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A fleur de peau
Kultur 6 Min. 15.06.2020 Aus unserem online-Archiv

A fleur de peau

Outre ses nus féminins, l’artiste aime aussi à mettre en exergue des éléments naturels avec la beauté et la sensibilité des corps humains.

A fleur de peau

Outre ses nus féminins, l’artiste aime aussi à mettre en exergue des éléments naturels avec la beauté et la sensibilité des corps humains.
Photo: Lex Kleren
Kultur 6 Min. 15.06.2020 Aus unserem online-Archiv

A fleur de peau

Thierry HICK
Thierry HICK
Exposition «Brushed by Light» de la photographe néerlandaise Carla van de Puttelaar au MNHA.

Photographies contemporaines et peintures anciennes ne se sont que rarement aussi bien complétées. La photographe néerlandaise Carla van de Puttelaar a bien évidemment son mot à dire dans ce rapprochement inédit. «Enfant déjà, je m’amusais à copier les toiles des maîtres anciens, qui n’ont cessé de m’inspirer plus tard», explique tout de go Carla van de Puttelaar. Un intérêt, un attrait qui persiste aujourd’hui et qui se reflète par certaines photographies exposées actuellement au Musée national d’Histoire et d’Art (MNHA). 

La «Pietà»  de Carla van de Puttelaar...
La «Pietà» de Carla van de Puttelaar...
Photo: Lex Kleren


... et la «Pietà» du peintre flamand de la période baroque  Theodore van Loon.
... et la «Pietà» du peintre flamand de la période baroque Theodore van Loon.
Photo: Lex Kleren

Comme cette «Pietà» photographiée en 2018 et qui s’inspire librement de la «Pietà» de Theodore van Loon, qui fait d’ailleurs partie de la collection permanente du MNHA (voir ci-contre). «Je connaissais cette toile de longue date. Je suis encore aujourd’hui impressionnée par le jeu de lumière du peintre qui traduit une profonde dramaturgie». 

Des similitudes évidentes

La pose du corps choisi par la photographe, celui d’une femme – est certes différente, grâce à un jeu de miroir, mais ne s’éloigne que modérément de l’original, le rapprochement des corps identique, le jeu avec les tissus et les matières laisse apparaître des similitudes évidentes.

«Ici, il n’est plus question de copier une toile, comme je pouvais le faire lorsque j’étais enfant. La toile de Theodore van Loon est une source d’inspiration pour décrire certains sentiments et émotions, inhérents à la toile, tels l’amour, la pitié ou le besoin de protection».  

Je ne suis pas devenue photographe du jour au lendemain. Cela vient du plus profond de moi-même.

Carla van de Puttelaar


La photographe néerlandaise Carla van de Puttelaar.
La photographe néerlandaise Carla van de Puttelaar.
Photo: Lex Kleren

L’exposition «Brushed by Light» se décline à travers plus de 70 photographies et de cinq vidéos et présente différentes séries consacrées à une très vaste panoplie de thèmes, tels les maîtres anciens, les nus de Rembrandt, les Vénus de Cranach, des modèles flottant entre le jour et la nuit, entre conscience et inconscience («Lucid»), la sensibilité au toucher («Tactile»), le mythe de Galatéa, les femmes éminentes et brillantes («Artfully Dressed: Women in the Art World»), le thème Ophélie décrit par Shakespeare dans «Hamlet» («Ophelia»), la texture des arbres et fleurs («Hortus Nocturnum»), les tableaux consacrés à la Madone de Giovanni Battista Salvi da Sassoferrato, et des clichés plus anciens sans titre. Autant d’étapes qui témoignent d’une vaste richesse d’inspiration. 

La nature est aussi à l'honneur.
La nature est aussi à l'honneur.
Photo: Lex Kleren

L’intérêt de la photographe pour les peintres anciens est très profond et de longue date et encore plus concrétisé en 2017 lorsqu'elle obtient son doctorat en Histoire de l’Art de l’Université d’Utrecht: son travail s’est porté sur «Le portrait en Ecosse de 1644 à 1714» en particulier chez David et John Scougall. 

Pourquoi donc cet intérêt pour la photographie? «J’ai suivi une formation artistique, j’étais peintre, c’est vrai. La photographie m’a ensuite permis de m’exprimer plus intensément, de trouver mon propre style. Je ne suis pas devenue photographe du jour au lendemain. Cela vient du plus profond de moi-même, il ne faut pas toujours vouloir tout analyser. Je suis avant tout une artiste», estime Carla van de Puttelaar, née en 1967 à Zandam aux Pays-Bas. Lauréate de plusieurs prix (Esther Kroon en 1996, prix de Rome Basic Prize, en 2020), l’artiste est nominée en 2006 pour le prix Découverte des Rencontres d’Arles. Aujourd’hui ses photographies sont exposées aux quatre coins du monde. 

La beauté des corps 

Carla van de Puttelaar est surtout connue et reconnue pour ses nus féminins, qui comme un fil rouge accompagnent le visiteur de son exposition au MNHA. «Ce thème m’a toujours accompagnée. Je reste fascinée par la beauté et la sensibilité de la peau du corps humain».

 Un corps humain qui face à l’objectif devient sculpture. Car la photographe aime jouer avec les formes et surtout les volumes. «La sculpturalité de mes sujets est une réalité constante. Renforcée par quelques détails, cette approche sert avant tout à mettre en avant la sensibilité et l’émotion.» 

De là à laisser apparaître un sentiment de tristesse, de mélancolie? «Non, je ne parlerais pas de tristesse, mais plutôt de silence. Mes sujets, mes modèles sont plongés dans un monde différent de méditation.» Non sans rappeler les grandes heures de la peinture flamande, les photographies se démarquent par une lumière judicieusement dosée, laissant apparaître des corps de couleurs souvent uniformes, voire pâles. 

Quelque 70 clichés sont exposés.
Quelque 70 clichés sont exposés.
Photo: Lex Kleren

Des effets percutants

Une fois encore, les effets recherchés par la photographe sont percutants. Jouant avec malice avec toutes les nuances d’un clair-obscur exacerbé, Carla van de Puttelaar utilise encore et toujours la présence ou la non-présence de la lumière à des fins expressives. «Jouer avec la lumière permet de mettre en évidence des émotions, ses sensibilités multiples. Monter et voir sont les deux moments essentiels de tout acte de création.» 

Tous les nus de Carla van de Puttelaar sont féminins. Les corps d’homme ne trouvent-ils pas grâce à ses yeux? «Toutes ces femmes que je photographie ont sans doute quelque chose d’autobiographique – c’est la combinaison de différents éléments qui finalement forment un ensemble.» 

Une mise en scène étudiée 

Un résultat qui souvent découle d’une mise en scène soigneusement étudiée. La photographe explique: «Au départ, il y a l’idée. Vient ensuite le choix de la pose, des textiles et objets à retenir. Et attendre à force d’essais et de recherches, le bon moment où la magie opère.» Un long processus qui peut prendre jusqu’à trois heures. 

L’identification avec le sujet photographié a son importance. Il en va de même pour la série «Artfully Dressed: Woman in the Art World». Ce projet lancé en 2017 bien avant le mouvement #MeToo a pour but de «mettre en lumière les nombreuses femmes talentueuses et de mettre en lumière à l’affiche leurs réalisations, leur intelligence, leur pouvoir et leur beauté.» Quelque 450 femmes ont déjà participé à l’initiative. 

L’exposition «Brushed by Light» en plus de mettre en scène différents éléments naturels – eux aussi mis en relation avec une présence humaine – ne présente par contre aucun paysage naturel ou urbain. «J’ai un faible pour tout ce qui est humain, j’ai besoin de parler d’êtres humains, de leur personnalité et de leur beauté. Une fois encore, je ne veux avoir besoin d’expliquer ce besoin. Il fait tout simplement partie de moi», conclut Carla van de Puttelaar. 

Exposition «Brushed by Light», photographies de Carla van de Puttelaar au MNHA jusqu’au 18 novembre du mardi au dimanche de 10 à 18 heures. Infos: www.mnha. Retrouvez le travail de l’artiste sur: www.carlavandeputtelaar.com

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