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« Ce que nous avons osé regarder, était monstrueux »
International 3 Min. 14.11.2015 Aus unserem online-Archiv
Une correspondante du "Wort" témoigne:

« Ce que nous avons osé regarder, était monstrueux »

Une grande bâche couvre la vue sur l'entrée du Bataclan.
Une correspondante du "Wort" témoigne:

« Ce que nous avons osé regarder, était monstrueux »

Une grande bâche couvre la vue sur l'entrée du Bataclan.
PHOTO: AFP
International 3 Min. 14.11.2015 Aus unserem online-Archiv
Une correspondante du "Wort" témoigne:

« Ce que nous avons osé regarder, était monstrueux »

Laurence D'Hondt, une correspondante du "Luxemburger Wort" était ce vendredi soir devant le "Bataclan". Un témoignage triste et accablant.

Les rescapés de la salle du Bataclan sont sortis au compte goutte, livides, en larmes, ensanglantés. Un couple rescapé témoigne. « Nous avons trouvé refuge entre les loges et les toilettes pendant deux heures », témoigne un jeune couple qui remonte livide le boulevard Voltaire à Paris, rescapé de la tuerie de la salle de concert le Bataclan, « à côté de moi, il y avait une femme qui avait le bras blessé, de l’autre, un homme touché à la jambe.

Le bassiste du groupe était aussi réfugié avec nous. Nous avons tenté de nous barricader à l’aide d’un frigo dans le local technique où nous étions entassés, mais nous étions si nombreux que nous ne pouvions plus rien faire. Nous avons fini par décrocher les faux plafonds pour nous donner plus d’espace ».

L'horreur

Le jeune couple était au balcon quand les tireurs sont entrés dans la salle où le concert de rock avait déjà commencé depuis plus d’une demi heure. « Nous avons entendu une première rafale et avons vu des personnes tomber sous nos yeux dans la fosse, mais nous avons eu un moment d’hésitation, puis nous avons vraiment compris quand le chanteur a quitté la scène », raconte le jeune homme qui ne parvient pas à calmer le tremblement de son corps.

Votre guerre, nos morts, est inscrit sur cette feuille à côté des traces de sang.
Votre guerre, nos morts, est inscrit sur cette feuille à côté des traces de sang.
PHOTO: AFP

A côté de lui, une femme couverture blanche et tachée de sang sur le dos file dans la nuit, en se détournant des caméras et des micros que les journalistes tentent de lui tendre. Trois jeunes garçons se serrent, étouffant leurs sanglots dans les bras les uns des autres. Tout autour des ambulances attendent en vain les blessés. Il semble assez vite à chacun qui se trouve sur le pavé du boulevard Voltaire à cette heure avancée de la nuit qu’il y aura peu de blessés, qu’il n’y aura que des survivants ou des morts et qu’ils seront donc très nombreux.

Il y avait des bouts de chair sur les instruments de musique, du sang sur lequel nos pieds glissaient, des corps allongés partout.

« Des jeunes femmes vomissaient, d’autres gémissaient, tout en tentant de garder le silence » continue le couple qui flotte toujours entre cauchemar et réalité retrouvée, « nous étions en contact avec la police qui nous demandait de ne pas bouger. Nous écoutions les bruits. Quand les forces de l’ordre sont arrivées pour nous récupérer, nous avons dû traverser la salle sur le côté et c’est là que nous avons réalisé l’ampleur de ce qui s’était passé.

Il y avait des bouts de chair sur les instruments de musique, du sang sur lequel nos pieds glissaient, des corps allongés partout. On nous a dit de ne pas regarder, mais ce que nous avons osé regarder, était monstrueux ». Après avoir été rassemblés dans une cour par les forces de police, les rescapés qui n’étaient pas blessés ont pu se faire raccompagner chez eux ou regagner leur domicile par leurs propres moyens.

C’est ce que le jeune couple a fait. Tout en cherchant un taxi pour rejoindre la route de Clichy où ils vivent, ils apprennent ce qu’a vécu Paris pendant la soirée : des tirs à bout portants rue de la Fontaine au Roy dans le 11e arrondissement, deux kamikazes explosés au Stade de France, des personnes mises en joue en pleine ville par les forces de l’ordre, des hommes, kalachnikovs à la main qui ont tiré en six points de la capitale sur les personnes qui étaient à cette heure là dans les cafés, les restaurants, les trottoirs de la capitale française.

« Que dire ? Je ne sais même pas si ce que nous avons vécu, est tout à fait vrai », avoue pantelant le jeune homme.

Laurence D’Hondt.


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