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Place de la République, «on essaye de se réparer un peu»
International 4 Min. 15.11.2015 Aus unserem online-Archiv
De notre envoyé spécial à Paris

Place de la République, «on essaye de se réparer un peu»

A la nuit tombée, Florence est enfin sortie de chez elle (tout près de deux lieux de fusillades) car à «République», elle «se sent au contact de l'Humanité bienveillante».
De notre envoyé spécial à Paris

Place de la République, «on essaye de se réparer un peu»

A la nuit tombée, Florence est enfin sortie de chez elle (tout près de deux lieux de fusillades) car à «République», elle «se sent au contact de l'Humanité bienveillante».
(Photo: Maurice Fick)
International 4 Min. 15.11.2015 Aus unserem online-Archiv
De notre envoyé spécial à Paris

Place de la République, «on essaye de se réparer un peu»

Alors que «toute la journée on nous a dit de rester chez nous», à la tombée de la nuit, les Parisiens sont venus par centaines sur la Place de la République, samedi, pour exprimer de façon poignante leur solidarité avec les familles des victimes de la barbarie qui s'est jouée là, tout près.

Par Maurice Fick

Alors que «toute la journée on nous a dit de rester chez nous», à la tombée de la nuit, les Parisiens sont venus par centaines sur la Place de la République, samedi, pour exprimer de façon poignante leur solidarité avec les familles des victimes de la barbarie qui s'est jouée là, tout près. Mais aussi pour se «sentir au contact de l'Humanité bienveillante», témoigne Florence, qui a assisté aux scènes de panique depuis son balcon.

Près de 24 heures après les sanglantes fusillades terroristes dans la soirée du 13 novembre 2015 qui ont fait 129 morts et 352 blessés dans la capitale et plongé la France dans une guerre, le coeur de Paris semble vivre au ralenti. La circulation est bien moindre et, pour un samedi soir, il y a très peu de monde sur les Champs-Elysées.

Pierre (à droite): «J'habite dans le 10e arrondissement et je me sens concerné par ce qui se passe comme tous les Parisiens et tous les Français. Des attaques ont eu lieu à 150 mètres d'ici.»
Pierre (à droite): «J'habite dans le 10e arrondissement et je me sens concerné par ce qui se passe comme tous les Parisiens et tous les Français. Des attaques ont eu lieu à 150 mètres d'ici.»
Photo: Maurice Fick

Sous l'oeil vigilant de policiers lourdement armés et de l'imposante Marianne, c'est dans un calme totalement inhabituel ici, que plusieurs centaines, voire milliers de Parisiens affluent vers la très symbolique Place de la République. Comme dix mois auparavant suite à l'attentat tout aussi odieux de Charlie Hebdo.

Ce qui fait dire à Lucia, assistant de loin à la scène silencieuse au bras d'Antoine: «Au fond de moi, il y a beaucoup de confusion entre le danger d'une guerre très proche et l'hypocrisie de savoir que cette guerre on en parle depuis longtemps». Elle parvient à résumer un sentiment largement partagé.

La Place de la République et en droite ligne de quatre sites de fusillades et à quelques encablures seulement du Bataclan.
La Place de la République et en droite ligne de quatre sites de fusillades et à quelques encablures seulement du Bataclan.
Photo: Maurice Fick

«Ces actes de barbarie ne peuvent pas se justifier par la religion musulmane», susurre Amin, 27 ans, à la lueur des bougies qui inonde le gigantesque piédestal de la Liberté-Egalité-Fraternité. Musulman lui-même, Amin est venu de Boulogne-Billancourt pour dire qu'il est «contre ces actions» perpétrées la nuit d'avant. Mais aussi pour voir de près «comment les gens rendent hommage» aux nombreuses victimes, à leurs familles et amis endeuillés.

Dans une forte odeur de cire et une pénombre perturbée seulement par des lumières de caméras venues du monde entier, la foule se recueille de façon intime. Un homme entonne la Marseillaise. Personne n'embraye. Un autre pleure dans les bras de sa femme. A chaudes larmes. Un autre est assis parterre, comme assommé. Il n'y a pas d'enfants mais des âmes qui cherchent du réconfort dans ce monde de brutes.

Sur un billet on peut lire: «Paris n'a pas peur puisqu'il est dans nos coeurs».
Sur un billet on peut lire: «Paris n'a pas peur puisqu'il est dans nos coeurs».
Photo: Maurice Fick

«Toute la journée on nous a dit de rester chez nous comme on ne savait pas où étaient les terroristes», alors à la nuit tombée, «j'ai allumé une bougie en mémoire des victimes et je suis venue ici», raconte Florence, 50 ans. Venir à «République», avoue-t-elle «ça m'apaise un peu. Ici, je ressens de l'Amour partagé, l'Humanité forte des êtres humains face à la barbarie d'hier soir».

«On essaye de se réparer un peu et surtout de penser un peu aux familles des victimes», glisse Florence d'une voix douce. 

«Les verres sont toujours sur la table»

Mais bien des images se bousculent encore dans sa tête. Vivant au 2e étage d'un immeuble situé rue du Faubourg du Temple, elle était chez elle, la veille, lorsque les tirs de kalachnikovs ont retenti dans la nuit à l'angle des rues de la Fontaine-au-Roi et de la Folie-Méricourt (XIe arrondissement) faisant 5 morts et 16 blessés à la terrasse de la pizzeria «Casa Nostra» et du café «La bonne bière», son café de quartier.

Elle se souviendra longtemps «des flots de personnes qui ont déboulé vers sa rue pour aller se réfugier dans les commerces», des mêmes commerces qui «un à un, ont fermé leurs rideaux de fer», de l'incroyable silence qui s'en est suivi, des «cadavres tirés au sol par les pompiers» et de tous les appartements plongés dans le noir. Florence gardera aussi l'image «des vitrines criblées de balles et des verres des personnes qui ont connu un destin tragique, toujours là, sur les tables.»

Comme le 11 janvier 2015, «je savais que c'était place de la République» qu'il fallait se rendre ce samedi soir, pour exprimer sa solidarité, explique Keely, 30 ans, venue du VIIe arrondissement. «Il me semble que c'est la suite» des événements de janvier. «Alors que nous y pensions un peu moins, "ils" n'ont pas cessé d'y penser». Et elle s'en va dans la nuit parisienne.

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