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Cinq ans après les attentats de Bruxelles, la douleur et les questions demeurent
International 5 Min. 22.03.2021 Aus unserem online-Archiv

Cinq ans après les attentats de Bruxelles, la douleur et les questions demeurent

Les deux attentats-suicides dans la station de métro de Maelbeek et à l'aéroport de Zaventem ont fait 32 morts et 340 blessés.

Cinq ans après les attentats de Bruxelles, la douleur et les questions demeurent

Les deux attentats-suicides dans la station de métro de Maelbeek et à l'aéroport de Zaventem ont fait 32 morts et 340 blessés.
Photo: AFP
International 5 Min. 22.03.2021 Aus unserem online-Archiv

Cinq ans après les attentats de Bruxelles, la douleur et les questions demeurent

Le procès s’ouvrira en septembre 2022, offrant à la société belge l’occasion de mieux comprendre la violence qui l’a frappée le 22 mars 2016.

Par Max Helleff (Bruxelles)

Un meurtre toujours non élucidé intéresse les enquêteurs belges. Paul-André Vanderperren, un pensionné sans histoire habitant Jette (Bruxelles), a été tué en 2014 dans des circonstances restées mystérieuses. Il y a une dizaine de jours toutefois, sa veuve a affirmé que les coupables seraient les frères El Bakraoui, deux des auteurs des attentats bruxellois. Ils auraient voulu ainsi se «tester». L’information aurait été livrée aux enquêteurs par Osama Krayem, un des complices des tueurs.

C’était il y a cinq ans. Le 22 mars 2016, à 7h58, deux explosions pulvérisaient la salle des départs de l’aéroport de Bruxelles-National. Puis, à 9h11, une autre déchiquetait un wagon de métro dans la station Maelbeek, à quelques centaines de mètres de la Commission européenne. En tout, ces attentats-suicides ont fait 32 morts et 340 blessés. Les kamikazes ont été rapidement identifiés: il s'agit des frères El Bakraoui et de Najim Laachraoui, trois Bruxellois dont le nom est inconnu jusque-là. Un quatrième terroriste, Mohamed Abrini, sera capturé plus tard.

Une menace omniprésente

Les attentats de Bruxelles ont plongé la capitale et le pays dans un état de sidération profond. Et pourtant, ils étaient attendus. L’identification des auteurs des attentats parisiens du 13 novembre 2015 avait rapidement permis de savoir qu’ils avaient grandi pour la plupart à  Molenbeek et dans certains quartiers du centre-ville. La menace que constituaient un Salah Abdeslam toujours en liberté et ses éventuels complices pouvait à tout moment se retourner contre la Belgique. Le 18 mars 2016, une chasse à l’homme avait conduit à l’arrestation à Molenbeek d’Abdeslam, l’unique survivant des terroristes du 13 novembre. Trois jours plus tôt, il avait été débusqué une première fois par la police, rue du Dries, cette fois à Forest.

Deux explosions pulvérisaient la salle des départs de l’aéroport de Zaventem.
Deux explosions pulvérisaient la salle des départs de l’aéroport de Zaventem.
Photo: Archives LW

D'autres attendaient l'heure de frapper. Mais depuis, l’enquête a démontré que les frères El Bakraoui, Najim Laachraoui et Mohamed Abrini n’avaient a priori pas l’intention de commettre des attentats à Bruxelles. C’est parce que les kamikazes ont senti l’étau policier se resserrer qu’ils ont décidé de passer à l’acte sans tarder, à défaut de pouvoir viser à leur tour la France.

A l’heure du cinquième anniversaire des attentats-suicides du 22 mars, il reste de nombreuses zones d’ombre. C’est pourquoi les questions redoublent avant le méga-procès qui se tiendra à partir du 8 septembre 2022 au Justicia, dans les anciens locaux de l’Otan, à Haren (nord-est de Bruxelles). Il durera de 7 à 9 mois et pourra faire l’objet d’un appel.

Dix inculpés sont appelés à comparaître. Les noms de la plupart d’entre eux ont été un jour cités dans les médias, mais on sait encore peu de choses sur le rôle qu’ils ont précisément joué. On connaît en revanche beaucoup mieux Salah Abdeslam, toujours incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), Sofien Ayari qui fut capturé avec lui à Molenbeek, et Mohamed Abrini, l’"homme au chapeau" qui quitta précipitamment l’aéroport avant l’explosion des bombes.


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A l’heure actuelle, le procès lui-même fait toujours débat. Le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, estime que la cour d’assises dans sa forme actuelle est obsolète. La N-VA de Bart De Wever et d’autres formations politiques plaident également pour que l’affaire soit traitée par des juges professionnels. Ce serait, disent-elles, beaucoup d’énergie, de temps et d’argent épargnés. En face, les partisans des assises font valoir que la présence d’un jury et le recours à la procédure orale imposeront à la justice de clarifier son propos et de se mettre à la hauteur de l’homme de la rue. Life4Brussels, une des deux associations qui rassemblent les victimes du 22 mars 2016, veut que celles-ci aient le «droit d’être entendues dans le cadre d’un procès dans lequel le temps nécessaire pour s’exprimer doit leur être accordé.»

Mais s’exprimer sur quoi? Sur l’horreur et la douleur, bien sûr. Sur les faits et les intentions des terroristes. Sur les failles de la société belge, aussi. Pourquoi les frères Abdeslam qui n’ont manqué de rien durant leur enfance sont-ils devenus les ennemis publics numéro 1 ? Pourquoi après des années de grand banditisme, les frères El Bakraoui se sont-ils mués en «soldats de dieu»? Pourquoi la commune de Molenbeek, avec sa gestion paternaliste et ses dizaines d’associations vouées à l’intégration des fils et des filles de l’immigration arabo-musulmane, est-elle devenue le «nid de terroristes» montré du doigt par toute la presse internationale? Ces questions sont lancinantes, mais elles ne trouveront sans doute que des réponses partielles…

La blessure reste profonde. Elle est encore là parce que, malheureusement, la stigmatisation existe encore même si c’est moins fort.

l’actuelle bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux

L’histoire de Karen Northshield

Cinq ans après les attentats bruxellois, les plaies sont loin d’être refermées.  L’histoire de Karen Northshield, une Belgo-Américaine atrocement mutilée à l’aéroport de Bruxelles-National, a fait le tour des médias ces derniers jours. Après des années d’hospitalisation, cette sportive a retrouvé partiellement l’usage de sa jambe. Elle incarne la volonté, la résilience, mais son combat ne peut faire oublier ceux qui sont morts ou ont été blessés par une violence aveugle.


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Au ‘Soir’, l’actuelle bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux, déclare que «la blessure reste profonde. Elle est encore là parce que, malheureusement, la stigmatisation existe encore même si c’est moins fort.». Elle dit investir pour ne pas revivre le passé:  «Ce sont des millions qui sont mis en briques, en moyens humains, en remaniement pédagogique, pour essayer d’avoir des pédagogies à la pointe et des écoles qui propulsent les élèves et leur donnent des perspectives». Quant au radicalisme, il n’aurait plus cours dans les mosquées, assure-t-elle.  

Depuis 2016, Bruxelles a joué de malchance. Il a fallu plusieurs années pour que les touristes reviennent après les attentats et remplissent de nouveau les hôtels. Ce sursis a été de courte durée. La pandémie plonge aujourd’hui l’Horeca dans une crise profonde. Le pays s’est claquemuré. La portée sociétale et symbolique du procès qui s’ouvrira en septembre 2022 dépendra aussi du virus.

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