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Le Luxembourg a une carte à jouer
Wirtschaft 4 Min. 02.02.2017 Aus unserem online-Archiv
Robotisation

Le Luxembourg a une carte à jouer

Si les nouvelles technologies se diffusent effectivement, c'est souvent dans un «souci de réduction de la pénibilité du travail».
Robotisation

Le Luxembourg a une carte à jouer

Si les nouvelles technologies se diffusent effectivement, c'est souvent dans un «souci de réduction de la pénibilité du travail».
(Photo: Gerry Huberty)
Wirtschaft 4 Min. 02.02.2017 Aus unserem online-Archiv
Robotisation

Le Luxembourg a une carte à jouer

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Si la robotisation se diffuse dans les entreprises, elle offre aussi des opportunités. Le Grand-Duché pourrait même devenir une place forte de la logistique du robot.

(ndp) - Non, les robots ne vont pas remplacer tous les salariés au Grand-Duché! Après les scénarios catastrophes prédisant pour certains la destruction de 52 % d'emplois (étude ING parue en 2015) au fur et à mesure du déploiement de la robotique et de l'intelligence artificielle, des études plus récentes indiquent que seuls 10 à 12 % des emplois seraient exposés aux mutations technologiques et pourraient, à ce titre, être supprimés.

«L'idée est de dire: attention, ne raisonnons pas en termes d'emploi ou de métier comme quelque chose d'homogène. Voyons plutôt un emploi comme une somme de tâches et imaginons l'impact des robots et algorithmes sur ces tâches», a expliqué Serge Vandemini, professeur à l'université de Paris Panthéon Assas à l'occasion d'une conférence sur la robotisation organisée par la Chambre des salariés.

«Il faut qu'il y ait un nombre de tâches significatif au sein d'une profession impactée par les robots ou les algorithmes pour que l'emploi soit réellement détruit», a-t-il ajouté. A cela s'ajoute le coût de mise en œuvre, car «rien ne dit que dans un secteur donné, parce que la technologie existe, les entreprises vont spontanément passer à la robotisation». Autrement dit: les coûts d'investissement freinent la généralisation des robots. «Si on y met aussi la notion de délai de mise en œuvre, on est plutôt dans un rapport de 10 à 12 % d'emplois menacés», a conclu le professeur.

Serge Vandemini a retenu deux travaux majeurs, ceux de l'OCDE de 2016 et un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi rendu public le 12 janvier en France estimant à 10 % les emplois vulnérables face à la robotisation. Ce rapport estime que les emplois d'agents d'entretien sont de loin les plus menacés par l'automatisation, suivis des ouvriers qualifiés des industries de process et des ouvriers non qualifiés de la manutention.

«Il est aujourd'hui clair que les robots ne sont pas des menaces de substitution pures et simples, mais ces robots peuvent être des bonificateurs de conditions de travail», a souligné Serge Vandemini.

Technologies matures et émergentes

Sans grande surprise, les emplois manuels et peu qualifiés seront les plus touchés. Cette évolution constitue un défi majeur pour la filière logistique, où les évolutions ont déjà commencé avec des technologies matures comme les outils d'optimisation des stocks et des flux, les capteurs et l'identification automatique, l'informatique et le stockage dématérialisé. Des technologies émergentes comme l'impression 3D, les drônes et les véhicules autonomes progressent également.

Le professeur Serge Vandemini
Le professeur Serge Vandemini
Photo: Gerry Huberty

Si les nouvelles technologies se diffusent effectivement, c'est souvent dans un «souci de réduction de la pénibilité du travail». Dans la hiérarchie des justificatifs, il apparaît que dans 80 % des établissements, les robots n'entraînent pas de compression des recrutements, ni des effectifs. En revanche, ils contribuent à améliorer la sécurité et à éviter les accidents de travail et surtout à réduire la pénibilité des tâches. «Il est aujourd'hui clair que les robots ne sont pas des menaces de substitution pures et simples, mais ces robots peuvent être des bonificateurs de conditions de travail», a souligné Serge Vandemini.

Anticiper les mutations

Partant de là, le professeur est allé plus loin en tentant de mesurer l'impact de la révolution numérique sur la logistique, secteur en devenir au Luxembourg qui emploie 13.000 salariés dont 85  % d'opérateurs (3.700 manutentionnaires et 6.600 chauffeurs et livreurs). La menace la plus imminente concernerait ainsi près de 3.700 emplois. Mais «compte tenu des délais de mise en œuvre, des blocages liés aux coûts d'investissements, on peut considérer que les cohortes d'emplois à transformer qui seraient victimes d'une robotisation significative, ce sont quelques centaines d'emplois sur lesquels il va falloir porter attention».

Dès lors, comment transformer cette menace en opportunité? «La meilleure manière de procéder est de créer de vraies instances de coordination entre le monde professionnel et le monde de la formation pour que ces cohortes d'emplois à transformer soient parfaitement appréhendées et mesurées, afin d'éviter qu'il y ait un passage par le chômage qui serait extrêmement pénalisant.»

Si la logistique luxembourgeoise se robotise, si la casse sociale est bien maîtrisée par un jeu de passerelle emploi/formation, il y a tout à gagner pour la logistique luxembourgeoise.»

Une place forte de la logistique

Ensuite, selon Serge Vandemini, «si la logistique luxembourgeoise se robotise, si la casse sociale est bien maîtrisée par un jeu de passerelle emploi/formation, il y a tout à gagner pour la logistique luxembourgeoise». Le Luxembourg pourrait être repéré comme un acteur crédible et compétitif par ses concurrents qui se trouvent en Allemagne, aux Pays-Bas ou ailleurs en Europe. «La logistique luxembourgeoise peut sortir par le haut, si elle assure la transformation des métiers de façon coordonnée.»

Et pour terminer, le Grand-Duché pourrait même devenir, grâce à un écosystème extrêmement favorable, une place forte de la logistique du robot. «Il n'y a aucune raison que le Luxembourg ne puisse tirer avantage de la robotisation avec des activités nouvelles créées autour d'un savoir-faire et de services associés.»

La conférence organisée par la Chambre des salariés avait pour thème  "Robotisation et généralisation des algorithmes de demain: quelles menaces pour les emplois de demain?»
La conférence organisée par la Chambre des salariés avait pour thème "Robotisation et généralisation des algorithmes de demain: quelles menaces pour les emplois de demain?»
Photo: Gerry Huberty



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