Le Premier ministre à la cérémonie des voeux de la FEDIL: Bettel dit non à la semaine des 35 heures
Le Premier ministre s'est livré à un satisfecit à haut débit devant les industriels de la FEDIL

Le Premier ministre à la cérémonie des voeux de la FEDIL: Bettel dit non à la semaine des 35 heures

Anouk Antony
Le Premier ministre s'est livré à un satisfecit à haut débit devant les industriels de la FEDIL
Wirtschaft 14 1 3 Min.26.01.2017

Le Premier ministre à la cérémonie des voeux de la FEDIL: Bettel dit non à la semaine des 35 heures

Thierry Labro
Thierry Labro

Avec un débit de mitraillette, le Premier ministre s'est livré à un bilan de son action en faveur des entrepreneurs, jeudi soir à Luxexpo dans le cadre des voeux de la FEDIL. Pour la fédération des industriels, 2017 sera l'année des talents.

par Thierry Labro

"Un peu moins de conversation, un peu plus d'action." Le président de la FEDIL veut faire rocker la fédération des industriels. Après avoir ouvert les voeux en parlant d'Europe, Nicolas Buck cite Elvis Presley pour inviter les représentants des sociétés à rêver plus fort, à avoir davantage d'ambition. Et surtout à se consacrer au recrutement des talents.

"Nous devons trouver les talents dont nous avons besoin aujourd'hui et dont nous aurons besoin demain. D'où HelloFuture pour aller dans les écoles avec vous pour montrer aux étudiants et les inviter à rejoindre nos rangs. D'où notre site internet où chacun d'entre nous devrait enregistrer ses stages." 

Le président de la FEDIL a souhaité que les différents soutiens des entrepreneurs "travaillent mieux ensemble pour apporter de la valeur ensemble. "Nous devrions aller plus vite", a-t-il dit après avoir cité  la Chambre de commerce et les ministres de l'Economie et des Finances, Luxinnovation, les centres de recherche, la SNCI ou l'Office Ducroire.

L'intelligence artificielle va tout changer

"Tous les quatre ans, les ordinateurs sont dix fois moins cher. Cela va tout changer", a dit après lui le Suisse Jürgen Schmidhuber, spécialiste de l'intelligence artificielle.

 De quoi préparer les industriels aux enjeux qui les attendent avec l'essor de l'automatisation et des robots, qui seraient la cause de la disparition de 9% d'emplois dans les pays que l'OCDE a étudiés en fin d'année dernière, corrigeant une étude qui voyait ce chiffre monter à 43%.  

Dernier à intervenir, le Premier ministre, Xavier Bettel s'est félicité que la soirée ne se termine pas entre Terminator et Matrix. "Félicitations pour le branding", a dit M. Bettel. "2016 a été une année difficile pour l'Europe. 2017 sera une année de challenges majeurs. Mais le risque apporte des opportunités. Nous devons renforcer l'Union européenne plus que jamais. Pas comme 'un' mais comme LE global player".

"Le triple A n'est pas en danger"

"Nous devons dealer avec la réalité d'une quatrième révolution industrielle. Nous n'avons pas le choix. Soyons honnêtes, des jobs seront perdus mais d'autres seront créés", a admis le chef du gouvernement.

"Nous ne vivons pas dans une bulle mais dans un environnement qui est de plus en plus concurrentiel. Parfois, il faut prendre des mesures douloureuses. Aujourd'hui, le triple A n'est pas en danger. Si nous figurons parmi les meilleurs élèves de la zone euro, c'est dû à des mesures que nous avons prises. Les retombées économiques de notre pays ont été accentuées par les mesures que nous avons prises."

Lancement du seedfund, digitaltech fund, du Seed4Start, de la banque climatique, du paquet procommerce, du Digital4Education, les critères de compétitivité liés à la réforme fiscale, l'éducation à l'entreprenariat ou la Sàrl simplifiée, le Premier ministre a dégaîné en rafale les mesures qu'il a prises. 

"Il est trop tôt pour faire le bilan d'une législature mais on peut lire les prévisions macroéconomiques. le Statec prévoit une hausse du PIB de 3,6% en 2016 et une légère accélération à 4,2% en 2017. Le chômage est en baisse et l'emploi devrait croître de 3%. On ne peut pas se reposer sur nos lauriers mais on peut s'accorder un moment de fierté sur le travail accompli."

Niet aux 35 heures

"Vous venez d'évoquer la suppression du fameux PAN, plan en faveur de l'emploi, dont le but est de flexibiliser l'organisation du travail. Le ministre du Travail a tout fait pour trouver un accord avec les partenaires sociaux. Nous avons opté pour une solution qui respecte aussi bien les besoins des entreprises que ceux des employés. Même si les partenaires sociaux ne trouvent pas toujours un accord autour de la table, je me réjouis que le dialogue social fonctionne."

"La semaine des 35 heures n'aura pas mon soutien alors que nos voisins font machine arrière."

Beaucoup d'investisseurs s'intéressent au Luxembourg, a-t-il souligné en citant ce qui fait du pays un endroit particulier.