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Un désamour révélateur
Leitartikel International 3 Min. 28.09.2015

Un désamour révélateur

Leitartikel International 3 Min. 28.09.2015

Un désamour révélateur

Marcel KIEFFER
Marcel KIEFFER
Doucement mais sûrement la dédiabolisation de l’extrême droite française porte ses fruits. Face au Front national, un examen de conscience s'impose.

  Doucement mais sûrement la dédiabolisation de l’extrême droite française porte ses fruits. A l’ombre d’un bras de fer juridique et médiatique entre le fondateur du Front national et sa fille bien plus habile en matière de communication politique, le FN se voit de plus en plus rallié par l’opinion soi-disant populaire (dont il assimile plus qu’un autre parti le discours et les préoccupations), mais également par les idées et les convictions d’un milieu intellectuel qui n’a jamais cessé de jouer un rôle influent en France. Entre les prises de position récentes d’auteurs et philosophes tout à fait respectables, tels que Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Christophe Giulluy, Elisabeth Levy, Jacques Sapir, sur des sujets d’actualité sensibles (immigration, précarité sociale, sécurité etc.) et les thèses du Front national qui a toujours su se servir des frustrations populaires sans jamais devoir (ou pouvoir) prouver l’efficacité de ses recettes politiques dans la réalité, s’est fait un évident rapprochement. Les cris d’orfraie des détenteurs du «politiquement correct» n’y peuvent rien. Le moment d'un probable accès du FN à des responsabilités politiques majeures si longtemps appréhendé (et empêché par un establishment politique obnubilé par ses propres déficiences) se rapproche à la cadence d’échéances électorales qui risquent d’emporter avec elles un monde en défaut de solutions convaincantes.

Etrangement, la somme de leurs clameurs haineuses et illogiques (à l’image d’une virée au Luxembourg pour dénoncer un Traité de Schengen sans lequel leur entreprise ne les aurait pas conduits si facilement au-delà du premier douanier luxembourgeois), foncièrement contraires à toute conception humaniste de l'Homme, ne semble pas entamer l'assise des porte-étendard frontistes. L’évidence des carences des partis en place et de leurs mandataires dépassés par leurs tâches et leurs prétentions s’avère trop forte pour faire douter de la probité apparente des recettes et du personnel du Front national. Les tares des uns ne font que mieux le bonheur des autres.

Le risque de voir le FN s’installer de façon durable dans une perspective de prise de pouvoir en France ne sera pas éludé tant qu’une réponse satisfaisante n’aura pas été trouvée au fait du désamour croissant du peuple français avec ses dirigeants politiques, c-à-d. tant que les partis et responsables politiques ne se seront pas livrés à un examen de conscience sérieux et sincère. Ce désamour est le fruit conjugué de la trahison des partis de leurs principes et valeurs et de la déception profonde des couches populaires qui se sentent oubliées et méprisées à maints égards, notamment par un excès de libéralisme économique et un défaut de justice sociale. A cette crise politique s’est jointe la crise de l’Union européenne, elle aussi trop souvent infidèle à ses promesses et prétentions. Ainsi le souverainisme politique, à gauche comme à droite, a pu prospérer au rythme des trahisons et des déceptions, depuis ce qu’on peut considérer comme le péché originel du non-respect d’un Non tonitruant du peuple français au Traité sur la constitution européenne, il y a dix ans déjà. Si le secret du succès d’un FN aux idées assez nauséabondes pour ne pas devoir séduire les esprits éveillés, s'explique par le fait d'oser dire haut et fort ce que le peuple et ses penseurs ne ressentent pas moins, alors tout dépendra de la capacité des partis soi-disant respectables de s'imposer, dans la parole et les actes, une mue que le FN a été assez malin d'initier avant eux.


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