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Lancement réussi pour GovSat 1: "L'innovation et le dynamisme, c'est l'image de notre pays!"
Il a fallu attendre 24 heures de plus que prévu mais le GovSat 1 vole vers son orbite

Lancement réussi pour GovSat 1: "L'innovation et le dynamisme, c'est l'image de notre pays!"

Photo: SIP
Il a fallu attendre 24 heures de plus que prévu mais le GovSat 1 vole vers son orbite
Wirtschaft 4 Min. 31.01.2018

Lancement réussi pour GovSat 1: "L'innovation et le dynamisme, c'est l'image de notre pays!"

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Premier à réagir, le grand-duc héritier Guillaume a évoqué la "pérennité" de la capacité du Luxembourg à se réinventer selon deux axes: l'innovation et le dynamisme. Trente ans après le lancement, en présence de son père le grand-duc Henri, du premier satellite luxembourgeois, l'image a du sens.

à Cap Canaveral, Thierry Labro

"Le lancement a été pour mon épouse et pour moi un moment privilégié, un moment plein d'émotion, comme pour tous les gens qui ont travaillé des années sur ce projet. C'est presque une tradition. Une tradition familiale, parce que dans les années 1980, mon père a assisté au lancement du premier satellite, un Astra, depuis Kourou. On peut parler de pérennité. La SES est un bijou de notre économie. Avec un partenaire américain très innovant et très dynamique, c'est l'image du Luxembourg que nous voulons défendre."

Au quatorzième étage du Grand Cypress Hyatt, où la délégation luxembourgeoise est descendue, le grand-duc héritier Guillaume est le premier à se féliciter du succès du lancement du satellite GovSat 1.

Sur la terrasse du batiment de la NASA, par une belle après-midi de janvier en Floride, la délégation a vécu un lancement sans accroc.
Sur la terrasse du batiment de la NASA, par une belle après-midi de janvier en Floride, la délégation a vécu un lancement sans accroc.
SIP / Charles Caratini

"Un moment qu'on ne vit pas tous les jours"

L'émotion, c'est aussi ce qu'invoque le Premier ministre, Xavier Bettel, qui rappelle au passage au côté de son vice-Premier ministre, ministre de l'Economie et ministre de la Défense qu'il porte lui aussi deux casquettes, celle de ministre des Communications. En cette année électorale, chaque détail compte.

"Avec ce projet, nous ouvrons un nouveau chapitre que nous écrivons. Dans les années 1980, avec la SES, nous avons commencé un chapitre sur la diversification de notre économie. On ne peut qu'être fier des résultats qu'on a obtenus avec SES. C'est un moment qu'on ne vit pas tous les jours! Ces quelques secondes. Ces quelques minutes jusqu'au moment où le satellite a été libéré sont très importantes pour nous."

Une première pour la Défense

"C'est la première fois qu'un investissement de la Défense peut rapporter de l'argent", s'est réjoui Etienne Schneider. Le ministre rêve lui aussi de dividendes qui un jour, se rapprocheraient des 40 millions d'euros que la SES paie chaque année. M. Schneider a placé ce projet au coeur des rénovations comme celle du Herrenberg ou de l'hôpital militaire.

Le directeur général de LuxGovSat pouvait souffler. Patrick Biewer, habitué au secteur, vivait son premier lancement avec ce niveau de responsabilité. "Dans quelques semaines, nous pourrons offrir ce nouveau service après trois ans de travail. C'est un énorme engagement, une stratégie à long terme." 

Dix à quinze pays, assure-t-il, ont déjà manifesté leur intérêt et attendent les premiers résultats du satellite avant de s'engager.

L'ESA, inerte

Cette bonne humeur, en l'absence du patron de la SES, Karim Michel Sabbagh, qui a quitté la délégation directement après la coupe de champagne dans le centre de la NASA, n'a même pas été gâchée par les critiques qui se font jour.

Celle de Déi Lenk qui redoute que le satellite soit utilisé pour piloter des drones de combat. Celles, de plus en plus nettes, d'Arianespace, directement ou par des voix amies, pour qui il devrait exister un patriotisme européen autour de ce genre de projet.

"L'Agence spatiale est très inflexible! Pour mettre tout le monde d'accord, il faut des années! Tout le monde part dans cent directions différentes, en fonction des intérêts nationaux", a commenté le ministre de la Défense.

Un sans-faute de Space X

De ce point de vue-là, Space X a fait un festival, mercredi après-midi. Non seulement le lanceur américain low-cost n'a dû sa survie, pris à la gorge par ses créanciers, qu'à un contrat avec la NASA, mais il lui loue pour vingt ans deux de ses pas de tir les plus réputés de l'histoire de la conquête spatiale. 

Et dans la base de Cap Canaveral, tout le monde loue la vista de l'emblématique patron de Tesla et Space X. Même si, depuis un mois, un énorme hangar a vu le jour, aux couleurs de Jeff Bezos, le patron d'Amazon, pour son projet Blue Origin.

Jour pour jour, cela faisait 60 ans hier que les Américains avaient lancé leur premier satellite, l'Explorer 1, du pas de tir 39. Si les Luxembourgeois ont dû se contenter du 40, c'est seulement qu'Elon Musk lancera son Falcon Heavy - trois fois plus gros que la fusée luxembourgeoise - pour la première fois mardi prochain. 

Silence de mort et attente interminable

A 16h25, tout à coup, le silence s'est fait. Un silence de mort. Un silence qui prive les journalistes et photographes, massés entre un lac et la baie de la Banana River, des clapotis des vagues et des commentaires de Space X diffusés sur deux enceintes posées là. 

Une énorme fumée blanche qui se diffuse horizontalement au sol. Un éclair qui monte lentement vers le ciel bleu azur à peine taché de quelques nuages blancs. Le Falcon 9 disparaitra derrière un nuage moins de deux minutes plus tard. 

La fusée échappe à l'oeil humain mais le stress reste palpable: il faut maintenant que la capsule libère le satellite. Trente minutes plus tard, la partie est gagnée.

Un signal. Et puis le satellite mettra quelques jours à rejoindre son orbite définitive. Après quelques tests, il pourra entrer en fonction. Et permettre au Luxembourg de ne plus avoir à louer des capacités mais de disposer des siennes. Payées au prix fort. 50 millions d'euros des deux partenaires, l'Etat et la SES, plus 125 millions d'euros, mais qui vont permettre d'engranger des nouveaux revenus. Mercredi, le vent était tombé, un nouveau vent s'est levé pour le Luxembourg.