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Cette Belgique qui se rêve «Suisse de la mer du Nord»
International 3 Min. 13.05.2021

Cette Belgique qui se rêve «Suisse de la mer du Nord»

Le Premier ministre, Alexander De Croo, a lancé le débat d'une prochaine réforme constitutionnelle.

Cette Belgique qui se rêve «Suisse de la mer du Nord»

Le Premier ministre, Alexander De Croo, a lancé le débat d'une prochaine réforme constitutionnelle.
Photo : AFP
International 3 Min. 13.05.2021

Cette Belgique qui se rêve «Suisse de la mer du Nord»

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le parti chrétien-démocrate flamand propose de plaquer le modèle institutionnel helvète sur celui de la Belgique.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) 

Le chrétien-démocrate flamand Joachim Coens s’est offert un beau moment de publicité en proposant de faire de la Belgique une «Suisse de la mer du Nord». A le suivre, au terme d’une septième réforme de l’Etat, le royaume pourrait être dirigé par les communes... Joachim Coens préside le CD&V, un des sept partis de la coalition Vivaldi dirigée par le Premier ministre Alexander De Croo. 

Ces propos ont été tenus dans les colonnes du quotidien à grand tirage Het Laatste Nieuws et interviennent à un moment où la refonte institutionnelle de la Belgique fédérale est de nouveau évoquée. Joachim Coens est visiblement séduit par la décentralisation de la Suisse, où les communes tiennent souvent le premier rôle. 

Au contraire, en Belgique, ce sont les Régions et les Communautés qui exercent aujourd'hui la plupart des compétences, quitte à en partager certaines avec le niveau fédéral. On s’y perd par moment…

Pour le chrétien-démocrate, «on inverserait complètement le système» : ce serait d’abord les communes, puis les Régions, puis le fédéral. «Ce qui peut être fait localement est réalisé à ce niveau-là, c’est de la démocratie de première ligne, explique-t-il. Ce qui ne peut vraiment pas être fait localement, alors nous le réalisons au niveau de la communauté. Et ce qui ne peut être géré par la communauté, nous le faisons ensemble au niveau fédéral. Nous ne démolissons pas la Belgique, mais nous la reconstruisons de fond en comble». Il ajoute : «La Suisse est à peu près de la taille de la Belgique. Elle est tout aussi complexe, compte même quatre langues nationales et cultures, et divers niveaux de pouvoir».

Là où le nationaliste flamand Bart De Wever (N-VA, opposition au fédéral) plaide pour une Belgique «confédérale», Joachim Coens préfère un «confédéralisme de coopération» au sein duquel les communautés, dotées d’une large autonomie fiscale, collaboreraient idéalement ensemble. Une plus grande participation citoyenne via des référendums (nationaux) et une présidence tournante du poste de Premier ministre sont également au programme.

Ces propositions restent évidemment dans les limbes pour l’instant, mais n’en sont pas moins susceptibles d’effrayer Bruxelles. La Région bruxelloise craint en effet de perdre son autonomie, d’être ravalée au rang de minus habens institutionnel. En l’occurrence, Joachim Coens ne parle même pas du statut de la capitale.

Des histoires différentes

Ce n’est pas la première fois que la tentation de plaquer le modèle suisse sur le royaume titille le monde politique belge. Certains y ont vu la possibilité d’en finir avec les tensions communautaires qui opposent historiquement les Flamands aux francophones tout en évitant l’explosion du pays.

Mais est-ce réellement possible? Politologues belges et helvètes rappellent qu’en Suisse, des cantons autonomes sont unis depuis 1291 par des traités confédéraux et que la Constitution de 1848 a transformé le pays en une fédération. L’évolution de la Belgique, disent-ils, va dans le sens inverse. La Belgique est constituée de territoires dont l’addition née des chocs de l’Histoire a connu différentes gouvernances sous différentes dominations (espagnole, autrichienne, française, hollandaise).

A peine indépendant en 1830, le royaume a été écartelé par ses communautés. Ce processus dure toujours. Il pourrait conduire à terme à la fondation d’une quatrième région dédiée aux germanophones. Quant au confédéralisme, suisse ou non, il passe souvent en Wallonie pour la dernière étape avant l'éclatement du pays.

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Réaction à l’éditorial intitulé «De la politique à l’éthique» de M. Gaston Carré du 24 juin 2019.