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Les énergies fossiles: «des actifs pourris»
Wirtschaft 4 Min. 14.11.2019

Les énergies fossiles: «des actifs pourris»

Bertrand Piccard était l'invité d'une conférence organisée par BGL BNP Paribas.

Les énergies fossiles: «des actifs pourris»

Bertrand Piccard était l'invité d'une conférence organisée par BGL BNP Paribas.
Photo: Guy Jallay
Wirtschaft 4 Min. 14.11.2019

Les énergies fossiles: «des actifs pourris»

Mara BILO
Mara BILO
De passage à Luxembourg, la superstar du développement durable Bertrand Piccard épingle les grands gestionnaires.

Il a fait le tour du monde plusieurs fois. D'abord en ballon sans faire d'escales dans les années 1990 et ensuite en 2016 dans un avion solaire capable de voler perpétuellement sans carburant. Pour Bertrand Piccard, psychiatre et aventurier d'origine suisse, l'impossible n'existe pas. «Partir du principe que quelque chose est impossible parce que cela n'a jamais été fait... C'est l'attitude la plus stupide qui soit!»


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De passage à Luxembourg pour une conférence organisée par BGL BNP Paribas sur le thème du développement durable, M. Piccard a présenté le dernier projet de sa fondation Solar Impulse – une fondation qui porte le nom de l'avion solaire qu'il a développé avec son partenaire André  Borschberg. Avec «#1.000solutions pour protéger l’environnement de manière rentable», l'aventurier suisse veut mettre en avant la rentabilité des mesures protégeant l'environnement.

Les 30 principaux gestionnaires financiers du monde freinent la lutte contre le changement climatique.

Bertrand Piccard

Stop aux idées reçues

Selon M. Piccard, si la lutte contre le changement climatique n'avance qu'à très petits pas, c'est principalement dû à la manière de voir la protection de l'environnement. «Depuis 50 ans, on nous fait croire que la protection de l'environnement coûte cher, qu'elle requiert de nombreux sacrifices, qu'elle nous oblige à revoir notre confort, notre croissance, nos modes de consommation», analyse-t-il la situation. «C'est loin d'être motivant. En tant que psychiatre, je suis bien placé pour savoir que personne n'a envie de renoncer à son confort et d'avoir moins.»


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Alors qu'à en croire l'expert en développement durable, il n'y a nul besoin de revoir son niveau de confort à la baisse. «La vérité est qu'actuellement, nous utilisons encore des moteurs à combustion avec un rendement inférieur à 50 %, nos maisons sont mal isolées, nos processus industriels archaïques, nos systèmes de chauffage et de climatisation totalement inefficaces», explique M. Piccard. Tout en soulignant ironiquement que «nous sommes tous très fiers de posséder le dernier smartphone, sans réaliser que le reste de nos appareils date pratiquement du début de l'ère pétrolière.»

C'est ainsi que pour Bertrand Piccard, le maître-mot de la lutte contre le changement climatique est efficience. «Le problème auquel nous faisons face est l'inefficience des systèmes technologiques mis en place. 50 % de l'énergie produite aujourd'hui est perdue, tout comme la moitié des ressources naturelles extraites. On vit dans un monde totalement inefficient.»

A la recherche du profit

C'est pourquoi Bertrand Piccard montre avec son projet «#1.000solutions pour protéger l’environnement de manière rentable» que la protection de l'environnement est «financièrement rentable et ne nécessite pas de sacrifices». Sa fondation sélectionne des idées protégeant l'environnement, vérifie qu'elles fonctionnent, sont financièrement rentables, contribuent à la création d'emplois tout en protégeant l'environnement, et leur décerne finalement le «Solar Impulse Efficient Solution Label».


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D'après les informations publiées sur le site internet de la fondation Solar Impulse, 275 projets ont déjà été bénéficiaires de ce label. L'objectif est de prouver aux décideurs politiques – «qui fixent des grands objectifs sans savoir comment les atteindre!» – que des solutions existent et qu'elles sont à leur disposition.

«Les idées ne manquent pas», souligne M. Piccard, «mais elles sont portées par des start-up qui n'arrivent pas à percer sur le marché ou bien détenues par des grandes entreprises qui n'en feront jamais usage.» Pourquoi? «Dans notre monde, il est légalement autorisé de polluer!», s'insurge l'expert en développement durable. «Le plus grand frein à la lutte contre le changement climatique, ce sont les 30 principaux gestionnaires financiers du monde», cite-t-il un grand patron. En cause: leur obligation fiduciaire d'investir dans ce qui est le plus profitable à court terme. «C'est une erreur de viser la rentabilité immédiate en investissant dans des énergies fossiles», analyse Bertrand Piccard. «A long terme, les énergies renouvelables sont bien plus rentables. Les énergies fossiles sont des actifs pourris.»

Geoffrey Bazin, le CEO de BGL BNP Paribas.
Geoffrey Bazin, le CEO de BGL BNP Paribas.
Photo: Pierre Matgé



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