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Balades virtuelles dans les musées
Kultur 8 Min. 22.04.2020 Aus unserem online-Archiv

Balades virtuelles dans les musées

Retour sur l'histoire de la Schueberfouer au Lëtzebuerg City Museum.

Balades virtuelles dans les musées

Retour sur l'histoire de la Schueberfouer au Lëtzebuerg City Museum.
Photo: Chris Karaba
Kultur 8 Min. 22.04.2020 Aus unserem online-Archiv

Balades virtuelles dans les musées

Thierry HICK
Thierry HICK
Face à la crise sanitaire, les nouvelles technologies viennent au secours des expositions.

Vous ne pouvez plus aller au musée? Pas de problème, le musée vient chez vous. Les musiciens, les écrivains, les danseurs, les acteurs ont tous face au confinement rapidement réagi et proposent à leurs publics des rencontres d’un genre nouveau. Les livraisons à domicile de contenus culturels, en plus des pizzas et autres plats préparés, sont en nette progression.

Les musées, d’ici et d’ailleurs, ont rejoint le mouvement et offrent eux-aussi à leurs habituels visiteurs la possibilité de retrouver l’une ou l’autre exposition devenue inaccessible. Une piqûre de rappel pour les uns, une découverte pour les autres: à chacun d’y trouver son compte.

Trois lieux, une  même expérience

Trois lieux différents et une même expérience virtuelle: le Centre national de l’Audiovisuel de Dudelange, le Musée national d’Histoire et d’Art et le Lëtzebuerg City Museum se sont lancés bon gré mal gré dans cette nouvelle aventure numérique. 

Le principe, simple de surcroît, est toujours le même: filmer avec une caméra à 360° l’ensemble des salles d’exposition pour recréer un parcours de visite identique à celui qu’empruntait avant le «vrai» visiteur.

«Il faut garder le contact avec le public, lui proposer quelque chose de nouveau. Cela fait aussi partie de notre mission de service public», explique Sonia da Silva, du service Presse & Communication du Musée national d’Histoire et d’Art (MNHA).

Le baroque espagnol à l'honneur au MNHA.
Le baroque espagnol à l'honneur au MNHA.
Photo: MNHA

Le musée du Fëschmaart a été le premier en 2018 déjà à scanner sa collection permanente. D’autres institutions ont par la suite suivi le mouvement. Pour ses expositions temporaires, le MNHA, face à la crise sanitaire, a quelque peu accéléré les choses. «Le virus a été un élément déclencheur», assure Sonia da Silva. En un temps record, Luc Schengen, responsable de la société In-Visible, a ainsi passé au crible les différentes salles d’expositions du MNHA.

 


Ausstellung “Thierry“ van Werveke im Pomhouse des CNA in Düdelingen (Foto: Alain Piron)
Der Lebensweg eines Rebellen
Das Düdelinger Centre National de l'Audiovisuel widmet dem facettenreichen „Thierry national“ eine umfassende Schau. Ohne Tabus.

Aujourd’hui, il est donc possible de redécouvrir une version virtuelle des deux expositions temporaires déjà montrées au public: «De Mena, Murillo, Zurbarán – Maîtres du Baroque espagnol» et «#wielewatmirsin – 100 Joer allgemengt Wahlrecht zu Lëtzebuerg (1919-2019)». La situation est différente pour «Brushed by Light», l’exposition de photographies de Carla van de Puttelaar. «Le vernissage prévu le 19 mars n’a pas eu lieu, l'exposition n'a jamais été ouverte au public», note Sonia da Silva.

On pensait garder ces enregistrements pour nos archives. On ne croyait pas pouvoir s’en servir aussi rapidement.

Paul Lesch, directeur du CNA

Son collègue Boris Fuge, chargé de communication des 2 Musées de la Ville de Luxembourg (Lëtzebuerg City Museum et Villa Vauban), explique lui que l’exposition «Schueberfouer» au Lëtzebuerg City Museum a «été digitalisée bien avant l’arrivée du coronavirus. Dans le but de garder un tracé pour l’avenir».

Toujours prête mais inaccessible

Pour la petite histoire, ladite exposition est toujours bel et bien en place. Prévue jusqu’au 29 mars, «Schueberfouer» n’a pas encore pu être démontée, puisque certaines pièces ne peuvent pas être rendues à leurs prêteurs internationaux. Toujours prête à l’emploi, l’exposition reste tout de même inaccessible. Une situation paradoxale.

Expotion-hommage à Thierry van Werveke au CNA.
Expotion-hommage à Thierry van Werveke au CNA.
Photo: Alain Piron

Pour Boris Fuge, la digitalisation des expositions «Schueberfouer» et «Variations» à la Villa Vauban – en plus de la collection permanente «The Luxembourg Story» – a aussi un autre but: «C’est devenu un outil de travail professionnel pour les employés de nos deux musées, par exemple lorsqu’il s’agit de préparer des prêts. D’autres applications sont aussi envisageables.» «Des utilisations pédagogiques sont ainsi rendues possibles», se réjouit Sonia da Silva du MNHA. Ainsi, le service des publics du musée pourra recourir à ces expositions 2.0 pour proposer différentes activités aux visiteurs de tous âges.


Garder le contact avec le public, lui proposer quelque chose de nouveau. Cela fait partie de notre mission de service public.

Sonia da Silva, chargée de communication du MNHA

Garder une trace

Garder un tracé d’une exposition du passé, tel est aussi le but de la mise en ligne de l’exposition «Thierry!» au Centre national de l’Audiovisuel de Dudelange. L’idée de demander au même Luc Schengen de documenter l’hommage à Thierry van Werveke «nous est venue avant la crise», note Paul Lesch, le directeur du CNA. «On pensait garder ces enregistrements pour nos archives pour éviter de tout perdre à jamais. On ne croyait pas pouvoir s’en servir aussi rapidement.»


Kultur , MNHA , Expo Maitres du Baroque Espagnol , Foto: Guy Jallay/Luxemburger Wort
Spanischer Barock: Sehen und glauben
Nationales Museum zeigt hingebungsvolle Werke spanischer Bildhauer des Goldenen Zeitalters.

Le CNA a pour sa part fait le choix d’attendre quelques jours une fois le confinement mis en place pour informer le public au travers des réseaux sociaux de la mise à diposition de la version digitale de «Thierry!». «Après le shutdown on voulait éviter une surdose de projets digitaux», note Paul Lesch.

Les trois institutions poursuivent donc un but commun: préserver de l’oubli des contenus et proposer aux visiteurs une balade virtuelle. La réalisation se basant sur les mêmes prémices techniques, seul le MNHA a fait le choix d’élargir l’offre de contenus. Le parcours de ces expositions digitalisées permet aux spectateurs de s’arrêter à chaque étape et d’approfondir leurs connaissances. Des hyperliens s’ouvrent et renvoient vers d’autres sources informatives.

Ces visites virtuelles peuvent avoir l’effet d’un teaser et inciter le visiteur à se déplacer au musée par après.

Boris Fuge, chargé de communication des 2 Musées de la Ville de Luxembourg

Les visites des expositions du Lëtzebuerg City Museum et du CNA se «contentent» de gros plans des différents cartels et panneaux des cimaises. «Si on avait su qu'on allait utiliser ce matériel si rapidement, on aurait pu le faire», explique Paul Lesch. «C’est vrai, c’est un point faible de l’exposition», avoue Boris Fuge.

Visites en silence

L’exposition «Thierry!» de Dudelange, dans sa version digitale, doit de plus se passer d’extraits de films, de chansons, de témoignages ou d’interviews qui jalonnaient l’exposition originale. Un grand vide pour ces retrouvailles avec un artiste si protéiforme. «Cette absence est due à des questions de droits d’auteurs», déplore Paul Lesch. La visite de l’exposition «Schueberfouer» se fait également dans le plus grand silence.

Aux 2 Musées de la Ville de Luxembourg des réflexions sont menées pour éventuellement développer encore davantage les procédés techniques mis en œuvre actuellement. Histoire de répondre aux manquements actuels. L’arrivée de la réalité virtuelle pourrait être une réponse. A l’image du projet de visites en VR et AR (virtual reality/ augmented reality) du quartier du Pfaffenthal des années 1860.

Une fois le confinement passé, ces expositions temporaires et virtuelles devraient continuer d’exister aux côtés des collections permanentes. En imaginant que toutes les institutions muséales de la place poursuivent leurs efforts de digitalisation plus ou moins avancés de leurs programmes, le visiteur fera-il encore l’effort de se rendre dans un musée? Le risque d’une concurrence éventuelle existe, certes, mais est relativisé par les responsables d’institutions. «La technique n’offre qu’une impression partielle.

A boire et à manger

Pour ceux qui ont vu l’exposition en question, le procédé peut rappeler de bons souvenirs. Il ne faut pas avoir de trop grandes attentes», prévient Paul Lesch. Sonia da Silva rajoute: «La question est à double tranchant, il y a à boire et à manger. Mais rien ne peut remplacer une visite dans des conditions réelles.» Boris Fuge est d’avis que «ces visites virtuelles peuvent avoir l’effet d’un teaser et inciter le visiteur à se déplacer au musée par après». Les nouveaux formats ne sont jamais un simple ersatz, mais bien une offre complémentaire. Surtout en cette période où l’édition 2020 de la Schueberfouer vient tout juste d’être annulée.


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