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Bohumil Kostohryz et le théâtre
Kultur 6 Min. 14.04.2021

Bohumil Kostohryz et le théâtre

Le photographe dans son atelier du Rollingergrund.

Bohumil Kostohryz et le théâtre

Le photographe dans son atelier du Rollingergrund.
Photo: Guy Jallay
Kultur 6 Min. 14.04.2021

Bohumil Kostohryz et le théâtre

Thierry HICK
Thierry HICK
Le photographe suit la création théâtrale du pays depuis plus de vingt ans.

Rares sont les créations de nouvelles pièces de théâtre au Luxembourg dans lesquelles son nom ne figure pas au générique.Combien de fois n’avons-nous pas déjà publié son nom dans nos colonnes? Bohumil Kostohryz est de toutes les fêtes. Non pas sur scène, mais plutôt autour, devant ou derrière le plateau. Son rôle n’est pas de jouer au théâtre, mais d’observer et de témoigner de ce qu’il voit sur scène, son seul et incontournable appareil photo à la main. 

 Aujourd’hui donc, les metteurs en scène, producteurs ou directeurs de théâtre font appel à lui lorsqu’il s’agit de mettre en images une nouvelle production. Les clichés de Bohumil Kostohryz sont ensuite envoyés aux journaux – le «Luxemburger Wort» les publie régulièrement – ou sont utilisés par les compagnies pour des fins de documentation ou de promotion. 

Bohumil Kostohryz, aujourd’hui âgé de 48 ans, a quitté son pays, la République tchèque, pour venir avec son épouse au début des années 2000 au Luxembourg. Diplômé de la Faculté d’architecture de Prague – il y a également enseigné la photographie durant cinq années –, une fois installé au Grand-Duché il s’est rapidement fait connaître comme photographe de théâtre.  

 «Moulin à paroles», janvier 2021, TOL au Grand Théâtre.
«Moulin à paroles», janvier 2021, TOL au Grand Théâtre.
Photo: Bohumil Kostohryz

Un peu par hasard

 «Cela a en fait débuté un peu par hasard», confie le photographe, «j’ai croisé des personnes du collectif Independent Little Lies, qui en 2000 préparaient un spectacle à la Kulturfabrik et qui m’ont demandé de faire des photos». Est venue par la suite une rencontre avec Jacqueline Posing-Van Dyck, metteure en scène du Théâtre national du Luxembourg.

De fil en aiguille et depuis plus de 20 ans, Bohumil Kostohryz a enchaîné les projets. Combien? «Je suis incapable de le dire. Je n’ai jamais compté en fait.» Sur certains murs de son atelier de Luxembourg-Rollingergrund – un garage d’une maison transformé – sont accrochées des affichettes de grand format informant sur les futures productions.  «Ces captures d’écran me servent de calendrier», explique le photographe, «en plus les visiteurs peuvent se renseigner sur les programmes des théâtres». 

Rester discret et ne pas déranger: si je ressens que ma seule présence influence le jeu des acteurs, je dois me retirer.

S'adapter, réagir

Armé de son appareil de photo, Bohumil Kostohryz retrouve acteurs et metteurs en scène bien avant l’arrivée des spectateurs. Avec le temps, il a pu roder sa méthode de travail. «Chaque théâtre, chaque compagnie a son mode de fonctionnement, sa manière de communiquer. Certains s’y prennent longtemps à l’avance, d’autres presque au dernier moment. Il faut s’adapter, réagir», remarque le photographe. 

 Que ce soit lors des répétitions ou de l’ultime filage de la pièce à couvrir, le photographe a besoin de prendre son temps. «Découvrir une nouvelle pièce, c’est un peu comme découvrir une nouvelle ville. Les premières impressions comptent. Vous pouvez à ce moment précis faire beaucoup de photos. Si vous revenez dans cette même ville, votre regard change, devient peut-être plus technique et vous ne faites finalement plus qu’une seule photo. Au théâtre, finalement c’est pareil». 

 «Hamlet» en mars 2021 au Théâtre des Capucins.
«Hamlet» en mars 2021 au Théâtre des Capucins.
Photo: Bohumil Kostohryz

Des centaines de prises de vue 

C’est pourquoi, Bohumil Kostohryz ne lésine pas sur les moyens. Déclencher sa caméra à plusieurs centaines de reprises n’a finalement rien d’exceptionnel. «Dans une deuxième phase, je réduis, j’élimine pour au final ne retenir que quelques vues d’un spectacle», observe le photographe. Peu adepte des retouches et corrections, il préfère visiblement faire des choix irrévocables en éliminant naturellement les prises de vue qu’il juge peu satisfaisantes. La sélection finale sera par la suite envoyée aux journaux et aux compagnies... 

 Reprenant l’image de la ville à découvrir, le photographe poursuit: «Je m’intéresse aux détails, aux impressions du moment. L’instant est de première importance». Sans oublier le côté humain de tous ces personnages qu’il met en boîte. «J’aime regarder, observer le personnage qui est devant moi. Le théâtre est toujours une histoire avant tout humaine de la vie. Mais aussi une bulle où tout peut être montré et raconté.» 

«Elle doit être capable de dépasser le cadre ou l’instant précis dans lequel elle a été prise. Elle doit aussi continuer de m’étonner»
«Elle doit être capable de dépasser le cadre ou l’instant précis dans lequel elle a été prise. Elle doit aussi continuer de m’étonner»
Photo: Guy Jallay

Des découvertes sur le vif  

Se focalisant sur ses émotions et ses découvertes, Bohumil Kostohryz n’a pas forcément besoin de connaître les moindres détails ou indices dramaturgiques du contenu qu’il s’apprête à découvrir. «Si le jeu d’acteur est assez convaincant, c’est suffisant pour ressentir des choses. J’ai besoin de ces découvertes sur le vif. Trop savoir au départ peut être en quelque sorte handicapant, limitatif.» 

De limites, il peut en être question, lorsqu’un appareil photo s’invite sur un plateau de théâtre. «Il n’y a certes pas de règles fixes, je peux toujours me déplacer en toute liberté. Mais, il faut savoir rester discret et ne pas déranger l’acteur qui joue. Si je ressens que du fait de ma seule présence j’influence les acteurs dans leur travail, je dois me retirer. C’est avant tout une question de respect. » 

En fait, les seules limites qui peuvent s’imposer à lui sont d’ordre technique. «Je dois composer avec la lumière et avec les mouvements sur scène.» Une fois la photo d’une pièce publiée, cette dernière doit pouvoir poursuivre son récit. «Elle doit être capable de dépasser le cadre ou l’instant précis dans lequel elle a été prise. Elle doit aussi continuer de m’étonner», note le photographe, qui avant d’ouvrir les pages d’un journal, avoue, en toute modestie, «aimer avoir oublié la photo que je vais redécouvrir une fois imprimée.» 

 Des parallèles entre l’architecture et la photographie 

 Architecte de formation, Bohumil Kostohryz s’autorise à tirer des parallèles entre ses deux domaines de prédilection. «L’architecture et la photographie sont toutes les deux des espaces de vie complexes, mais sans frontières. Donc complémentaires.» Pour lui, les deux activités ne peuvent exister sans travail et esprit d’équipe. C’est pour cette raison, qu'il réunit pour chaque production toute l’équipe artistique, technique et administrative pour une traditionnelle photo de famille.

«Girls and Boys», novembre 2020, TOL au Kinneksbond Mamer.
«Girls and Boys», novembre 2020, TOL au Kinneksbond Mamer.
Photo: Bohumil Kostohryz

 Durant le confinement Bohumil Kostohryz a travaillé sur quelques séries. «Confinement», actualité oblige, mais aussi «Happy», constituée de nombreux portraits. Histoire pour lui de rester en mouvement à l’heure où les théâtres tournaient au ralenti. Aujourd’hui les salles de spectacles ont prudemment repris leurs activités, renoué le contact avec leurs publics. Et font de nouveau appel au photographe, qui après 20 ans passés à côté des planches se réjouit d’«avoir pu croiser autant de créateurs, d’avoir pu être nourri d’autant de contenus si intéressants». Celui qui «a découvert la photo très tôt» veut s’imposer et rechercher pour chaque invitation au théâtre «un regard différent et nouveau» et surtout continuer de montrer ce qu’il a eu la chance de voir avant le public. 

www.boshua.com

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