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SES – Spaceresources.lu: L'espace décolle malgré les critiques

SES – Spaceresources.lu: L'espace décolle malgré les critiques

Foto: DSI
Wirtschaft 4 Min. 08.07.2017

SES – Spaceresources.lu: L'espace décolle malgré les critiques

Nadine SCHARTZ
Nadine SCHARTZ
Si le ministre de l'Economie s'appuie souvent sur le succès de la SES pour «vendre» son initiative sur l'exploitation de l'espace, les deux aventures nées du courage politique à 35 ans d'intervalle sont très différentes.

(T.L.) -  22 mars 1982. Pierre Werner ne prononce qu'une seule fois le mot «satellite» dans sa déclaration sur l'état de la Nation. Pour dire que le gouvernement attend la réponse de RTL sur son option sur les canaux d'un satellite luxembourgeois. La crise de la sidérurgie monopolise le débat. Un an plus tard, le Premier ministre y fait référence à trois reprises pour évoquer les incessantes polémiques avec le gouvernement de Laurent Fabius. Chaque semaine, les Français expédient leur secrétaire d'Etat aux Techniques de communication, Georges Fillioud, au Luxembourg. Les Français veulent que la CLT – dont ils sont actionnaires – diffuse avec leur satellite TDF1 et que le Luxembourg abandonne son projet.

Vendredi 20 juillet 1984, à peine assermenté, le Premier ministre, Jacques Santer, réunit le gouvernement chez lui: il n'a rien dans les mains, se souviennent quelques témoins, mais décide que le Luxembourg ira au bout. Peu importe que la gauche a baptisé l'idée de Werner le «satellite Coca Cola». Le véritable risque tient dans les trois milliards de francs luxembourgeois que le gouvernement doit engager pour assurer le lancement.

700 emplois en 35 ans

Près de 35 ans plus tard, la guerre froide est terminée. L'histoire a donné tort à ceux qui redoutaient que RTL Luxembourg ne survive pas à cette audacieuse aventure.

Reléguant aux oubliettes de l'Histoire le rapport commandé par François Biltgen à Euroconsult en novembre 2012, le vice-Premier ministre – socialiste – est revenu un jour d'août 2013 des Etats-Unis avec une idée, qu'il évoque pour la première fois au cours d'une réception chez l'ambassadeur britannique au Luxembourg. Aucun journaliste ne relève. De la science-fiction. Le directeur de la NASA Ames, Pete Worden, ex-ministre secret américain de l'Information – de la Propagande, dit-il lui-même – lui a soufflé à l'oreille que les développements dans l'exploitation de l'espace sont potentiellement une mine d'or. Les sociétés américaines aimeraient bien une loi sur mesure pour être sûres d'être propriétaires de ces cailloux précieux pour nos téléphones portables et autres appareils électroniques. Sur la planète, ces mêmes matériaux sont non seulement devenus «des terres rares» mais la maligne Chine en a acquis 98 % des réserves...

«Ne rien faire n'est pas une option»

Personne ne pense à critiquer l'initiative du ministre. «Ne rien faire n'est pas une option», fait-il remarquer lorsqu'on lui montre les critiques qui se multiplient sous les articles en ligne. «Que représentent-ils par rapport à la majorité invisible?» Mystère. «Je ne peux pas donner raison à ceux qui imaginent qu'investir le même argent dans un fonds de pension suffirait à assurer l'avenir du pays», lâche-t-il. Une seule fois, au début, l'opposition s'est offert une blague: Claude Wiseler a proposé de recueillir un euro pour offrir un aller simple sur Mars au ministre. Puis le leader du CSV a plus sobrement indiqué que si son parti revenait au pouvoir, bien sûr, il soutiendrait cette initiative.

Ce qui préoccupe l'opinion, aujourd'hui, c'est l'emploi. L'initiative de Schneider peut-elle en créer? L'interrogation ne manque pas de sel: 30 ans après, la Société européenne des satellites a créé 500 emplois, plus 200 dans le cluster «Space». C'est loin d'être spectaculaire. La société est devenue le leader mondial des satellites en 2000 avec le rachat de GE Americom, qui la valorise à 861 millions de dollars. Actionnaire de la SES, l'Etat a surtout empoché des dividendes et autres taxes. Par exemple, ses 66,6 millions d'actions de classe B lui ont rapporté plus de 35 millions d'euros de dividendes en 2016. La BCEE et la SNCI ont elles touché 33 millions d'euros de dividendes.

La recherche, nerf de la guerre

Sans que ce soit lié en réalité, le dividende de 2016 a permis de financer les 25 premiers millions de dollars que Schneider a investis dans Deep Space Industries. DSI a publié une cinquantaine d'offres d'emploi au Luxembourg.

Ce n'est pas l'emploi qu'il faut regarder mais la recherche: l'objectif du Luxembourg de porter à 2,3-2,6 % de son PIB les investissements publics et privés en matière de recherche et de développement. Avec 1,5 % de son PIB en 2015, le pays est à la traîne par rapport aux leaders et chaque nouvelle prévision d'une croissance entre 4,2 % en 2016 et +3 % entre 2017 et 2021 rend «plus cher» cet objectif.

Dans toute la palette des outils mis en place par le gouvernement, la loi sur les aides aux infrastructures de recherche adoptée le 17 mai imagine des aides qui peuvent aller jusqu'à 70 % des investissements dans des études de faisabilité ou de 50 % dans les innovations ou les infrastructures privées de recherche. 40 à 50 millions d'euros y sont dépensés chaque année. La réforme de l'Institut national sur la propriété intellectuelle pour faciliter les questions liées aux brevets, cruciale dans ce secteur, le cluster Space, le soutien aux start-ups, via le Digital Tech fund, ou encore le soutien aux PME comme l'Inno4growth, sont autant de petits bouts d'un puzzle qui comptent à la fin face à la Silicon Valley. Car qui pourrait se plaindre que le pays devienne un centre mondial de recherche sur différentes disciplines? Le cerveau de l'espace du futur?


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