourd’hui, le marketing et l’accompagnement d’un artiste sont importants, surtout pour moi qui suis toujours seule sur scène. D’autant plus qu’un jour ou l’autre on finit par devoir sortir du Luxembourg, le niveau doit suivre». C’est Karma, qui a récemment été l’invitée d’une émission radio de France Inter, se donne les moyens de ses ambitions. Une sacrée preuve de détermination. 

 Et finalement qu’en est-il de son karma personnel? Franche rigolade de l’intéressée. «Tout le monde me pose la question. J’aimerais renaître en tant que pizzaïolo». 

www.cestkarma.com

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