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Biennale de Venise: Visas pour le monde
Faire le tour du monde de l'art en 90 étapes...

Biennale de Venise: Visas pour le monde

Photo: Thierry Hick
Faire le tour du monde de l'art en 90 étapes...
Kultur 3 Min. 13.05.2019

Biennale de Venise: Visas pour le monde

Thierry HICK
Thierry HICK
En plus de l'invitation de 80 artistes aux Giardini et à l'Arsenale, la Biennale accueille 90 pavillons nationaux.

La Biennale de Venise défend un principe qui ailleurs pourrait être source de critiques: cloisonner l'art dans des pavillons nationaux. Chaque pays invite ses artistes et met en relief ses spécificités «nationales». A l'heure où les nationalismes de tous bords émergent, cette pratique ancienne – la Biennale d'art en est à sa 58e édition – démontre que l'art, sous toutes ses formes, n'est pas réducteur, limiteur, mais bien davantage une source de dialogues et de questionnements. C'est cette mission que les artistes de la Biennale, du Pérou à la Chine, ont pris à bras le corps.


L'Arsenale de Marco Godinho
Inauguration jeudi du pavillon luxembourgeois «Written by Water» à la Biennale d'art de Venise.


De concert, toutes ces nations s'accordent pour se rapprocher au plus près – tout en se laissant une large marge d'appréciation – du thème fédérateur «May You Live in Interesting Times», choisi par le curateur américain Ralph Rugoff. Au-delà des pavillons nationaux, 80 artistes ont été conviés par le patron de cette édition 2019 à proposer une double proposition tant à l'Arsenale qu'aux Giardini. Tous les artistes ont répondu présent, seul le Vénézuela manquait encore à l'appel lors de l'ouverture. Le pays, qui traverse actuellement une crise profonde, aurait promis aux organisateurs d'être présent aux Giardini dès la fin de la semaine.

Une sélection

Parmi la masse incommensurable de l'offre des 90 pavillons nationaux de la Biennale, retenons quelques propositions qui méritent un détour. Une sélection aussi aléatoire que subjective.

France

Laure Prouvost. "Vois ce bleu profond te fondre"
Laure Prouvost. "Vois ce bleu profond te fondre"
Photo: Thierry Hick

Pour accéder au pavillon français, il faut s'armer de patience: deux heures de queue n'ont rien d'exceptionnel. Finalement, la patience paie. La proposition «Vois ce bleu profond te fondre» est à la hauteur des attentes. Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? Les questions que se pose l'artiste Laure Prouvost sont loin d'être anodines. Outre la documentation filmée et fictive d'un périple à cheval entre Paris et la Cité des Doges, l'artiste française, qui a reçu le Prix Turner en 2013, profite des deux galeries latérales pour approfondir ses propos. Deux installations multiformes, associant danse, performance, sculpture, vidéo, peinture et jouant avec les matières les plus diverses, plongent le spectateur dans un univers de métaphores et d'allusions. Des jeux de lumières et de sons ingénieux contribuent au dépaysement provoqué. De quoi largement faire oublier la très longue attente.

Israël

Aya Ben Ron: "Field Hospital X"
Aya Ben Ron: "Field Hospital X"
Photo: Thierry Hick

La patience est aussi de mise pour le projet «Field Hospital X» de Aya Ben Ron. Cette nouvelle institution, qui prend son envol à Venise, a pour but de faire appel aux arts pour remédier aux «maladies» sociales et à la corruption. Ce travail s'inspire largement des pratiques du milieu hospitalier. Ainsi, avant d'être pris en charge par une équipe médicale, le visiteur doit patiemment attendre son tour – comme des centaines d'autres «malades» – et choisir sa «maladie». Une manière de rappeler que nos acquis en matière de santé et de bien-être ne sont pas une évidence.

Russie

Alexander Shishkin-Hokusai:  "Flemish School"
Alexander Shishkin-Hokusai: "Flemish School"
Photo: Thierry Hick

Le cinéaste Alexander Sokurov propose une relecture bien sombre de la toile «Le Retour du fils prodigue» peinte par Rembrandt en 1668 – l'œuvre fait partie de la collection de l'Ermitage. Alexander Shishkin-Hokusai se replonge dans l'univers de l'Ecole flamande de peinture. Une double vision contemporaine de l'histoire de l'art qui ne manque pas d'audace.

Philippines

Mark O. Justiniani: "Island Weather"
Mark O. Justiniani: "Island Weather"
Photo: Thierry Hick

Pays d'îles de surcroît, les Philippines avec l'installation «Island Weather» défendent leur identité. L'artiste Mark Justiniani a recréé trois îlots que les visiteurs peuvent conquérir. Des structures de verres et autant d'objets du passé, grâce au truchement de miroirs, créent un étonnant basculement entre passé et présent. En cas de vertige, s'abstenir.

Belgique

Jos de Gruyter & Harald Thys: "Mondo Cane"
Jos de Gruyter & Harald Thys: "Mondo Cane"
Photo: Thierry Hick

Entre souvenirs d'enfance et images folkloriques, Jos de Gruyter et Harald Thys donnent vie à des personnages-automates d'un autre monde. «Mondo Cane» est une véritable bouffée d'air frais. Le projet a été récompensé d'une «mention spéciale» de la Biennale.

Autriche

Renate Bertlmann: "Discordo Ergo Sum"
Renate Bertlmann: "Discordo Ergo Sum"
Photo: Thierry Hick

Renate Bertlmann ne fait pas dans la demi-mesure avec «Discordo Ergo Sum»: son appel à la prise de risque, à la désobéissance face au pouvoir, au droit à la différence sont sans équivoque.

Emirats arabes unis

Nujoom Alghanem: "Passage"
Nujoom Alghanem: "Passage"
Photo: Thierry Hick

Nujoom Alghanem explore la poésie arabe au travers d'une installation vidéo composée de deux écrans et d'une seule bande sonore pour une double narration – l'une imaginaire, l'autre réelle. Le résultat final est saisissant. 

www.labiennale.org


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