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Sandy Pentland (MIT) à la BIL: “Réinventez le private banking!”
Wirtschaft 7 Min. 10.11.2015

Sandy Pentland (MIT) à la BIL: “Réinventez le private banking!”

Sandy Pentland, prestigieux chercheur du MIT, a été classé parmi les “data-scientists” les plus influents de la planète.

Sandy Pentland (MIT) à la BIL: “Réinventez le private banking!”

Sandy Pentland, prestigieux chercheur du MIT, a été classé parmi les “data-scientists” les plus influents de la planète.
Wirtschaft 7 Min. 10.11.2015

Sandy Pentland (MIT) à la BIL: “Réinventez le private banking!”

La banque va disparaître. A plus ou moins long terme. C’est le message du prestigieux chercheur du MIT, Sandy Pentland, invité d’honneur de la conférence sur les FinTech organisée par l’Université de Luxembourg à la BIL.

par Thierry Labro

Il a embrassé le futur il y a plus de trente ans. Diplômé en informatique de l’université du Michigan, en 1981, Sandy Pentland s’en souvient encore. “J’ai senti que la technologie allait influencer la société et les interactions entre la société et la technologie allaient compter. Et je me suis passionné pour ce secteur”. Cinq ans plus tard, il intègre le Massachusetts Institute of Technology, la Mecque des chercheurs.

M. Pentland, Forbes vous classe parmi les “data-scientists” les plus influents de la planète. C’est quoi un data-scientist?

Il y a tellement de choses dans le monde qui deviennent digitales. Smartphones, cartes de crédit, voitures. Juste pour arriver ici, il a fallu des badges d’accès. Nous laissons des traces digitales partout. Pour que tous ces systèmes fonctionnent mieux, pour que cela fasse du sens, il faut analyser les données. C’est ce que je fais.

Alors qu’on parle souvent de Big Data, comme le Graal ultime derrière lequel courent de nombreux projets qui rêvent d’influencer la société, il n’y a que 5, 6 voire 7% des données produites qui soient vraiment analysées. Est-ce que cela suffit à en tirer des généralités utiles?

La plupart des données sont sans intérêt. Souvent pour pouvoir les conserver si un système informatique se casse. Pour avoir une sauvegarde de ce qui se passe. Les données ne sont vraiment utiles que lorsque vous vous lancez dans un nouveau projet qui s’intéresse au comportement humain. Dans les finances, par exemple, les données sont importantes pour analyser les comportements à risque. Vous pouvez vouloir prévenir quelqu’un ou agir contre ces risques.

Aujourd’hui, vos travaux au MIT se penchent sur la récupération par chacun d’entre nous de ses données personnelles. Vous pensez que la société demande cela?

Pensez à la santé. Vous voulez à la fois des soins de santé aussi personnalisés que possible en fonction de ce que vous faites, de ce que vous consommez, de comment vous faites du sport ou pas. Et en même temps, vous n’avez pas envie que ces données circulent librement. Que tout le monde les voit. Les gens commencent à s’apercevoir de ce que les gouvernements ou les sociétés peuvent faire de leurs données. Aujourd’hui, les gouvernements commencent à admettre que l’individu devrait récupérer un contrôle sur ses données. Ils vont y venir. Mais les sociétés ont besoin de comprendre que leur business est basé sur la confiance. Pour maintenir ou rétablir la confiance, il va falloir qu’ils soient transparents sur l’usage des données. De manière respectable. Les sociétés qui ne s’en sont pas encore aperçues vont perdre des clients. Cela va prendre dix ou quinze ans à se généraliser. Mais ça va arriver. Dès que les gens s’aperçoivent qu’ils ont des droits, ils vont entamer un mouvement pour récupérer leurs droits. Et les gouvernants vont devoir répondre à ce mouvement.

C’est une question très difficile à appréhender pour le grand public, qui ne fait pas forcément confiance à Facebook, par exemple… Comment convaincre les gens de penser à réclamer leurs données, d'utiliser votre technologie basée sur le bitcoin, la blockchain et l'encryptage?

Vous voyez en ce moment comment les gouvernements poussent Facebook à devenir plus respectueux des données privées. Et vous commencez à voir des concurrents à Facebook, des réseaux sociaux alternatifs, les “unFacebook”, où vous possédez vos données, pas Facebook. Cela va prendre un moment. Mais les gouvernements, les régulateurs, les citoyens eux-mêmes vont aller vers cela.

Au cours de votre keynote ce matin, vous disiez justement qu’il manque “une banque des données”, quelque chose qui aide le commun des mortels à gérer ses données, à la protéger, à les défendre…

Ca va arriver. Comme personne ne vous aide, vous pouvez faire les mauvais choix avec vos données. Cette institution sera précieuse. C’est comme en 1840. Vous preniez votre argent, vous le mettiez sous votre matelas. Ou vous achetiez une maison. Mais il n’y avait pas de banque. Les gens ont inventé la banque.

La question de la confiance est cruciale! Pourquoi on ferait davantage confiance à une banque des données?

Prenons la situation a contrario: quand vous déposez de l’argent à la banque. Qu’est-ce qui vous garantit que vous allez le récupérer? Ce business dépend de la confiance. De l’environnement légal et réglementaire. Facebook est vraiment une société pour les publicitaires, pas pour vous ni pour moi.

A l’inverse, on voit arriver sur le marché des assureurs qui vous permettent de payer moins cher si vous leur permettez d’accéder à vos données de conducteur…

Oui, la question qui se pose est liée à une future réalité: les mauvais conducteurs vont devoir payer plus cher. Mais en réalité, est-ce que c’est juste que les mauvais conducteurs paient plus cher une assurance? C’est une question de valeurs de la société! Qu’est-ce qui est juste? Tout le monde ne va pas répondre pareil.

Les valeurs, c’est par là que vous avez commencé ce matin, vous qui êtes aussi un spécialiste disruptif de la pauvreté pour le compte des Nations unies…

L’argent est un élément clé. Parce que cela vous permet d’habiter dans un quartier plus sûr, d’éduquer vos enfants, d’être en sécurité. Mais on voit que l’utilisation des données permet de prouver le lien entre pauvreté et criminalité. Par exemple. Je peux montrer qu’investir sur les réseaux de transport ou dans l’accès à internet a des effets fondamentaux sur la réduction de la pauvreté parce que ce qui pose un problème, c’est qu’une communauté soit isolée du reste de la société. Il faut lutter précisément contre cela, l’isolement d’une communauté.

Le bitcoin et la blockchain se sont développés aussi pour cela, pour offrir un accès bancaire plus facilement, plus rapide, moins cher au plus grand nombre. Vous pensez que la banque va rattraper ce mouvement de disruption?

Cela montre surtout que c’est possible de créer une monnaie qui casse les pouvoirs nés des circuits bancaires en place. C’est inévitable que tôt ou tard, les marges des acteurs existants vont disparaître. C’est en cours depuis un moment avec l’informatisation, la concurrence extrême entre les banques. Les banques doivent trouver un nouveau business model, une nouvelle manière de faire du profit. Je suggère que cela soit basé sur la personnalisation de la banque, du private banking. Beaucoup plus de services, beaucoup plus personnalisés et pour tout le monde. Ce n’est pas quelque chose qui puisse être remplacé par un ordinateur.

C’est paradoxal… De remettre le facteur humain et son coût au milieu de l’avenir…

Oui, mais tous les services classiques deviennent petit à petit gratuits. Donc ne rapportent plus rien. Mais vous devez vous rapprocher du private banking. De la banque customisée. Comment pouvez-vous faire quelque chose pour tout le monde et profitable, c’est la question. Mais c’est aussi la même question pour la médecine. Même dans la gestion des fonds, le facteur humain continuera d’être au coeur de la gestion du risque. Ce qu’il faudrait devenir, c’est une plateforme innovante, plus qu’un produit. Une plateforme qui rende possible une “meilleure” gestion des fonds. Le Luxembourg, petit, rapide, qui a des capacités d’adaptation réglementaire, doit désormais proposer beaucoup plus que cela.

Pour aller plus loin

Pour découvrir le projet Enigma du professeur Pentland visant à récupérer ses données personnelles.

Comment se protéger de Facebook.


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