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Nice, trois ans après la tragédie
International 6 1 5 Min. 14.07.2019

Nice, trois ans après la tragédie

Un camion a foncé dans la foule, provoquant la mort de 86 personnes. Le conducteur lui-même est abattu par des policiers.

Nice, trois ans après la tragédie

Un camion a foncé dans la foule, provoquant la mort de 86 personnes. Le conducteur lui-même est abattu par des policiers.
Photo: AFP
International 6 1 5 Min. 14.07.2019

Nice, trois ans après la tragédie

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Le 14 juillet 2016, Nice plongeait dans l'horreur et le monde découvrait le terrorisme «low cost». Aujourd'hui encore, les séquelles du traumatisme sont nombreuses.

Bullet imacts are seen on the heavy truck that ran into a crowd at high speed killing scores celebrating the Bastille Day July 14 national holiday on the Promenade des Anglais killing 80 people in Nice, France, July 15, 2016.    REUTERS/Eric Gaillard
Amokfahrt oder Terrorakt?: Der Anschlag von Nice
Und wieder traf ein Anschlag Frankreich, diesmal ausgerechnet am Nationalfeiertag. Ein Lastwagen rast in eine Menschenmenge, es gibt viele Opfer.

Le 14 juillet 2016 à Nice, lors des festivités de la fête nationale française, un feu d'artifice se déroule sur la promenade des Anglais, près de 30.000 personnes se sont rassemblées pour assister au spectacle. Vers 22h30, alors que jaillissent les dernières gerbes pyrotechniques, un camion blanc arrive dans un espace laissé ouvert à la circulation, au niveau de l'hôpital Lenval, un des établissements qui dans quelques minutes devront faire face à ce qui va se produire là, dont des caméras de surveillance vont garder la trace.


Nice am Morgen danach: Die Promenade des Anglais ist abgesperrt, im Hintergrund der Lastwagen des Anschlags.
Anti-Terror-Ermittlungen beginnen: Lastwagen rast in Menschenmenge in Nice - 84 Opfer
Gerade hat Präsident Hollande ein Ende des Ausnahmezustands in Frankreich angekündigt, da erschüttert ein weiterer Anschlag das Land. Hollande spricht von einem „terroristischen Charakter“ der Tat. Eine Luxemburger Touristin berichtet von Panik in den Straßen der Stadt.

Le poid-lourd s'engage dans la promenade, tous feux éteints. Le conducteur accélère, jusqu'à atteindre 90 km/h, vitesse qui lui permet le barrage policier qui délimite la partie de la promenade traditionnellement dévolue aux piétons le jour de la fête nationale. Le camion monte sur le trottoir. Il effectue des embardées et commence à percuter la foule, il apparaît maintenant que le conducteur veut faire le plus de victimes possible. La course du véhicule est ralentie devant l'hôtel Negresco: un homme en scooter lâche son deux-roues et s'accroche au marche-pied du camion pour tenter d’entrer dans la cabine. La tentative échoue. Le conducteur du camion tire avec un pistolet sur des policiers, qui ripostent. Le camion fait encore 300 mètres pour s'arrêter à 22h50 face au palais de la Méditerranée, le pare-brise criblé de balles. Deux policiers de la BST abattent le conducteur.

Une tuerie sur 1,7 km

La tuerie s'est déroulée sur une distance de 1,7 km, provoquant la mort de 86 personnes. Sur la Promenade des Anglais, témoins et journalistes décrivent des scènes de panique, de «chaos absolu». Peu avant 4h00, François Hollande, le président de l'époque, déclare que l'attentat est «une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié».

Ce 14 juillet 2016 – c'était il y a trois ans – la France apprenait que la mort pouvait advenir au cœur de la fête, et qu'un homme seul pouvait en tuer 86 autres, et qu'il pouvait commettre ce massacre avec un camion. La France et le monde découvraient la terreur dans son expression la plus extrême, la plus aveugle, la plus primitive, avec ce camion dont le conducteur visait un but: tuer en masse, faucher le plus de gens possible.

Quelques connaisseurs du terrorisme se souvinrent alors qu'en 2010 déjà, une éminence grise de l'organisation terroriste «Al-Qaida dans la péninsule arabique» (AQPA), le Yémenite Anwar al-Awlaqi, expliquait que l'action terroriste peut être menée «sans arme véritable», et que «tout objet du quotidien peut faire l'affaire, qu'une automobile par exemple, utilisée comme une voiture bélier, se prête à une tuerie de masse. On put lire dans la publication djihadiste «Inspire», un peu plus tard, qu'un camion peut s'avérer efficace aussi, sous condition de l'utiliser «comme une tondeuse à gazon, pas pour tondre la pelouse mais pour faucher les ennemis d'Allah».

Le début de la peur

C'est par cette sollicitation de la banalité, par l'affirmation selon laquelle on peut tuer avec une «tondeuse à gazon», ou des bouts de ficelle et des clous, que le terrorisme allait, à partir de Nice surtout, déployer tout son potentiel d'intimidation, et générer cette peur qui est son véritable objectif. Car le terrorisme ainsi conçu allait ouvrir la voie à l'imitation, mobilisant partout en Europe des «petites mains» convaincues qu'il leur serait possible, à elles aussi, de semer la panique à peu de frais, de pratiquer cette violence qu'une expression terrible a nommé terrorisme «low cost». Et, en effet, ce terrorisme low cost allait trouver des adeptes nouveaux, pour une violence littéralement folle, aveugle, commise par des tueurs isolés, dont l'allégeance à des organisations terroristes apparaît souvent comme une légitimation a posteriori.


Nach dem blutigen Anschlag steht Nice unter Schock.
Luxemburger Augenzeugin berichtet aus Nizza: "Es herrschte Panik"
Der Terroranschlag in Nice hat in Frankreich für Bestürzung gesorgt. Eine luxemburgische Augenzeugin berichtet im Gespräch mit dem "Luxemburger Wort" von der Horror-Nacht.

Mais si la peur est générale, les victimes de Nice, elles, souffrent en particulier, aujourd'hui encore, les enfants surtout, traumatisés par l'événement. Trois ans après l’attentat, la Fondation Lenval, du nom de l'hôpital évoqué plus haut, a publié les résultats d’une longue étude menée auprès de 208 d'entre eux. Si un tiers des enfants «vont mieux», 60% des moins de 12 ans présentent encore des troubles post-traumatiques. L'étude observera leur évolution jusqu'à l'âge de 25 ans. 

Parmi les 208 enfants, 70 ont moins de 6 ans, 94 sont âgés de 7 à 12 ans et 44 ont entre 13 et 17 ans, tous ont été suivis psychologiquement, interrogés sur leur quotidien, leur rythme de sommeil, leur temps passé à l’école, leurs rapports avec leurs camarades d'école ou de jeu. La pédopsychiatre Michèle Battista affirme que 60% des enfants souffrent encore de stress. «Ce sont des enfants qui ont beaucoup de troubles du sommeil. Et qui dit 'je ne dors pas bien la nuit' veut dire aussi 'j’ai des difficultés à me concentrer à l’école, je suis fatigué. J’arrive moins à être heureux avec moi-même, avec mes amis'. Et parfois ils préfèrent se faire gronder par les parents juste pour vérifier qu’ils sont toujours vivants», décrit la pédopsychiatre.

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Des dossiers encore ouverts

Au total, 3.339 demandes ont été adressées au Fonds de garantie des victimes du terrorisme (FGTI) après l'attentat de Nice. 2.000 ont reçu un début de prise en charge. «C'est un nombre de victimes très important, qui peut fluctuer dans le temps et augmente à la faveur de certains événements», a souligné dans Nice-Matin Élisabeth Pelsez, la déléguée interministérielle à l'Aide aux victimes. «De nombreux dossiers restent ouverts car, pour pouvoir verser l'indemnisation définitive, il faut d'abord que la personne soit complètement stabilisée. Or de nombreuses victimes présentent encore des séquelles».

Trois ans après l'attentat, le FGTI a versé 53 millions d’euros aux victimes, un chiffre qui correspond aux premières provisions et devrait donc augmenter encore. L’organisme d’indemnisation souligne la «particularité de l’attentat de Nice perpétré lors d’une manifestation par nature familiale» à savoir «le nombre élevé de victimes mineures (25 %)», ainsi que «le nombre important de victimes étrangères», un quart des victimes, avec la présence de 53 nationalités différentes le soir du drame. Bien que l'attentat ait eu lieu il y a trois ans, le FGTI continue de recevoir de nouvelles demandes: il indique en avoir enregistré plus d’une centaine depuis le 1er janvier.


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