Pour le Luxembourg: Le FMI suggère un plan B
Le chef de la délégation du Fonds monétaire international, Erik de Vrijer, arrive dans les locaux du ministère des Finances rue de la Congrégation à l'issue de deux semaines de travail sur le terrain. ⋌(Photo: Christophe Karaba)

Pour le Luxembourg: Le FMI suggère un plan B

Chris Karaba
Le chef de la délégation du Fonds monétaire international, Erik de Vrijer, arrive dans les locaux du ministère des Finances rue de la Congrégation à l'issue de deux semaines de travail sur le terrain. ⋌(Photo: Christophe Karaba)
Wirtschaft 3 Min.09.02.2018

Pour le Luxembourg: Le FMI suggère un plan B

Pierre Sorlut
Pierre Sorlut

Les représentants de l'organisation veillant à la stabilité du système financier international donnent des bons points au Luxembourg, mais suggèrent des réflexions en matière de diversification, de logement et de retraites.

(pso) - Le Luxembourg va bien, mais il doit adapter son modèle d'affaires pour mieux tenir compte des changements démographiques et en matière de fiscalité internationale. Telle est la conclusion (préliminaire) formulée ce vendredi par les représentants du Fonds monétaire international (FMI) à l'issue de deux semaines d'enquête sur le terrain. Un «exercice que nous menons tous les deux ans», a expliqué Erik de Vrijer, chef d'une délégation qui rentre maintenant à Washington pour faire adopter le rapport par le conseil de l'organisation veillant à la stabilité financière internationale

Le Luxembourg devrait préparer des plans de secours en cas de problème.

Les perspectives économiques du Luxembourg restent favorables. Le retour général à la croissance dope l'activité à court terme. (...), mais des risques pour l'économie nationale et les recettes fiscales demeurent. Elles tiennent principalement aux changements des règles fiscales internationales, notamment eu égard à la taxation des entreprises et à la volatilité des marchés, comme l'attestent les multiples chutes sur les marchés d'actions cette semaine. Le plan «Beps» de lutte contre l'érosion de la base fiscale des entreprises de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et les directives européennes en matières de taxation des entreprises pourraient conduire les firmes internationales à reconsidérer leur présence au Grand-Duché. «Beaucoup de paramètres entrent en compte dans la réflexion des entreprises sur leurs localisations. Mais le Luxembourg devrait préparer des plans de secours en cas de problème», a prévenu M. de Vrijer devant la presse, réunie au ministère des Finances.

«Il est important que le Luxembourg continue ses réformes fiscales et limite les possibilités d'évasion», a-t-il poursuivi. Les politiques antiblanchiment d'argent doivent aussi être continuées. «Du fait des interconnexions de la place financière, le risque est significatif. Cela peut poser de sérieux problèmes en termes de réputation», a résumé M. De Vrijer. La chute des marchés financiers entraînerait une baisse des recettes de la taxe d'abonnement, basée sur l'encours des fonds d'investissement domiciliés au Luxembourg, mais la «maturité» du secteur financier luxembourgeois offre au FMI une relative paix d'esprit.

Peur sur le logement

La hausse des prix immobiliers associée au surendettement de certains ménages constitue une autre préoccupation chez les envoyés de Washington. Cette augmentation tient à des facteurs positifs comme la croissance économique, à l'immigration et à l'augmentation des revenus, mais elle est aussi liée, explique le FMI, à un déficit de l'offre. Erik de Vrijer préconise de taxer davantage la propriété des terrains afin d'accélérer leur conversion en logement. Les prix élevés des maisons et appartements génèrent un surendettement chez certains ménages et pourraient à terme poser un risque pour les banques, notamment à la faveur d'un retournement des taux. «Mais le régulateur veille», rassure M. de Vrijer.

Réel problème pour les retraites

Il insiste davantage sur le problème posé par le financement des retraites au regard des évolutions démographiques. «Selon une posture raisonnable, le surplus du système va disparaître d'ici cinq-sept ans. Quatre ou cinq années plus tard, le retour d'investissement du fonds de pension ne suffira plus pour financer et on utilisera les réserves, pendant quelques années encore. Après on a un problème», avertit M. De Vrijer. «Plutôt que ce soit le port qui arrête le bateau, il vaut mieux le contourner, par exemple en allongeant la durée du travail», prodigue-t-il en cette année électorale.

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