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Remodelage du conseil d'administration: Le Freeport disponible à la vente
Les actionnaires du port franc sur le départ.

Remodelage du conseil d'administration: Le Freeport disponible à la vente

Pierre Matgé
Les actionnaires du port franc sur le départ.
Wirtschaft 3 Min. 25.04.2016

Remodelage du conseil d'administration: Le Freeport disponible à la vente

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Inculpé pour escroquerie, le marchand d'art et «roi des ports francs» Yves Bouvier s'apprêterait à céder à moyen terme la zone de stockage de biens de grande valeur inaugurée en septembre 2014. Sa société de gestion est maintenant présidée par l'ancien ministre et eurodéputé Robert Goebbels.

Par Pierre Sorlut

La direction du port franc luxembourgeois a présenté ce lundi après-midi la nouvelle composition de son conseil d'administration et a en même temps laissé entrevoir la mise en vente de l'entreprise gérant cette zone de suspension de taxes qui permet de stocker des biens de grande valeur (comme des peintures, des voitures de collection ou des grands crus).

Réunis en assemblée générale le 12 avril, les actionnaires et représentants de la société Natural Le Coultre dirigée par l'entrepreneur suisse Yves Bouvier ont nommé l'ancien ministre Robert Goebbels à la présidence du conseil d'administration.

Tourmente judiciaire

Il y remplace Olivier Thomas, partenaire d'affaires d'Yves Bouvier, pris avec le «roi des ports francs» dans une affaire judiciaire. Le marchand et transporteur d'art suisse est soupçonné par la justice monégasque d'avoir escroqué le milliardaire russe et président de l'AS Monaco, Dmitri Rybolovlev, dans la cession de plusieurs œuvres de maîtres dont la valeur cumulée est estimée à plus d'une centaine de millions d'euros.

Olivier Thomas a lui été entendu par la justice française pour avoir participé à la vente dans des conditions douteuses de toiles de Pablo Picasso appartenant à la belle-fille du peintre décédé, Catherine Hutin-Blay. L'entrepreneur suisse et ses partenaires d'affaires prennent donc du recul en marge de ces démêlés avec la justice, mais indiquent par l'intermédiaire de leur porte-parole qu'«aucune décision n'a été prise par les actionnaires», ce sans démentir le principe d'une cession.

Risque réputationnel

Le projet d'établissement de cette luxueuse zone de stockage installée en bordure d'aéroport avait bénéficié du soutien des gouvernements successifs de Jean-Claude Juncker et de Xavier Bettel. Si les quelque 55 millions d'euros nécessaires à sa construction avaient été apportés par Natural le Coultre, le modèle d'affaires basé sur une exemption de TVA avait lui nécessité des amendements législatifs poussés par l'exécutif.

Dans les semaines qui avaient suivi l'ouverture du port franc, la transparence de la détention des biens et la traçabilité des bénéficiaires économiques avaient été mises en doute par plusieurs médias, dont The Economist, et par le responsable des questions de fiscalité à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), Pascal Saint-Amans. Le gouvernement avait ainsi étendu aux opérateurs du port franc les impératifs légaux de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Mais il a définitivement tiqué sur les déboires judiciaires rencontrés par ses promoteurs et leur a fait savoir en les rencontrant à l'automne dernier.

Nouveau conseil d'administration

Le groupe Natural Le Coultre préparerait ainsi son retrait en refaçonnant le conseil d'administration de la société de gestion du port franc. Les actionnaires actuels (Yves Bouvier pour 60%, Olivier Thomas 32% et Jean-Marc Peretti 8%) continuent d'y siéger, mais ils voient arriver un ancien haut fonctionnaire des douanes françaises, Philippe Dauvergne, reconverti au Luxembourg dans le conseil et les affaires liant le pays à la Russie et à la région caucasienne. L'ancien directeur fiscalité du ministère des Finances à l'heure CSV, Alphone Berns, figure toujours parmi les membres du conseil d'administration.

«Le conseil d'administration est majoritairement composé de Luxembourgeois» fait ainsi valoir le directeur général David Arendt. L'ancien directeur financier de Cargolux, passionné d'art indique également entre les lignes qu'il reste à disposition du nouveau repreneur.

Le gouvernement pas partie prenante

Son identité n'est pas encore connue, mais un consortium réunissant des acteurs du marché avait été évoqué au mois de novembre quand la radio 100,7 avait fait état pour la première fois d'une mise en vente. Selon une source proche du dossier, les négociations pourraient prendre plusieurs mois.

Par l'intermédiaire du ministre de l'Economie, contacté par le «Luxemburger Wort», le gouvernement fait savoir qu'il ne sera pas partie prenante à la transaction. «Je pense juste que le port franc nécessite un nouveau départ pour devenir le succès espéré à l'époque de son ouverture», dit Etienne Schneider qui avait fait le point avec Yves Bouvier en septembre dernier.


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