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"Les Etats occultent des faits qui dérangent": «Une insulte à l'intelligence»
International 6 Min. 17.06.2016 Aus unserem online-Archiv

"Les Etats occultent des faits qui dérangent": «Une insulte à l'intelligence»

Florence de Changy

"Les Etats occultent des faits qui dérangent": «Une insulte à l'intelligence»

Florence de Changy
International 6 Min. 17.06.2016 Aus unserem online-Archiv

"Les Etats occultent des faits qui dérangent": «Une insulte à l'intelligence»

Volker BINGENHEIMER
Volker BINGENHEIMER
Florence de Changy, journaliste au quotidien «Le Monde», a publié un livre sur la disparition du MH370. Un livre qui fait des «vagues», par les innombrables incohérences, fantasmagories et anomalies qu'il pointe dans les enquêtes menées dans cette affaire.

Par Gaston Carré

Florence de Changy, journaliste au quotidien «Le Monde», a publié un livre sur la disparition du MH370. Un livre qui fait des «vagues», par les innombrables incohérences, fantasmagories et anomalies qu'il pointe dans les enquêtes menées dans cette affaire. Nous avons parlé avec son auteur.

Journaliste au Monde et à Radio France Internationale (RFI), longtemps basée en Malaisie puis en Australie, aujourd’hui à Hong Kong, la journaliste Florence de Changy connaît parfaitement ce qu’on pourrait appeler le «triangle des Bermudes asiatique» où l’avion MH370 de la Malaysia Airlines a «disparu». Au terme d'une minutieuse enquête elle publie un livre aux conclusions percutantes: selon la journaliste «des gens savent», et «des Etats occultent des faits qui dérangent». Pour elle, le fait qu’aucune explication crédible n’ait été donnée est une «insulte à l’intelligence humaine». Comment un Boeing 777 pourrait-il disparaître dans une région truffée de radars civils et militaires ?

Rien n'est prouvé

Florence de Changy a décortiqué toutes les hypothèses présentées au monde durant deux ans, certaines annoncées comme des «vérités» – pilote suicidaire, passagers suspects, cargaisons de contrebande, routes étranges de l’avion après le silence radio – mais rien n'est prouvé, rien n'est sûr, sauf ceci: «un tel avion ne peut pas disparaître», selon Florence de Changy que nous avons jointe à Hong Kong, où elle prépare une version complétée de son livre en langue anglaise («Le vol MH370 n'a pas disparu», éditions Les Arènes).

Comment ce long et difficile travail a-t-il débuté? De fait, tout commence par un reportage commandité par «Le Monde», au cours duquel la journaliste s'avise que «rien n'est clair dans cette affaire». Elle constate des «incongruités», des «absurdités». Elle découvre les nombreuses hypothèses, prend la mesure de leur invraisemblance et s'étonne qu'elles aient été présentées comme des vérités au plus haut niveau.

Ces inexplicables mangoustans

Exemple d'incongruité: «On a découvert que l'avion transportait une quantité énorme de mangoustans, des fruits qui à ce moment-là n'étaient pas de saison, et qui n'auraient pas dû se trouver dans la soute. D'ailleurs la Chine n'importe pas de mangoustans, et aucun document phytosanitaire n'accompagnait la marchandise». Une contrebande? «Un trafic, oui, sans doute, mais ce trafic ne peut constituer une explication – on n'abat pas un avion parce qu'il contient des fruits de contrebande.»

Autre explication avancée: l'incendie à bord. «Parce qu'il est apparu que l'avion transportait plus de 200 kilos de batteries au lithium, substance inflammable». Malaysia Airlines omet de les signaler, «ce qui bien vite laisse supposer que d'autres choses encore se trouvaient dans l'appareil, qui ne devaient pas arriver à Pékin. Pour certains, ce sont les restes d'un drone américain tombé au Pakistan».

Il y a aussi ce que Florence de Changy appelle le «scénario James Bond». Parmi les passagers figuraient en effet vingt employés d'une même société, Freescale, une société très «sensible», qui contribue à l'industrie de l'armement. Or, on apprit sur Internet que quatre employés étaient coactionnaires à 20% d'un brevet sur une innovation de la plus haute importance, et que ces quatre personnes ayant disparu le brevet devenait propriété à 100% de Freescale. «On est dans le domaine du fantasme», selon la journaliste, qui dans cette affaire va proliférer.

La théorie Diego Garcia

Autre fantasme peut-être, autre théorie en tout cas: Diego Garcia, une «très secrète base militaire américaine, d'où seraient parties les plus grosses opérations militaires des dernières années». C'est le quartier général de l'US Centcom, le commandement US de toute la zone centrale de la planète. Or, pour certains observateurs, Diego Garcia était visé par les pirates de l'air qui auraient pris le contrôle de l'avion. Et l'aviation américaine aurait abattu celui-ci pour protéger sa base!»

De fait, les fantasmes sont des fantasmes et les versions officielles de même ne sont pas vraisemblables: «les explications officiellement fournies ne reposent sur rien. Les explications fondées sur un acte délibéré, en particulier, ne reposent sur rien». Comme s'il avait fallu, d'urgence, trouver une explication à un phénomène qui était inexpliqué à défaut d'être inexplicable. La journaliste d'ailleurs dénonce la manière dont ont été menées les enquêtes; ainsi «il n'est pas normal que l'enregistrement des échanges entre le cockpit et le contrôle aérien n'ait pas été rendu public de manière intégrale». Et d'ajouter que «la Malaisie n'avait pas les épaules assez larges pour mener une telle investigation».

Quand la raison capitule

Le problème, pour Florence de Changy: «cette affaire est devenue un mystère, et quand on parle de mystère la raison très vite capitule. Il faut que l'on cesse de dire que cette affaire est ,incroyable‘, il faut cesser de dire que cet avion a ,disparu‘». Oui mais alors? Quel est le sentiment de la journaliste?

«Il me semble évident que cet avion ne devait pas arriver à Pékin. Je pense dès lors qu'il lui est ,arrivé quelque chose‘, comme on dit, et que ce quelque chose s'est déroulé très vite. Et je pense donc que cet avion n'est pas à chercher dans l'océan

Indien – la chute d'un tel monstre se voit, et personne, pas le moindre pêcheur n'a rien observé dans cet océan, alors que les Vietnamiens par contre ont livré une pléthore d'indices plaidant pour une chute dans le Golfe de Thaïlande. Pourquoi avoir orienté les recherches dans l'immensité de l'océan Indien?»

Les «ping» d'Inmarsat

Nous rétorquons à la journaliste que l'enquête avait connu un moment saillant quand le satellite Inmarsat recueillit un certain nombre de «ping» (signaux) permettant de penser que l'avion a pu se perdre dans le sud de l'océan Indien...

«Pourquoi, dans ce cas, Inmarsat n'a-t-elle pas communiqué là-dessus, ou partagé ses données? Deux sources m'ont expliqué que cette société en savait plus qu'elle n'en disait. Beaucoup d'éléments restent secrets. Boeing n'a jamais parlé.»

Pour la journaliste, c'est l'explosion en plein vol qui doit être retenue. «C'est la seule solution pour disparaître d'un radar». Quant au motif, «le secret persiste».

Reste à savoir à qui le secret profite. Florence de Changy a consulté toutes les méthodes permettant de faire disparaître un objet, des «Secrets de David Copperfield» au «Manuel du petit magicien». Toutes énoncent un impératif commun: il faut distraire le public à l'instant de la disparition, pour le faire regarder ailleurs. Or la journaliste évoque la piste Diego Garcia devant un ancien colonel de l'armée française, s'étonnant de la persistance de cette théorie.

«Certains savent»

Avis du colonel: si cette théorie a pu prendre une telle ampleur, alors les Etats-Unis sont forcément au courant. «Ils ont même pu l'orchestrer eux-mêmes.»

Dans son livre, Florence de Changy ne développe pas d'hypothèses – «je donne les éléments, et chacun se

fera son idée». Or, comme lui l'a dit le PDG de la compagnie Emirates, «certains savent ce qu'il s'est passé», et notamment où l'avion est tombé. «A titre personnel», la journaliste pense que le MH370 est tombé là où on l'a d'abord cherché, en mer de Chine. «Satellites ou bateaux sur zone y avaient repéré des débris. Jusqu'à ce que les Etats-Unis démentent, et que l'attention ne se reporte vers l'Australie.»


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