Le Luxembourg, cinquième participant au plan Juncker
Le Luxembourg, cinquième participant au plan Juncker
par Thierry Labro
«Le gouvernement prend ses propres responsabilités en matière d'investissements. Avant de mettre la main au portefeuille, nous voulons savoir quelles seront les retombées positives pour le Luxembourg.» Le 2 mars, à l'issue d'un conseil européen «Compétitivité», le ministre de l'Economie, Etienne Schneider, n'avait pas été tendre avec le plan Juncker, jugeant les investissements annoncés par les premiers participants (Allemagne, France et Italie à hauteur de huit milliards d'euros chacune et l'Espagne pour 1,5 milliard), jugeant qu'il n'étaient que de la «poudre aux yeux».
Il n'avait fallu qu'une semaine au ministre des Finances, Pierre Gramegna, pour rectifier le tir et juger les propos de son collègue surinterprétés. Jeudi, avant le week-end pascal, soit à peine un mois plus tard, le Premier ministre, Xavier Bettel, a tranché et annoncé que le Luxembourg apporterait 80 millions d'euros à l'initiative de son prédécesseur devenu président de la Commission européenne, tout en maintenant des efforts d'investissement à 3,5% du PIB, soit à peu près deux fois plus que les autres Etats membres en moyenne.
Ces fonds seront réservés sur ceux de la Société nationale de crédit et d'investissement (SNCI). «Le Luxembourg soutient l'initiative visant à relancer l'investissement», du plan Juncker, a rassuré le Premier ministre. «Je ne peux pas vous garantir que nous recevrons 80 millions d'euros en échange, ou plus ou moins. Mais le principe est que l'on obtienne une relance économique qui concerne aussi le Luxembourg», a-t-il ajouté.
Quel agenda pour l'EFSI?
A Bruxelles, le vice-président en charge de l'Emploi, de la Croissance et des Investissements et de la Compétitivité, Jyrki Katainen, accueillait hier positivement la décision du Luxembourg, cinquième Etat membre à participer à l'aventure, se félicitant au passage que les fonds soient portés encore une fois par une banque nationale de développement, plus à même de juger de la pertinence de ce qui va en être fait.
Pourtant, la SNCI n'aura pas grand chose à dire dans l'utilisation future des fonds. Après la proposition de M. Juncker et un accord trouvé par les chefs d'Etat et de gouvernement en janvier sur le volet régulation, il faut désormais attendre le vote de deux commissions du Parlement européen (économie et budget), le 20 avril, pour que les négociations s'engagent véritablement de manière précise entre les trois institutions. Comme un accord de principe semble à peu près acquis, ne reste que des questions pratiques à trancher, comme celle du nombre d'experts dans le comité de sélection des projets (6 pour la Commission, huit pour le Conseil), par exemple.
Et l'on espère à Bruxelles un accord d'ici juillet, pour que le le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) puisse commencer son travail, sous la conduite de la Banque européenne d'investissement, dès septembre. Ce n'est qu'avant l'été que la Commission pourra lancer un «open call», comprenez un appel à candidatures pour intégrer le comité d'investissement. «Ce ne sera pas des fonctionnaires mais des gens qui ont une expertise européenne sur l'investissement, qui seront sous contrat pour trois à cinq ans», explique la porte-parole.
Chaque projet sera ensuite validé par un comité de pilotage, exclusivement composé de membres de la Commission et de la BEI pour éviter toute influence politique.
Une liste de projets en cours d'élaboration
La liste des projets luxembourgeois est en cours d'élaboration, a indiqué le cabinet de M. Gramegna hier. Car la liste des projets présentés en novembre à Bruxelles par chacun des Etats membres n'avait que vocation à permettre de mesurer les besoins.
Dans cette liste, il y avait une trentaine de projets luxembourgeois plus une poignée de projets transfrontaliers, surtout de transport et d'énergie. «Il y aura des discussions entre la SNCI et les experts proches de la BEI», concède la porte-parole de la Commission. Mais cela donnera du sens concret aux priorités d'investissement. Nous voyons déjà émerger des projets associants plusieurs Etats membres et c'est une bonne nouvelle!».
Deux plate-forme verront le jour: un guichet unique d'information sur la manière de monter des dossiers et d'obtenir des financements et une sorte de réservoir potentiel d'idées pour investisseurs qui en manqueraient. Plus de 2.000 projets ont été identifiés par la Commission européenne qui nécessiteraient 1.300 milliards d'euros.
Mais comme le temps presse, après la chute des investissements de 25 à 60% selon les Etats membres depuis la crise de 2008, la BEI a décidé de ne pas attendre la mise en place de l'EFSI et de financer quelques projets, par l'intermédiaire du Fonds européen d’investissement (FEI), qui fait partie du groupe BEI et qui couvrira le risque des transactions avec les intermédiaires qui fourniront un financement supplémentaire aux PME et aux petites moyennes capitalisation. Quelques projets d'infrastructure pourraient aussi en profiter, avait annoncé la BEI dès le 17 février.
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