Luxembourg au Consumer Electronic Show: Las Vegas, le Noël des start-upers

Luxembourg au Consumer Electronic Show: Las Vegas, le Noël des start-upers

Wirtschaft 8 4 Min.12.01.2018

Luxembourg au Consumer Electronic Show: Las Vegas, le Noël des start-upers

Thierry Labro
Thierry Labro

Vendredi soir (vendredi matin aux Etats-Unis), les huit start-ups luxembourgeoises présentes au Consumer Electronic Show de Las Vegas pour la première fois entamaient leur dernière journée, dopées par les contacts, les contrats et les propositions d'investissement.

par Thierry Labro

Le «Village Luxembourg», réuni pour la première fois au Consumer Electronic Show de Las Vegas, n'avait que huit «maisons». Mais face à l'armada américaine (280) et française (276), les Luxembourgeois ont profité de la qualité des 162.000 visiteurs pour avancer leurs pions avec sérieux. 

«Ici», explique le président de l'European American Enterprise Council, Jérôme Grandidier, qui a rendu cette présence inédite possible avec le soutien de Luxinnovation, «ce qui compte est le niveau des interlocuteurs. Tu as des présidents directeurs généraux, des grands patrons, des investisseurs de premier plan. Ce n'est pas le salon de l'auto... Venir ici permet aussi de mesurer les avancées de la concurrence. Et je crois que le Luxembourg est plutôt bien placé!» 

Yves-Laurent Kayan, de CoinPlus, a laissé plus de 1.000 cartes de visite. Sa société fabrique des «lingots du futur» à base de bitcoin. Ses supports physiques portent des hologrammes, un code public et deux secrets pour accéder à des bitcoins, monnaie virtuelle. La start-up hébergée au Technoport depuis quatre ans et qui boucle sa septième levée de fonds a même rencontré «des Luxembourgeois qui ne nous connaissaient pas», s'amuse son cofondateur. «Nous allons revenir vers la CSSF pour que nous soyons régulés. Ce qu'il faut dire, c'est que nous ne sommes pas dans le domaine du paiement mais de l'investissement.» 

La musique d'Aiva charme Sony 

S'il reconnaissait que Las Vegas était bien conforme à l'image démesurée qu'il s'en faisait, Pierre Barreau, d'Aiva, a pour sa part rencontré de nombreux investisseurs potentiels, «des gens des technologies, de la musique ou du gaming. Des gens de Sony par exemple... Quand nous allons rentrer, nous allons assurer le follow-up de ces contacts très intéressants.»

Aiva est une start-up dans l'air du temps: son intelligence artificielle est capable de composer des musiques à partir des airs des grands compositeurs comme Mozart, Beethoven ou Bach et qui sont tombés dans le domaine public. 

Mais celui qui était peut-être le plus heureux était le cofondateur de Carpay-Diem, Frédéric Stiernon: «C'était extraordinaire! Nous avons rencontré des constructeurs automobiles, des équipementiers automobiles et des banquiers.» 

Son idée, née en 2016, permet de faire le plein de son véhicule sans avoir à sortir sa carte de crédit. 

Et Carpay-Diem signe avec le quatrième équipementier 

Dans un univers où les véhicules autonomes se développent à toute vitesse, le potentiel de cette start-up est immense. 

Après que le groupe français Mobilia (Norauto et Midas) soit rentrée au capital de cette société dont la solution peut être utilisée déjà dans 85.000 stations-service, le quatrième équipementier automobile au monde, l'Allemand ZF Friedrichshafen, devait annoncer au dernier jour (la nuit dernière en Europe, ndlR.) s'offrir les services de Carpay-Diem pour l'Allemagne au cours du premier trimestre 2018. 

Les Luxembourgeois, qui avaient bouclé une nouvelle levée de fonds fin décembre, ouvrent donc un quatrième marché après la Grande-Bretagne, la France et la Belgique. «Ces développements vont nous amener à revoir notre business plan», expliquait M. Stiernon. «Nous sommes en ligne avec nos objectifs mais nous devons voir comment bien continuer à développer notre projet. Nous avons reçu des propositions pour attaquer le marché américain et nous devrons voir si nous procédons à une nouvelle levée de fonds et de combien pour assumer ces développements». 

Les nouvelles étaient tellement positives pour ces trois-là et pour les Fundsquare, Postmiicard, Virtelio, VR Time Travel ou autre Motion S, que Jérôme Grandidier annonçait dès hier que le «Village du Luxembourg» serait à nouveau présent l'an prochain au Consumer Electronic Show. 

Après une première présence qui a coûté quelque 50.000 euros, il faudra désormais trouver un budget de 100 à 150.000 euros pour emmener davantage de start-ups et dans de meilleures conditions. 

Dans un autre coin de cette gigantesque foire de la technologie à destination des professionnels, un autre projet luxembourgeois a été aussi remarqué: au moment où la question de la mobilité est au premier plan, le scooter électrique pliable d'Ujet a aussi rencontré une belle audience. Même à plus de 8.500 euros son scooter, fabriqué à Foetz où les dirigeants envisageaient mi-novembre de recruter 50 à 60 personnes supplémentaires pour entamer la production au premier trimestre, a attiré les regards.