Telecoms

NomoTech reprend Luxembourg Telecom

La filiale des Français de NomoTech au Luxembourg, LuxNetwork, sera dotée d'une nouvelle identité visuelle
La filiale des Français de NomoTech au Luxembourg, LuxNetwork, sera dotée d'une nouvelle identité visuelle
Shutterstock

par Thierry Labro

L'équation était simple mais la solution impossible à trouver: pour que Luxembourg Telecom Private Operator puisse prétendre à être une alternative sérieuse à l'opérateur historique et offrir ce qu'on appelle une redondance aux institutions financières, il fallait plus de moyens que ce que la société lancée en 2009 par Jérôme Grandidier pouvait dépenser.

Quand BIP a mis fin à la «bienveillance» avec laquelle elle protégeait l'opérateur, les dettes qui se sont accumulées sont devenues impossibles à résorber. Les pertes cumulées au 31 décembre 2015 ont atteint 12,1  millions d’euros et la passif circulant excédait l’actif circulant de 3,8  millions d’euros. TLPO a récemment racheté la plateforme et les clients voicecloud d’Unify et, surtout, le réseau international de fibre optique de Luxconnect avant de conclure un partenariat avec Orange Luxembourg pour le déploiement de connexions mobiles à très haut débit.

Ozone, triple play alternatif 
d'ici 2018

Placée sous le régime de la gestion contrôlée à la mi-septembre, TLPO passera sous giron français: le groupe NomoTech reprendra à son compte les 36 salariés et les 200 clients via sa filiale LuxNetwork, présente au Luxembourg depuis fin 2014. Pour son futur directeur général, Luc Lutot, «la société aura besoin de dix-huit mois pour s'installer dans la lignée de Luxembourg Telecom avant d'envisager un développement. Nous avons deux activités que nous voudrions développer en plus des activités de B2B. Nomosphère propose du WiFi gratuit dans 128 endroits, comme les gares ou comme la capitale française. Avec ce projet, nous réalisons 1,5 million de connexions par mois. Et puis nous travaillons à développer Ozone, une offre de triple-play vers le grand public, qui comprend donc internet, le téléphone et la télévision.»

Sur les trois finalistes parmi les onze propositions qui sont arrivées sur le bureau du juge, celle des Français était la plus importante financièrement, à environ 50 millions d'euros. Des investissements suivront en millions d'euros après la mi-2018, «notamment pour se renforcer humainement pour faire face à nos deux autres projets. La Française a généré plus de cinquante millions d'euros de chiffres d'affaires l'an dernier avec 200 salariés et sa filiale luxembourgeoise devrait à terme représenter 10 à 15% de ce chiffre d'affaires.

Les discussions avec la CSSF se sont aussi bien engagées pour «récupérer» aussi vite que possible le statut de PSF de LTPO et cela devrait avoir lieu d'ici l'été 2017, ce qui a permis de rassurer les clients actuels.

Jérome Grandidier, le p.-d.g. de l'opérateur alternatif luxembourgeois, peut commencer à respirer. Ses plans sont déjà prêts: il prendra la présidence de l'European American Enterprise Council (EAEC), qui aide les entreprises américaines à s'installer en Europe.

Dans les locaux que le nouveau propriétaire s'apprête à abandonner au profit du bâtiment H2O grouille une ambiance pour le moins feutrée. Dans un coin, les fondateurs et cheville ouvrière des Français apprennent déjà à connaître les subtilités du Luxembourg. Start-up devenue référence des zones difficiles d'accès, elle sait par où passer.