Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Un Pape pour tous
Leitartikel International 3 Min. 13.03.2018 Aus unserem online-Archiv

Un Pape pour tous

Un Pape pour tous

AFP
Leitartikel International 3 Min. 13.03.2018 Aus unserem online-Archiv

Un Pape pour tous

Anne CHEVALIER
Anne CHEVALIER
Difficile d'être un Pape, surtout par les temps qui courent. Rarement l'Eglise aura été aussi ouvertement divisée, déchirée entre ceux qui veulent des réformes et les représentants de courants restaurateurs qui trop souvent se réfugient dans l'esthétisme religieux.

Difficile d'être un Pape, surtout par les temps qui courent. Rarement l'Eglise aura été aussi ouvertement divisée, déchirée entre ceux qui veulent des réformes et les représentants de courants restaurateurs qui trop souvent se réfugient dans l'esthétisme religieux et se contentent de l'apparence, d'une mystique vidée de son sens. Certains cardinaux ont même pris la plume pour demander des comptes au Pape publiquement sur le sens de certains de ses écrits, et d'autres ecclésiastiques et laïcs n'ont pas hésité pas à les qualifier d'hérésies. Du jamais-vu, ou presque.

Pourtant au moment de l'élection du pape François, il semblait y avoir un consensus, et le mot d'ordre s'appelait réformes. Et, c'est pour cela, que le cardinal argentin, Jorge Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, qui proposait des changements et qui avait même tout un programme, semble bien avoir été élu.

Tout de suite, les catholiques (et le monde entier), ont adopté cet homme souriant, le premier Pape qui n'était pas européen, et était de surcroît, le premier jésuite à succéder à saint Pierre. Il a innové sans attendre et a créé la surprise le soir même de son élection en annonçant qu'il prendrait le nom de François, en référence à saint François d'Assise, sa spiritualité et ses idéaux. Et ce Pape, qui décidément n'était pas comme les autres, n'allait pas habiter dans le palais qui lui était réservé, mais dans la maison d'hôtes attenante.

François appelle inlassablement de ses vœux une Eglise des pauvres, charitable, respectueuse de la création et de la dignité humaine. «N’aimons pas en paroles, mais par des actes», rappelle-t-il dans son message, consacré à la Journée des pauvres, publié en mai dernier. Et lui, qui voudrait que la lutte contre la pauvreté s'inscrive dans un style de vie, se penche encore sur les disparités éclatantes dans la distribution des richesses: «De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et qui souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale... à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société».

François a su rappeler les principes fondamentaux de l'Eglise en les traduisant dans un langage moderne, accessible à tous, en les reliant aux préoccupations de l'homme du XXIe siècle dans son monde globalisé et en lui insufflant un message d'espoir à travers (entre autres) son encyclique «Laudato si» ainsi qu'en lui donnant la parole lors de divers synodes.

C'est un Pape pour tous, comme le rappelait l'intitulé du livre que la rédactrice en chef du journal La Croix, Isabelle de Gaulmyn, lui a consacré, et qui s'adresse à tous, à tous les hommes de bonne volonté, comme il l'a souligné lui-même. C'est un Pape qui rassemble et qui est clivant tout à la fois, que l'on trouve sur nombre de fronts et qui mène plusieurs réformes en même temps, comme s'il craignait que le temps ne vienne à lui manquer. Et force est de constater qu'au vu de certaines résistances massives contre tout changement, c'est bien une course contre la montre qui est engagée, comme le soulignent certains observateurs pour lesquels les réformes, dont le contenu n'est pas toujours clairement défini, ne vont pas assez vite et ne sont pas assez nombreuses.

Mais l'autre question primordiale est, que veulent les catholiques? Sont-ils prêts en majorité à soutenir clairement ce Pape atypique et ses réformes ou sont-ce les réfractaires aux changements qui vont continuer à donner de la voix et à propager des arguments fallacieux?


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

La question migratoire s’est trouvée au centre du dernier Conseil Européen. Il s’agissait de déterminer les moyens de renforcer les barrières entre l’Europe et l’Afrique...
Vivons-nous dans le pays des bisounours? Loin de vouloir paraphraser l'égérie des extrémistes français, Marine Le Pen, la question mérite d'être posée au regard de la faiblesse apparente de la présence policière et militaire quelques jours seulement après les attentats meurtriers de Bruxelles.
La reprise économique dans le pays est-elle le signe que les affaires vont aussi se relancer sur la scène culturelle? Telle est l'impression que peut donner la récente déclaration de Xavier Bettel, qui a créé la surprise en indiquant son intention de créer une galerie nationale d'art.
Entre mission étatique et responsabilité individuelle
La sécurité est sans doute une valeur universelle, mais divers sont les points de vue sur les responsabilités en la matière, et diverses dès lors sont les pratiques de leur mise en oeuvre. En France ainsi, la sécurité relève d'une mission étatique, alors qu'aux Etats-Unis elle est une prérogative citoyenne.
Pourquoi la Russie intervient en Syrie
Les Russes s'installent en Syrie, acheminant tanks et avions. L'objectif de Poutine: empêcher que la Syrie d'El-Assad ne tombe entre les mains de l'Etat islamique. Son obsession: traquer les djihadistes tchétchènes qui depuis les attentats de Moscou sont la hantise du président, connu pour avoir affirmé qu'il les traquerait «jusque dans les toilettes».
Gros transporteur russe sur l'aéroport de Lattaquié en Syrie. Moscou ne fait plus mystère de ses opérations de transfert d'hommes et de matériel dans le fief de son allié Bachar el-Assad.
Siobhan Neill a emmené il y a quelques semaines son fils de six ans au McDonalds pour lui faire plaisir. Elle était sur le point de lui demander ce qu’il voulait manger lorsqu’elle s’est s’arrêtée, stupéfaite. «Il a commencé à lire le menu», raconte-t-elle. «Je ne pouvais pas en croire mes yeux. C’était 
formidable de le voir avec autant 
de confiance en lui.»
6 years Old Conor Neill pictured with his Mother Siobhan in the Doodle Den in St Michaels Infants School in Sexton Street Limerick
Picture  Credit Brian Gavin Press 22