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Achutegui: „Neimënster hat die Kulturszene verändert“
Kultur 35 7 Min. 10.06.2019

Achutegui: „Neimënster hat die Kulturszene verändert“

Das Kulturzentrum im Grund feiert seinen 15. Geburtstag

Achutegui: „Neimënster hat die Kulturszene verändert“

Das Kulturzentrum im Grund feiert seinen 15. Geburtstag
Foto: Chris Karaba
Kultur 35 7 Min. 10.06.2019

Achutegui: „Neimënster hat die Kulturszene verändert“

Nicht einfach nur ein Ort für angenehme Unterhaltung soll Neimënster unter der Leitung von Ainhoa Achutegui sein – vielmehr eine Kulturstätte, von der Impulse für das gesamte Land ausgehen sollen. Das ist ambitioniert; aber der Ehrgeiz ist im Gespräch zum 15-jährigen Bestehen des Kulturzentrums in der alten Abtei im Grund spürbar.

Ainhoa Achutegui, welchen Einfluss hat Neimënster auf das kulturelle Leben?

Zusammen mit anderen Institutionen hat unser 2004 offiziell eröffnetes, aber schon weit im Voraus geplantes Zentrum aus einem alten Gefängnis etwas komplett Neues gemacht. Mit der Philharmonie und der Rockhal hat es die gesamte Kulturwelt revolutioniert. Wichtig war und ist, dass die Kultur in der Stadt mit internationalem Flair und der Aktualität mithalten kann – und da ist eben Neimënster ein Teil. Dass aus einem Gefängnis ein Kulturzentrum geworden ist, hat auch extremen Symbolcharakter.


Mit seinem eigenen Programm und den Partnerinstitutionen wie dem Institut Pierre Werner in seinen Mauern setzt das Zentrum starke Akzente. Sehen Sie sogar revolutionäres Potenzial?

Ainhoa Achutegui
Ainhoa Achutegui
Foto: Cedida Pela Entrevistada

Es klingt vielleicht romantisch: Aber ich glaube, dass die Kultur etwas verändern muss und soll. Und in diese Richtung gehen wir auch bei der Programmgestaltung – neben eher „kommerziellen“ Erfolg versprechenden Konzerten wollen wir auch Themen setzen, die scheinbar Minderheiten ansprechen und letztlich doch entscheidend für die gesamte Gesellschaft sind. Eine Konferenz, die wir zum Thema Intersexualität veranstalten, geht eben auch weit mehr Menschen an.

Ist diese Offenheit genau die große Chance der Arbeit in der Abtei?

Das ist nicht nur eine große Chance, sondern auf jeden Fall eine Pflicht. Es sind internationale Debatten, die wir dem Publikum nicht nur nicht vorenthalten wollen, sondern die wir auch mitgestalten wollen. Wir bieten so etwas an, das etwas Besonderes hat und unabhängig vom Publikumszuspruch seine Berechtigung hat.

Was ist für Sie persönlich das große Glück in der Abtei arbeiten zu können?

Der Ort allein schon. So etwas gibt es nirgends auf der Welt mitten im Zentrum; eine Oase für die Kultur und Meditation. Uns sagen viele Künstlerinnen und Künstler, die bei uns auftreten und arbeiten, wie besonders dieser Ort ist. Dass sie diese Ruhe mitten im Zentrum haben; aber auch der markante Bockfelsen, der für die einen Schutz bedeutet, manchmal aber auch beunruhigend wirkt. Aber inspirierend ist es immer.

Das Kulturzentrum im Grund feiert seinen 15. Geburtstag
Foto: Chris Karaba


Genau der Aspekt des Rückzugsorts und der Residenz scheint auch für die zukünftige Entwicklung des Zentrums eine große Rolle zu spielen ...

Wir haben gezählt: Über 10 000 Künstlerinnen und Künstler haben bei uns gearbeitet und übernachtet. Wir entwickeln das parallel zu den bestehenden Residenzen weiter: Wir können mehr Räume zur kreativen Entfaltung bereitstellen und werden daran arbeiten, sie perfekt zum Beispiel für die musikalische Kreation klanglich einzurichten – einfach damit egal wann, egal wo in unseren Räumen unter möglichst guten Bedingungen Neues entstehen kann.

Spiegelt sich dieser Ehrgeiz um Kreativität denn auch in den Feierlichkeiten zum 15. Geburtstag wider?

Wir haben jedenfalls beschlossen, keine großen Reden zu dem kleinen Jubiläum zu schwingen. Aber dass wir eine große Party machen, die alle unsere Publikumsgruppen anziehen soll – und die, die uns noch entdecken wollen. Einfach viel Programm für viel Publikum und jede Altersgruppe: Wir haben Zirkus, wir haben Raum um Pétanque zu spielen, wir bieten Theaterstücke, Konzerte, Ausstellungen und Workshops wie Yoga für Kinder. Damit zeigen wir auch, wie offen wir sein können – ob für Intellektuelle oder auch ein neugieriges touristisches Laufpublikum. Eben nicht wie die Philharmonie, die eher ein Genrepublikum anzieht. Und apropos Tourismus: Wir sind eine Attraktion, die wirklich in jedem Touristenführer erwähnt wird – und darum machen wir auch ganz viel, was Luxemburgerinnen und Luxemburger ins Zentrum rückt, um sie diesem Publikum vorzustellen. Quasi als Botschafter von dem, was hier vor Ort geschaffen wird. 

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Du pire au meilleur

Claude Frisoni sur cette abbaye devenue prison puis lieu de culture

Par Marc Thill

L'idée de fermer l'ancienne prison et d'en faire un centre culturel a été celle de Robert Krieps, ancien ministre de la Culture et de la Justice. «Il avait un attachement très fort à ce lieu, il y a été emprisonné comme réfractaire», souligne Claude Frisoni, premier directeur du Centre Culturel et de Rencontre Abbaye Neumünster, nom sous lequel l'actuel Neimënster a été lancé. «Faire rentrer la culture et les idées dans ces vieux murs était une des obsessions de Robert Krieps», se rappelle Frisoni. 

Une autre personne, Jacques Rigaud, à l'époque président et directeur général de RTL, a joué un rôle important. Avant d'arriver chez RTL, celui-ci avait été directeur de cabinet du ministre des Affaires culturelles français Jacques Duhamel, et c'est là qu'il avait accompagné une réflexion qui avait conduit en France à la création de centres culturels et de rencontre et dont le concept à chaque fois était le même: utiliser des bâtiments historiques qui avaient perdu leur première vocation et risquaient d'être détruits par les rouages du temps pour les mettre au service de la création contemporaine.

Cellules sombres, cellules grises

«C'était une idée audacieuse de transformer par exemple l'abbaye de la Chartreuse à Villeneuve-lez-Avignon en un lieu dédié à l'écriture théâtrale», s'exclame Frisoni. «Rigaud a réussi son pari, celui de la rencontre entre bâtiments historiques et culture contemporaine, mais également entre culture et entreprise.» Rigaud savait pertinemment que le monde des affaires avait besoin de salles pour des conférences, des colloques, des séminaires, et plutôt que de se retrouver dans un hôtel impersonnel, les entreprises pouvaient accéder à des lieux historiques et culturels.

Une troisième personne a contribué elle aussi d'une manière décisive à la réussite du projet, Erna Hennicot-Schoepges. «Pendant des années les travaux avaient été bloqués» se souvient Frisoni. «Lorsqu'on m'a demandé de m'en occuper, j'ai eu la chance d'avoir une ministre de la Culture qui était également en charge des travaux publics. C'est elle qui a su frapper du poing sur la table et dire à son administration d'arrêter de freiner.» 

Les anciennes pierres sont imprégnées de vieux souvenirs."


Avant les travaux déjà, l'abbaye a dû accomplir un parcours législatif difficile. Au parlement, le parti libéral a voté contre la loi autorisant l'État à réaliser ce projet, et dans l'administration des Travaux publics «il y a eu des forces d'inertie terrifiantes pour ne pas appliquer la loi». Aujourd'hui on ne se souvient guère de ces entraves. Les alternatives au projet, un hôtel, un parking, sont passées aux oubliettes. Parfois est soulevée par contre la question si la programmation devrait toujours tenir compte de l'histoire mouvementée du lieu. «Elle le doit», dit Frisoni qui souvent a prononcé sa formule «des cellules sombres aux cellules grises». Son ambition a été de redonner de la spiritualité à ce haut- lieu de la culture, «car à l'époque de l'abbaye médiévale il y avait une vocation spirituelle, même un enseignement trilingue, puis à l'époque de la prison des réfractaires s'y retrouvaient parce qu'ils avaient fait le choix de la liberté et de l'humanité contre celui de la barbarie». 

Claude Frisoni
Claude Frisoni
Foto: Marc Wilwert

Pour Frisoni, les anciennes pierres de l'abbaye sont imprégnées de tous ces souvenirs, il faut donc s'appuyer sur ce passé historique, car «là où il y avait le pire, on doit faire le meilleur». Frisoni s'est trouvé onze ans à la tête de l'abbaye et a orienté sa programmation durant plus d'une décennie autour du thème «dialogue des cultures et culture du dialogue». 

Aujourd'hui l'ancien directeur considère avoir visé dans le mille dans la plupart de ses spectacles et événements. Il cite la «Fête du travail et des cultures», événement annuel autour du 1er mai qui réunit dans une atmosphère familiale et pas du tout prétentieuse des ouvriers et employés pour assister à un concert de violoncelle ou à une déclamation poétique. Ou bien encore le «Festival Humour pour la Paix» qui lors d'une édition a même réussi à rassembler sur scène des humoristes palestiniens et israéliens pour faire rire le public sur le conflit israélo-palestinien.

Où est passé le «Festival OMNI»?

Une anecdote? Un bon souvenir? En 2007, lors de la production des «Métamorphoses d'Ovide» en extérieur, l'acteur luxembourgeois Daniel Plier est tombé amoureux d'une comédienne roumaine qu'il a suivie pour devenir par la suite chef du département germanophone du Théâtre roumain de Sibiu. Une dernière question un peu délicate sur la disparition du «Festival des objets musicaux non identifiés»: Des regrets? «Je ne me permets jamais de juger ou d'apprécier ce qui s'est fait après mon départ» répond Frisoni en ajoutant doucement «Oui, je regrette les soirées où je vivais ces concerts à l'abbaye ... dans cet écrin de beauté au pied des falaises.»