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Un pas de salsa à Cuba
International 3 Min. 13.06.2017 Aus unserem online-Archiv
Jean Asselborn rencontre Raúl Castro à La Havane

Un pas de salsa à Cuba

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn entre Raúl Castro (à g.) et son homologue cubain Bruno Eduardo Rodriguez.
Jean Asselborn rencontre Raúl Castro à La Havane

Un pas de salsa à Cuba

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn entre Raúl Castro (à g.) et son homologue cubain Bruno Eduardo Rodriguez.
MAE
International 3 Min. 13.06.2017 Aus unserem online-Archiv
Jean Asselborn rencontre Raúl Castro à La Havane

Un pas de salsa à Cuba

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Jean Asselborn a rencontré Raúl Castro à La Havane. Il en rapporte l'inquiétude de Cuba face à Trump, son aspiration à une coopération accrue avec l'Europe et quelques avancées sur le plan bilatéral.

Par Gaston Carré

C'est un bureau aux allures de serre, envahi par les plantes exotiques. Et dans cette espèce de «forêt vierge» une porte s'ouvre sur le maître du lieu, Raúl Castro, le successeur de Fidel, qui va offrir à Jean Asselborn «l'une des rencontres les plus marquantes que j'ai vécues depuis 2004».

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise était à Cuba fin novembre de l'année dernière déjà, pour les cérémonies d'adieu au Lider maximo, il y est revenu ce lundi sur invitation du ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Eduardo Rodriguez, mais contre toute attente c'est Castro en personne qui le reçoit après l'entrevue avec son homologue. Deux heures durant.

Logorrhée

Avec son frère défunt Castro partage l'inclination à la logorrhée: «Il a parlé tout seul pendant trente minutes d'abord», nous rapporte Jean Asselborn après ce tête-à-tête avec un homme «bavard mais attentif», qui lui dit son admiration pour deux personnalités surtout, Barack Obama («Michelle était assise ici même, sur le siège que vous occupez actuellement» et le pape François, «impressionnant par sa connaissance du monde et de ses crises».

A La Havane, un portrait du défunt Fidel Castro, le "lider maximo".
A La Havane, un portrait du défunt Fidel Castro, le "lider maximo".
REUTERS

Castro aussi est bien informé, évoque le Brexit, la Turquie, le Proche-Orient. Mais c'est l'Amérique bien sûr qui mobilise son attention, l'Amérique de Trump qui pourrait bien refermer les portes que son prédécesseur a entrouvertes en 2014. C'est vendredi prochain d'ailleurs que Trump devrait, selon les informations d'Asselborn, exposer ses vues sur les relations américano-cubaines, et Castro comme Asselborn se montrent inquiets quant aux déclarations qu'il pourrait faire, le ministre luxembourgeois nous signalant que «le président américain commettrait une faute grave s'il remettait en cause l'ouverture voulue par Obama», car Cuba alors serait tenté par «le retour à d'autres cieux».

Cuba souffre

C'est que Cuba «souffre encore». Certes, la santé et l'éducation sont gratuites, mais les salaires sont très bas – «l'équivalent de 50 euros pour un médecin». Cuba souffre des conséquences de l'embargo, sur le plan des transactions financières notamment. Les opportunités pour les banques demeurent très limitées, et «nul établissement ne veut s'exposer à la mésaventure vécue par BNP Paribas», qui s'était vu infliger une colossale amende pour avoir transgressé les diktats de Washington. Jean Asselborn remarque que La Havane subit, de surcroît, les conséquences de la crise au Vénézuela, lourde de conséquences pour son partenaire cubain.

Une photo pour l'Histoire: Barack Obama avec le nouveau président cubain le 21 mars 2016 à La Havane. Aujourd'hui Cuba craint que Donald Trump ne remette en cause l'ouverture voulue par son prédécesseur.
Une photo pour l'Histoire: Barack Obama avec le nouveau président cubain le 21 mars 2016 à La Havane. Aujourd'hui Cuba craint que Donald Trump ne remette en cause l'ouverture voulue par son prédécesseur.
AFP

Certes, les Cubains sont «fatalistes». Castro devant Asselborn a crânement fait valoir qu'ils avaient survécu à des décennies de blocus, et qu'ils survivraient bien dès lors à un nouveau coup de bambou. Et de montrer à son hôte, carte à l'appui, jusqu'où pouvaient aller les exigences américaines: «Voyez ces quatre points: ils représentent quatre baies où les Américains, en sus de Guantanamo, voulaient installer quatre autres centres de détention».

Vers un accord aérien

L'Europe est-elle une alternative aux calamités américaines? «On sent ici, dit Asselborn, une très nette aspiration à l'Union européenne; qu'il faut encourager par l'instauration d'un 'framework' permettant à l'Europe d'étendre son influence». Un premier pas fut franchi avec la signature en décembre dernier de l’accord bilatéral en matière de dialogue politique et de coopération (ADPC). Un accord qui n'ignore pas les atteintes aux droits de l'Homme, les restrictions subies par les ONG, ou le problème des «arrestations temporaires», évoquées par le ministre luxembourgeois devant son homologue devant Rodriguez.

Pour l'heure c'est sur le Luxembourg que souffle un appel d'air tropical, après 75 années de relations diplomatiques entre le Grand-Duché et Cuba. «Nous évoluons vers la signature d'un accord bilatéral pour la navigation aérienne», promet Jean Asselborn, le regard rivé aux gros-porteurs de Cargolux. «Il y a eu des propositions, on avance, j'ai bon espoir.» SES pour sa part pourrait conforter une coopération en matière de télévision et de communications satellitaires en général. Des coopérations ont été envisagées, aussi, dans les domaines de la recherche scientifique et de la culture. Enfin, Jean Asselborn et ses interlocuteurs ont reconnu l’opportunité d'entamer rapidement des négociations sur une convention de non-double imposition.


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