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Jean Asselborn en zone de turbulences
International 3 Min. 31.05.2014 Aus unserem online-Archiv
Voyage en Iran

Jean Asselborn en zone de turbulences

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise rencontrera également l'actuel président, Hassan Rohani.
Voyage en Iran

Jean Asselborn en zone de turbulences

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise rencontrera également l'actuel président, Hassan Rohani.
RAHEB HOMAVANDI
International 3 Min. 31.05.2014 Aus unserem online-Archiv
Voyage en Iran

Jean Asselborn en zone de turbulences

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères prend son envol, ce dimanche, pour un voyage d'exception

(GC) -  Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères prend son envol, ce dimanche, pour un voyage d'exception: alors que très peu de ministres occidentaux ont pu s'y rendre au cours des dix dernières années, Jean Asselborn a été officiellement invité en Iran, où il rencontrera notamment l'ancien président Rafsandschani, l'actuel président Hassan Rohani et son homologue le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif.

Fort de sa présence au Conseil de sécurité des Nations unies, le Luxembourg se retrouve ainsi dans la cour des grands, une cour où l'on joue avec le feu nucléaire, l'Occident étant convaincu que les dispositifs que Téhéran prépare en la matière sont à visée militaire, conviction régulièrement attisée par Israël qui, pour sa part, sait que les missiles iraniens sont assez puissants pour porter le feu jusqu'à Tel Aviv.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise rencontrera également l'actuel président, Hassan Rohani.
Le chef de la diplomatie luxembourgeoise rencontrera également l'actuel président, Hassan Rohani.
RAHEB HOMAVANDI

Par-delà la problématique nucléaire, c'est à un choc des civilisations que Jean Asselborn se trouvera confronté, face à un pays qui a redessiné la carte du monde, opposant l'Occident à l'islam chiite dont l'Iran est devenu le champion.

Le choc est daté: 1979, quand eut lieu une révolution qui allait bouleverser la donne moyen-orientale et internationale, un choc dont les ondes ont secoué l'Iran, l'Afghanistan et, «in fine», les Etats-Unis, où Bush n'hésita pas à inscrire l'Iran dans son «Axis of Evil».

Le 16 janvier 1979, le Shah, ami et allié des Etats-Unis, avait quitté l'Iran, poussé à la sortie par un vieillard qui, dans son exil de France, attendait son heure. L'heure allait advenir le 1er février: l'ayatollah Khomeyni revient à Téhéran et lance sa «révolution islamique», en rupture radicale avec la modernité laïcisante pratiquée par le Shah – un gouvernement «islamique» est instauré, et des «tribunaux révolutionnaires» condamnent à mort des milliers de personnes.

L'Occident est inquiet, les Etats-Unis de Jimmy Carter sont sidérés quand, en novembre de cette même année fatale 1979 des étudiants révolutionnaires font irruption dans l'ambassade américaine et prennent 52 fonctionnaires en otages, qui ne seront libérés qu'en janvier 1981, quelques jours après l'investiture de Ronald Reagan. Autre moment fort du radicalisme islamique en Iran: la mise à prix par l'ayatollah Khomeiny, en 1989, de la tête de l'écrivain britannique Salman Rushdie, dont les «Versets sataniques» sont jugés blasphématoires.

Quelle sera l'attitude du chef de la diplomatie luxembourgeoise en Iran? «Je pense qu'il ne s'agit pas d'aller à Téhéran avec un gros marteau» affirme Jean Asselborn. «Concernant le dossier nucléaire mon message sera ferme toutefois, sachant l'importance capitale de cet enjeu et les craintes que l'Iran suscite encore en Occident, même si le nouveau président a calmé le jeu après les provocations de son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad.

Cependant on ne saurait réduire nos rapports avec l'Iran à la seule problématique nucléaire. L'Iran est un pays au passé prestigieux, un pays immense, dont l'influence est considérable au Moyen-Orient et par-delà. Or, alors que le conflit israélo-palestinien reste encore et toujours à l'oeuvre, alors qu'en Syrie se poursuit la guerre je voudrais tenir un discours clair mais, aussi, dire à Téhéran que nous avons besoin de l'Iran».