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Le pays se met au vert
Wirtschaft 4 Min. 19.02.2016 Aus unserem online-Archiv
A travers la Bourse

Le pays se met au vert

Pierre Gramegna, Robert Scharfe et Werner Hoyer face à la presse vendredi matin à Luxembourg.
A travers la Bourse

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Pierre Gramegna, Robert Scharfe et Werner Hoyer face à la presse vendredi matin à Luxembourg.
Pierre Matgé
Wirtschaft 4 Min. 19.02.2016 Aus unserem online-Archiv
A travers la Bourse

Le pays se met au vert

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Derrière le caractère anecdotique de la célébration de la centième obligation verte, la volonté du gouvernement de faire de la place à une cheville ouvrière du financement climatique.

Par Pierre Sorlut

Une humeur badine régnait ce vendredi matin à la Bourse de Luxembourg où l'on avait décidé de commencer la journée en célébrant la cotation de la centième obligation dite «verte». Derrière cet événement qui n'en est (en apparence) pas un pour le commun des mortels se cache un développement d'envergure pour la diversification de la place financière, ainsi que pour l'économie luxembourgeoise dans son ensemble. Il a d'ailleurs valu la présence du ministre Pierre Gramegna.

A travers sa Bourse, le pays se lance résolument dans le financement climatique, un thème évidemment d'actualité dans le sillon de la COP21 qui s'est tenue au début du mois de décembre dernier à Paris. L’accord obtenu dans la capitale française a en effet reconnu que 100 milliards de dollars devraient être consacrés annuellement à partir de 2020, sous forme de prêt ou de dons, au financement de projets permettant aux pays de s’adapter au dérèglement climatique ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Piqûre de rappel

Si cet engagement ne fait que rappeler celui formulé en 2009 à Copenhague, il faut avouer qu'il n'avait guère été entendu jusque-là. Les évaluations les plus optimistes, préparées par l'OCDE (donc une organisation représentant les intérêts des pays riches), faisaient état de quelque 55 milliards d'euros investis dans l'environnement tous les ans depuis ladite conférence des parties au Danemark.

Mais les choses sont en train de changer. Le directeur général de la Bourse, Robert Scharfe sent même un «momentum», un indicateur qui, sur les marchés boursiers, montre qu'une tendance s'accélère. «Des projets vont être identifiés pour respecter les objectifs fixés par la COP21. Une partie d'entre eux devront être financés par les marchés de capitaux», indique l'ancien directeur de BGL BNP Paribas. La Bourse qu'il dirige maintenant veut se trouver au croisement.

Spécialisée dans la cotation d'obligation – ladite plateforme a même le leadership en la matière-, elle a également fait des obligations vertes (voir plus bas) l'un de ses axes de développement. Elle avait été la première au monde a inscrire à sa cote ces «green bonds». C'était en 2007. La Banque européenne d'investissement (BEI) en était l'émetteur. Elle l'était encore pour le centième, célébré hier. Pas vraiment étonnant quand on sait que, depuis 1966, le bras financier de l'Union européenne, basé au Kirchberg, a réalisé 95% des émissions de ses titres de dette à la Bourse de Luxembourg. Son président, Werner Hoyer, fait donc remarquer au passage que «le Luxembourg a montré la voie».

Le vert à moitié vide ou à moitié plein

Pour l'instant, la taille du marché se limite à quelque 80 milliards d'euros d'emprunts obligataires «verts» levés dans le monde. 50 l'ont été depuis Luxembourg. «Certains diront que c'est trop. D'autres pas assez, mais je suis convaincu que nous sommes sur la bonne voie» a témoigné le ministre des Finances luxembourgeois en ce «jour important pour la Bourse, pour la place financière et pour l'économie luxembourgeoise».

«Il faut avoir les bons outils pour financer la lutte contre le réchauffement climatique» a poursuivi Pierre Gramegna. Et le Luxembourg de la finance croit en ses chances avec sa Bourse, qualifiée de «cinquième pilier» par le ministre, la BEI, l'expertise juridique et tout un ensemble de professions connexes. L'industrie pourrait même compter sur l'agence de labellisation financière, Luxflag, dont Robert Scharfe est aussi administrateur. Celle-ci travaille d'ailleurs déjà pour les fonds à la création d'un label spécifique «financement climatique». L'ambition des acteurs est claire: allez plus vite que les places concurrentes. «C'est le meilleur moment pour montrer que finance et économie réelle sont bien liées. Ici pour le meilleur», a conclu le directeur de la Bourse.

Qu'est ce qu'une obligation verte?

Une obligation d'abord est un titre de dette dont un investisseur peut assumer, pour un prix donné, la propriété. En échange, il recevra, en sus du remboursement du principal (la valeur du titre) des versements réguliers d'intérêts, assimilables à la rémunération du prêt de l'argent et du risque pris par l'investisseur. Puisque l'émetteur pourrait ne pas être en mesure de rembourser si les projets sous-jacents ne généraient pas les revenus financiers nécessaires. Dans le cas d'obligations vertes, il s'agit d'investissements dans des infrastructures ou des entreprises respectueuses de l'environnement. Pour l'heure, les émetteurs d'obligations voulues vertes doivent suivre les principes rédigés par l'International Capital Market Association (Icma), l'organisation représentant les acteurs du marché obligataire.


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