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Les entreprises s'inquiètent de la mobilité
Des travaux sur l'E411 entre Arlon et la frontière luxembourgeoise provoquent des embouteillages monstres.

Les entreprises s'inquiètent de la mobilité

Pierre Matgé
Des travaux sur l'E411 entre Arlon et la frontière luxembourgeoise provoquent des embouteillages monstres.
Wirtschaft 6 Min. 19.09.2018

Les entreprises s'inquiètent de la mobilité

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
L’amélioration des trajets des salariés du Luxembourg «doit être une priorité», prévient Michèle Detaille, vice-présidente de l’organisation patronale de l’industrie la Fedil.

L’amélioration des trajets des salariés du Luxembourg «doit être une priorité», prévient Michèle Detaille. La vice-présidente de l’organisation patronale de l’industrie la Fedil s’exprimait mardi soir dans le cadre d’un débat sur la mobilité transfrontalière organisé à Esch par le Liser (Luxembourg institute of socio-economic research).


«On va perdre des gens qualifiés qui retourneront, peut-être vers des emplois moins intéressants et moins rémunérés et ce ne sera pas au bénéfice des entreprises luxembourgeoises», poursuit l'entrepreneure de la logistique interrogée en marge de l’événement voué à soulever le problème en pleine campagne électorale et alors que les embouteillages, liés à la rentrée et aux travaux, se multiplient.


Les quelques dizaines de personnes rassemblées dans le paisible café de la Kulturfabrik n’arrivaient d’ailleurs pas à cacher leur contrariété quand les propositions n’allaient pas dans leur sens. Signes d’une tension qui concerne en fait quasiment la moitié (45%) de la main-d’œuvre employée au Luxembourg. 192.520 personnes, dont 51,8% de résidents français, 24,2% belges et 24% allemands, entrent quotidiennement au Grand-Duché pour y travailler.


Et le problème grandit. En 2017, sur les 14.334 créations d'emplois, 53,7% (soit 7.701) ont été occupés par des frontaliers. «C'est 31 frontaliers de plus chaque jour ouvré», souligne Olivier Klein, chercheur du Liser.


Michèle Detaille (Fedil), Lucien Piovano (maire d'Audun-le-Tiche), Olivier Klein (Liser) et Henry Delescaut (association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg) ont été rejoints par Christophe Reuter, absent de la photo à cause du trafic.
Michèle Detaille (Fedil), Lucien Piovano (maire d'Audun-le-Tiche), Olivier Klein (Liser) et Henry Delescaut (association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg) ont été rejoints par Christophe Reuter, absent de la photo à cause du trafic.
Chris Karaba


Selon les chiffres de l’étude Modu 2.0 réalisée cette année par le gouvernement, la distance moyenne parcourue quotidiennement par les frontaliers pour se rendre sur le lieu de travail se situe entre 34 et 42km. Selon cette base de données fraîchement collectées, un frontalier passe en moyenne deux heures par jour ouvré dans les transports, «contre 1h07 pour des actifs français», constate le centre de recherche Liser.


Les analystes relèvent que «les déplacements domicile-travail sont principalement associés à une certaine longueur et à une pénibilité marquée». «Le temps passé dans les transports génère simultanément fatigue et stress», souligne-t-on dans une autre recherche doctorale réalisée en 2015.

Quelles solutions?


Différentes solutions sont programmées ou envisagées. Rapprocher le domicile du travail en devenant, par exemple, résident représente une solution pour certains, mais n’est certainement pas la réponse au problème du fait de la saturation de l’offre de logement au Grand-Duché.


Frontaliers, ils se sont installés au Luxembourg
Ils sont 45.822 Français à vivre au Luxembourg au 1er janvier 2018. Parmi eux, certains ont été un temps frontaliers et ont décidé de s'installer définitivement au pays. Quelles sont leurs motivations? Comment se passe leur intégration au Grand-Duché? Témoignages.

Les autorités songent à réduire la congestion du trafic. Des infrastructures de transport sortent de terre. Le tramway, le funiculaire au Kirchberg et les gares périphériques (Kirchberg et Howald) agrémentent l’offre de transport sur le dernier kilomètre.


Elles s’ajoutent aux projets d’agrandissement de la gare de Luxembourg ou d’une nouvelle ligne ferroviaire entre la capitale et Bettembourg, où la gare sera également réaménagée. Des pistes cyclables interurbaines ou le tramway rapide entre Esch et Luxembourg offriront de nouvelles alternatives pour les déplacements.


Sur les routes, on envisage moins l’agrandissement des voies (qui entraînerait une augmentation du trafic) que des solutions de covoiturage avec notamment l’initiative Copilote.


Selon les études réalisées, on compte 1,2 passager par voiture en circulation aux heures de pointe. «Les embouteillages sont constitués de voitures aux trois quarts vides», se plaint Christophe Reuter,  ingénieur spécialisé du ministère du Développement durable et des infrastructures. «Il n’y a plus d’embouteillages demain si trois personnes s’assoient dans chaque véhicule», poursuit-il. «Plus facile à dire qu’à faire», gronde l’assistance. Des voies dédiées à la pratique du covoiturage émergeront progressivement sur les grands axes. Les travaux en cours sur l’E411 entre Arlon et la frontière luxembourgeoise en accoucheront.


«Les changements nécessitent l’implication de tous les acteurs», martèlent les parties prenantes au débat. Salariés, communes, Etats et entreprises doivent joindre leurs efforts. Pour ces dernières, les chercheurs du Liser proposent la multiplication d’espaces de co-working ou de télétravail aux frontières. Rester au Grand-Duché permet à ses salariés d’éviter les problématiques de cotisations sociales et de fiscalité liées au franchissement de la frontière.


Rapprocher le travail du domicile est de plus en plus envisagé par les employeurs. Les sociétés, comme certains grands noms de l’audit, louent des bureaux dans les villes luxembourgeoises proches des frontières pour réduire les temps de trajet de leurs salariés. Étaler les horaires de travail est également envisagé. L’alternative permet une optimisation des réseaux de transport à moindre coût.


   Tout cela exige souplesse et agilité


D’aucuns, comme M. Reuter, proposent que les entreprises limitent les places de stationnement aux covoitureurs. La généralisation des leasings auto, génératrice de trafic, est aussi montrée du doigt. «Tout cela exige souplesse et agilité», confirme Michèle Detaille en balayant l’idée de contraindre l’entreprise en la matière. Toutes ont leurs spécificités selon l’ancienne femme politique belge.


«Le déséquilibre est malsain, résume le fonctionnaire du MDDI, mais il ne concerne pas que les frontaliers et n’est pas spécifiquement luxembourgeois». C’est certainement vrai, mais le Liser a choisi la thématique pour sa série de débat.


 



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