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Quand la musique se joue en bourse
Wirtschaft 6 Min. 26.07.2019

Quand la musique se joue en bourse

La start-up ANote Music rassemble artistes et investisseurs, pour faire de la musique une performance financière.

Quand la musique se joue en bourse

La start-up ANote Music rassemble artistes et investisseurs, pour faire de la musique une performance financière.
Photo: Shutterstock
Wirtschaft 6 Min. 26.07.2019

Quand la musique se joue en bourse

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
La start-up luxembourgeoise ANote Music transforme les chansons en titres financiers.

Comment convertir la musique en instrument financier? Et faire d’une œuvre jouée ou chantée un actif monétisable? ANote Music semble avoir trouvé l’accord parfait. Son idée: mettre sur le marché des parties de catalogues musicaux, à disposition d’investisseurs avertis, en quête de diversification de portefeuille. 

«Nous avions constaté qu’il n’existait pas de connexions entre la musique et la finance», explique Marzio Schena, l’un des trois fondateurs de la start-up. Après avoir interviewé des acteurs du secteur, nous avons compris que la première offrait certes de nombreuses opportunités d’affaires, mais nécessitait parfois beaucoup de capitaux et de liquidité. Certains artistes qui souhaitent devenir financièrement indépendants face aux maisons de disque, peuvent par exemple avoir besoin de fonds pour investir dans de nouveaux projets». 

Aussi, l’ancien gérant de fonds d’investissement entrevoit un parallèle fort entre les catalogues musicaux et les actifs financiers: «les deux rapportent du cash-flow, à savoir des royalties pour les premiers, et un dividende pour les seconds. Et leurs gains évoluent également en fonction de la performance du titre, musical ou financier». 

En janvier 2018, Marzio Schena et ses amis décident alors de mettre leur idée en musique. Puis fondent leur société six mois plus tard, sous l’égide du Technoport, l’incubateur et hébergeur de start-up basé à Belval. Leur concept est simple: faire se rencontrer des artistes, auteurs-compositeurs, maisons de disques, éditeurs… en quête d’argent frais, et des investisseurs, à la recherche d’actifs susceptibles de générer de nouvelles sources de revenus.

La jeune pousse crée à cet effet une plate-forme de transactions de droits musicaux: les détenteurs de royalties y téléchargent les parts de chansons qu’ils souhaitent mettre aux enchères, puis placent leurs ordres de vente au montant souhaité. En face, les investisseurs s’y inscrivent et reçoivent ces parts contre paiement, au prix convenu entre les deux parties. 

Marzio Schena connecte musique et finance
Marzio Schena connecte musique et finance
Photo: Gerry Huberty

Musique tranchée 

Concrètement, un catalogue ou un album musical sont découpés en 1.000 ou 10.000 parts. Le propriétaire initial des droits, vend par exemple 9.000 d'entre elles, et se garde les 1.000 restantes. L’acheteur et nouveau détenteur des droits percevra alors les royalties. Celles-ci sont générées par les ventes et les téléchargements de l’album, puis collectées dans le monde par les sociétés des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, telle la SACEM

Elles constituent alors un gain sur le capital. Sur la plate-forme, le vendeur fixe lui-même la somme minimum de départ, la cotation des parts étant généralement déterminée au prorata des revenus produits par les droits d’auteurs. 

Il définit également le montant des droits voisins et d'auteur mis aux enchères, ainsi que leur pourcentage et leur durée. Avant de déclencher la vente, ANote Music effectue toutefois une vérification préalable de conformité, sur les aspects juridiques et financiers des droits. Le processus de «due diligence» consiste principalement à s’assurer que le propriétaire du catalogue est bien le détenteur des droits. Et à vérifier sous quelles formes ces royalties sont perçues. 

 Une fois la transaction conclue, les parts sont alors allouées aux portefeuilles des investisseurs. ANote Music s’occupe elle de recevoir les redevances sur les droits, puis de les distribuer aux investisseurs en fonction du montant généré. 

Blockchain privée   

L’opération s’apparente ainsi à une introduction en bourse de titres musicaux, contre des titres financiers: «Nous créons une place de marché pour la communauté financière, afin qu’elle investisse dans une classe d’actifs qui est la musique. Celle-ci devient de fait une opportunité d’investissement alternatif, à l'instar des instruments de capital privé, des fonds spéculatifs, ou de tout autre actif non traditionnel», détaille Marzio Schena. «Avec cette plate-forme, nous sommes les premiers à connecter le monde de la musique avec celui de la finance». 

Le portail Web fait aussi office de marché secondaire: les droits musicaux, devenus actifs financiers, peuvent ensuite être revendus à des tiers par les investisseurs initiaux. Tous les titres musicaux ne sont cependant pas acceptés à la vente. S’il n’existe aucune restriction de style ou d’origine géographique, les œuvres doivent avoir plus de trois ans d’âge. 

L’intégralité du catalogue ne peut en outre être cédée: «Nous n’acceptons aucune vente à 100%. La partie majoritaire du catalogue reste en effet entre les mains du propriétaire des droits. Ceci, afin d’aligner leurs intérêts sur ceux des autres participants du marché», explique le gérant de la jeune pousse.

Autre particularité du titre: il tombe dans le domaine public 70 ans après la mort du dernier propriétaire initial des droits, en général l’éditeur musical qui détient les licences des paroles et de la musique. 

Cette contrainte ne saurait être un frein pour l’investisseur averti, estime Marzio Schena: «Une œuvre qui existe depuis cinq, dix ou 20 ans, a déjà été jouée à plusieurs reprises. Elle est donc connue et continuera encore à performer jusqu’à 70 ans après la mort du dernier auteur», prévient-il. 

La plateforme d’ANote Music repose sur la technologie blockchain: «Nous avons mis au point notre propre infrastructure privée de stockage et de transmission d'informations. Ceci notamment afin de permettre un système d’échange de royalties sécurisé, fiable et transparent, mais aussi d'exécuter les transactions, et enfin de suivre la chaîne de propriété des droits de manière irréprochable. 

Finance culinaire 

En outre, l’utilisation d’un système Blockchain permettra aux partenaires (c’est-à-dire aux artistes et maisons de disque qui vendront les droits musicaux sur ANote de disposer d’un nœud (un maillon de leur chaîne, leur offrant ainsi une couche de sécurité supplémentaire. 


L'entrepreneuriat prend un coup de jeune
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Encore en mode test, l’infrastructure devrait être opérationnelle dès la fin de cette année. Ses concepteurs comptent développer le modèle plus avant, avec l'objectif d'accueillir toujours plus de vendeurs et d’acheteurs. Déjà pourtant, la start-up de 13 salariés, qui a levé quelque 450.000 euros, a d'autres projets en tête. Ses trois fondateurs envisagent de diversifier leur concept et de l’élargir à d’autres classes d’actifs d’origine artistique et même culinaire. 

Actuellement illiquides, celles-ci ne présentent aucune véritable connexion avec le monde de la finance. «Tout comme la musique, nous pensons qu’il existe des produits d’investissements incroyables, qui offrent à la fois des flux de revenus, mais aussi des perspectives de croissance et de diversification. Une combinaison des trois représente de l’or pour les investisseurs.». 

Retrouvez chaque vendredi notre série sur les fintech luxembourgeoises. La semaine prochaine: Startalers.


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