Conseil des ministres franco-allemand: Metz, ville morte, pour la venue de Hollande et Merkel
Par Sophie Wiessler, à MetzFrançois Hollande, Angela Merkel et une panoplie de ministres se sont rendus à Metz, pour le 18e Conseil des ministres franco-allemand. Une “grande fierté” pour le maire de la ville, davantage de soucis pour les Messins, qui ont vécu, le temps d'une journée, dans une ville assiégée.
CRS et policiers dans les rues
Cette visite du président de la République française à Metz aura apporté une chose: plus de policiers dans les rues. Dès 9 heures, les rues principales du centre-ville regorgeaient de CRS et autres policiers à vélo commençant leurs patrouilles. Nombre d'entre elles étaient fermées à la circulation et de multiples “check-point” placés un peu partout.
C'est simple, pour parcourir 750 mètres, il fallait passer par 5 points d'arrêts. Fouille des sacs et motif de la visite étaient à chaque fois demandés. Il fallait montrer patte blanche pour approcher l'Arsenal, où se réunissait tout ce beau monde.
Un vrai parcours du combattant. “On m'a arrêtée 4 fois entre la gare et la place de la République. Je n'ai jamais vu autant de policiers, ça change vraiment le paysage de la ville!” témoigne une dame en se rendant à son travail.
"Je veux juste aller voir ma cousine"
Un changement de paysage, ça, c'est sûr. Chaque rue adjacente à l'Arsenal était remplie de cars de CRS, prêts à intervenir en cas de besoin. Un bus entier de militaires patientait juste à l'entrée de la “zone sécurisée”. Une vraie zone de confinement, où chaque mouvement, des journalistes ou politiques, étaient soigneusement préparé et surveillé.
Pour les journalistes par exemple, impossible de sortir tant que tout n'était pas terminé. Confinement complet, et l'impression d'être en quarantaine.
Snipers sur les toits, déviations dans les rues, la ville avait mis le paquet pour assurer la sécurité des politiques en visite. Tellement que parfois, cela faisait même... un peu trop.
“Je veux juste aller voir ma cousine qui habite là, à 10 mètres”, demande ainsi une dame âgée à un CRS posté devant une rue adjacente, ultra-sécurisée et interdite aux piétons. Ce n'est seulement qu'après quelques minutes d'hésitation et des grognements mécontents que le policer accepte tout de même d'escorter cette dame jusqu'à la porte.
Un président bien loin du peuple
Pour les Messins, c'était sans aucun doute l'occasion de rencontrer leur président et pour lui de s'offrir un petit bain de foule afin de faire remonter une cote de popularité encore très basse... Ou pas. Quelques badauds se sont amoncelés sur les barricades situées à 100 mètres du lieu de rencontre, mais rien d'extraordinaire.
“Si ils avaient fait ce conseil des ministres dans une petite salle d'un aéroport, ça aurait été la même chose”, souligne un ambassadeur allemand de France.
“Dans les années 1990, pour ce genre de déplacement en province, nous étions accueillis avec le président en plein milieu des places, devant les cathédrales, avec des milliers de personnes qui faisaient le déplacement”, raconte-t-il. L'ambiance n'est effectivement pas la même ici.
Aux Galeries Lafayette, "on a perdu une journée"
“On a perdu une journée”, confie ainsi une vendeuse des Galeries Lafayette, situées juste devant l'Arsenal et la zone sécurisée. “On a dû vendre 2-3 articles, on n'a pas fait de chiffre en fait aujourd'hui. Et c'était la galère pour venir travailler ce matin en plus”, poursuit-elle, lasse.
Un sentiment partagé par d'autres surfaces du centre-ville. “C'était désert. Mais on n'a pas trop le choix, il faut faire avec”, souligne une autre vendeuse du C&A un peu plus loin.
Pourtant le soleil était au rendez-vous mais la majorité des terrasses et des rues de Metz étaient désertes. Un beau jeudi de vacances ensoleillé mais personne pour en profiter: la ville de Metz n'a pas vraiment rayonné hier à la venue de son président.
