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Table ronde du Statec: D'où vient notre croissance économique?
Wirtschaft 3 Min. 02.12.2015

Table ronde du Statec: D'où vient notre croissance économique?

Pierre Leyers, journaliste au Luxemburger Wort, a modéré mardi la table ronde à laquelle ont participé Tom Elvinger, Yves Nosbusch, Serge Allegrezza, Ferdy Adam et Bastien Larue.

Table ronde du Statec: D'où vient notre croissance économique?

Pierre Leyers, journaliste au Luxemburger Wort, a modéré mardi la table ronde à laquelle ont participé Tom Elvinger, Yves Nosbusch, Serge Allegrezza, Ferdy Adam et Bastien Larue.
Photo: Guy Jallay
Wirtschaft 3 Min. 02.12.2015

Table ronde du Statec: D'où vient notre croissance économique?

Le Statec prévoit une croissance du PIB luxembourgeois de 3,2% pour 2015 et de 3,4% pour 2016. Que penser de ces chiffres pour notre pays et surtout d'où vient cette croissance économique?

(ndp).- Dans sa dernière note de conjoncture, le Statec prévoit une croissance du PIB luxembourgeois de 3,2% pour 2015 et de 3,4% pour 2016. Que penser de ces chiffres "moyens" pour notre pays et surtout d'où vient cette croissance économique?

Pour Tom Elvinger, conseiller économique indépendant, les chiffres du Statec font apparaître "un tableau contrasté" de la conjoncture luxembourgeoise. "Oui, la croissance est là, mais les perspectives varient significativement d'un secteur d'activité à l'autre. Les prévisions sont globales pour l'ensemble de l'économie. Or, je souhaiterais que le Statec puisse établir des prévisions de croissance pour les diverses branches d'activité de notre économie", a-t-il proposé.

Dans ses prévisions, l'institut national de la statistique distingue essentiellement trois grandes catégories: le secteur financier, le secteur public et le secteur marchand non financier. Pour la première, le Statec s'attend à une croissance du PIB réelle de 5% en 2015 et 2016. "Le secteur financier a enregistré un recul depuis la fin de la crise. Ce n'est qu'en 2014 que l'activité a repris des couleurs. Pour ce qui est de 2015, l'évolution n'a pas été aussi forte au cours des deux premiers trimestres. Néanmoins, la forte poussée du secteur l'an dernier devrait encore influencer la valeur moyenne de cette année", a souligné l'économiste du Statec Ferdy Adam.

Yves Nosbusch, chief economist chez BGL BNP Paribas, s'est montré, lui, un peu plus prudent. "Pour arriver à un taux de croissance de 3,2 % à la fin de l'année, nous aurions besoin d'une croissance de 1,4% tant au 3ème qu'au 4ème trimestre. A cet égard, il convient de rester vigilant, surtout en ce qui concerne le troisième trimestre, qui a été très mauvais sur les marchés boursiers. On peut donc s'attendre à ce que la croissance du secteur financier soit moins forte que prévu".

Les faibles gains de productivité

Au-delà de ces considérations, que faut-il penser de ce taux moyen de croissance de l'ordre de 3%? Comment l'interpréter? "Il faut savoir que la croissance du PIB luxembourgeois ces dernières années provient surtout de la croissance de l'emploi et beaucoup moins des gains de productivité", a rappelé Yves Nosbusch. Naturellement, cela soulève des questions concernant la viabilité à long terme. "Si nous voulons maintenir ce modèle, il nous faudra une croissance de l'emploi et de la population très élevée au cours des prochaines décennies."

Un avis largement partagé par Tom Elvinger. "Notre croissance s'explique essentiellement par le développement de l'emploi, celui des non-résidents qui traversent la frontière et celui des personnes qui viennent s'installer au Luxembourg. Ce phénomène est rendu possible dans la mesure où les entreprises existantes continuent à se développer". 

Mais le Grand-Duché séduit également les entreprises étrangères. Un rapport du Conseil économique et social (CES) montre qu'une grande partie de l'impôt sur les sociétés repose toujours sur les banques, mais de plus en plus sur les soparfis, véritable moteur de l'emploi dans le secteur financier. Une éventuelle "désaffection" de ces entreprises pour le Grand-Duché constituerait incontestablement un problème.  "Notre croissance économique n'est assurée que si nous offrons un cadre où les entreprises peuvent se développer et les personnes, notamment les dirigeants, ne subissent pas un impôt excessif. C'est la condition sine qua non à la croissance de l'emploi. C'est ce qui crée de la valeur ajoutée. Nous n'avons pratiquement pas eu de gains de productivité ces derniers temps", a-t-il ajouté.

Pour Ferdy Adam, toutefois, la réalité est beaucoup plus nuancée. "Nous avons une activité qui augmente, l'emploi qui progresse, les salaires qui évoluent doucement. Nous avons effectivement peu de gains de productivité, mais il faut placer cela dans un tableau beaucoup plus large".


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