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Le fonds souverain malaisien dans la tempête: Détournements en Suisse, rebondissements au Luxembourg
Wirtschaft 4 Min. 31.03.2016

Le fonds souverain malaisien dans la tempête: Détournements en Suisse, rebondissements au Luxembourg

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, est soupçonné d'avoir bénéficié de certains détournements de fonds

Le fonds souverain malaisien dans la tempête: Détournements en Suisse, rebondissements au Luxembourg

Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, est soupçonné d'avoir bénéficié de certains détournements de fonds
REUTERS
Wirtschaft 4 Min. 31.03.2016

Le fonds souverain malaisien dans la tempête: Détournements en Suisse, rebondissements au Luxembourg

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Le procureur d’Etat du Luxembourg a requis l’ouverture d’une information judiciaire contre X suite aux révélations sur les détournements de plus de quatre milliards au préjudice du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad.

(T. L.) Le procureur d’Etat auprès dutribunal d’arrondissement de Luxembourg a requis l’ouverture d’une information judiciaire contre X suite aux révélations sur les détournements allégués au préjudice du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB). La procédure pénale est menée pour blanchiment de fonds susceptibles d’émaner du détournement de deniers publics. 

L’instruction confiée à un juge d’instruction du tribunal d’arrondissement de Luxembourg fait suite à des indices concrets concernant le détournement de fonds issus de sociétés détenues par l’Etat malaisien, par le biais de différentes sociétés off-shore disposant de comptes à Singapour, en Suisse et au Luxembourg. 

Un seul volet en question au Luxembourg

Les faits allégués concernent notamment des sommes payées lors de l’émission de deux emprunts obligataires en mai et octobre 2012. Ce volet de l’affaire 1MDB est aussi mentionné dans un communiqué de presse du ministère public de la Confédération suisse du 20 janvier 2016. 

L’instruction vise notamment à retracer l’origine de quatre virements au cours de l’année 2012 et d’un virement en début de l’année 2013 pour un montant total de plusieurs centaines de millions de dollars, à destination d’une société off-shore disposant d’un compte auprès d’une banque de la Place. 

Parmi les banques suisses supposées avoir servi d’intermédiaires dans les autres volets de l'affaire en Suisse, figurent des noms comme BSI, RBS Coutts Zürich, JP Morgan Zürich, Falcon Private Bank, Banque privée Edmond de Rothschild Europe. 

Quatre milliards de dollars de détournements supposés

Selon le ministère public suisse, les détournements auraient porté sur des fonds que la Malaisie destinait à son développement économique et social, quatre volets entre 2009 et 2013 (les volets Petrosaudi, SRC, Genting/ Tanjong et ADMIC). Le montant des détournements systématiques et commis grâce à des techniques financières sophistiquées est d’environ 4 milliards de dollars.

Jusqu’à ce jour, l’enquête a permis d’établir qu’une petite partie des fonds a été déposée sur des comptes ouverts en Suisse par d’anciens agents publics malaisiens, ainsi que sur des comptes ouverts au nom d’anciens et d’actuels agents publics des Emirats Arabes Unis (EAU).

Le ministre de la Justice au secours du Premier ministre

La demande d'entraide de la justice suisse est intervenue trois jours après que le nouveau garde des sceaux malaisien, Mohamed Apandi Ali,  avait formellement disculpé le Premier ministre, Najib Razak, d’avoir empoché illégalement 681 millions de dollars. Selon lui, cette somme correspondrait à un «don de la famille royale saoudienne». Pourtant, note le journal suisse Le Temps, Riyad a indiqué n’avoir jamais eu vent des motifs de cette supposée transaction.

Le Premier ministre malaisien est en difficulté depuis l'été dernier, quand le Genevois Xavier Justo, un ex-dirigeant de PetroSaudi à Genève - qui purge une peine de prison de trois ans en Malaisie - a donné à une journaliste britannique, soeur de l'ancien Premier ministre Gordon Brown, le contenu des données qu'il a volées à son ancien employeur. L'équivalent de trois millions de mails expliquent comment des transactions douteuses ayant atterri sur les comptes personnels de l’homme fort de Kuala Lumpur depuis le fonds souverain 1MDB, endetté à hauteur de 11 milliards de dollars.

Les quatre sociétés impliquées

  • Soit 700 millions de dollars de 1MDB en 2009, transférés à la BSI (Singapour), pour le compte d'une société écran The Good Star, appartenant à Jho Low, à l’origine du partenariat entre le fonds souverain de Kuala Lumpur et PetroSaudi, groupe pétrolier cofondé en 2005 par le Saoudien Tarek Obaid, vivant à Genève, et détenu par le prince Turki Bin Abdullah.
  • Genting Group, conglomérat dans le jeu de hasard et l’industrie, est suspecté d’avoir mis à disposition des millions de dollars au premier ministre malaisien, en vue de financer sa réélection en 2013. 
  • Selon Le Temps,  "Tanjong est une entité contrôlée par le milliardaire malaisien Ananda Krishnan, qui est suspecté d’avoir surfacturé la vente d’usines électriques à 1MDB. La différence de prix aurait en partie fini chez Najib Razak."
  •  ADMIN (Abu Dhabi Malaysia Investment Co.) est une coentreprise entre 1MDB et Aaabar Investments PJS, détenue par le fonds souverain dubaïote. Son objectif est de développer un nouveau centre financier à Kuala Lumpur et son bénéficiaire n’est autre que le fameux milliardaire malaisien Jho Low.