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Jemmic veut rester libre
Jean-Pierre Schmit est à la fois le fondateur et le dirigeant d'une entreprise labellisée «Made in Luxembourg» qui compte bien voir son équipe grandir dans les prochains mois.

Jemmic veut rester libre

Lex Kleren
Jean-Pierre Schmit est à la fois le fondateur et le dirigeant d'une entreprise labellisée «Made in Luxembourg» qui compte bien voir son équipe grandir dans les prochains mois.
Wirtschaft 4 Min. 13.02.2019

Jemmic veut rester libre

Aude FORESTIER
Dix ans après sa création, la firme active en Suisse, pays où elle a bâti son succès, veut se développer et croître sur le marché luxembourgeois. Son but est d'avoir un produit qui aide ses clients à donner un coup d'accélérateur à leur digitalisation.

«J'ai la fibre entrepreneuriale dans le sang depuis toujours», s'exclame le Luxembourgeois Jean-Pierre Schmit. Il y a dix ans jour pour jour naissait son entreprise, la fintech Jemmic. Lorsqu'il travaillait dans une entreprise d'IT bancaire spécialisée dans le développement de logiciels en Suisse, «on m'a souvent qualifié d'intrapreneur». Un drôle de terme désignant simplement un collaborateur d'une firme ayant des talents et un esprit d'entrepreneur.

Le diplômé en master d'informatique de l'Ecole polytechnique de Lausanne et EMBA en management des entreprises de technologie à HEC Lausanne s'est demandé s'il était possible de monter sa société sans prendre appui sur une marque déjà existante. Et effectivement, Jemmic a démarré grâce à un premier client. «Le meilleur point de démarrage, c'est le client qui est prêt à croire en vous», continue le fondateur et PDG de la société. Ce premier client en question, il l'a trouvé «dans l'entreprise dans laquelle je travaillais. J'ai ramassé des miettes au début», continue-t-il. Ce qui peut être des «petites miettes» pour une grande entreprise est «très substantiel pour quelqu'un qui se lance».

Le premier contrat de Jemmic, et ce n'est pas une blague, a été signé le... 1er avril 2009! Il semble que le vendredi 13 février et le jour du poisson d'avril aient porté chance à l'entrepreneur. Contrairement à d'autres domaines, dans l'informatique, «on peut commencer avec un costume et un laptop», souligne Jean-Pierre Schmit. Les investissements peuvent être très faibles. Quand certains commencent leur aventure entrepreneuriale dans un petit bureau ou un garage comme Microsoft, Jemmic a fait ses premiers pas dans le grenier aménagé de Jean-Pierre Schmit. «On était très tassés, à la fin, on était douze», se souvient-il.

Toujours basée au Luxembourg

Depuis février 2018, l'équipe qui compte actuellement 14 personnes a pris ses quartiers dans l'ancien restaurant chinois «Jin Ling», situé au 12 rue de Hesperange à Itzig qui a été plusieurs années auparavant, le bistro du village. De cette époque, il reste encore un banc en bois sur lequel de nombreuses personnes du village ont dû s'asseoir. L'ancienne piste de danse a été reconvertie en «open space» à l'ambiance feutrée.

Bien qu'elle ait commencé son activité avec des clients helvètes, Jemmic a «toujours été basée au Luxembourg». Jean-Pierre Schmit la définit volontiers comme une entreprise qui aide les banques. Pour lui, c'est clair: «on ne veut pas faire de disruption dans le business, on est là pour soutenir, introduire de l'agilité dans les banques et les assurances».

Et ça marche, puisque 70 banques et entreprises d'assurance suisses utilisent leur produit appelé SecuChat, une sorte de «Messenger» pour la banque et la finance. Ce qui fait aussi, excusez du peu, un million d'utilisateurs. Le fondateur explique, qu'avec son produit, le client peut discuter avec son banquier et signer des documents électroniques. En ce qui concerne la signature électronique en Suisse, «on est partenaire avec Swisscom», l'opérateur téléphonique le plus important du pays. Au Luxembourg, «on est partenaire avec Luxtrust», pointe Jean-Pierre Schmit.

Un bon produit qui aide

D'après ce dernier, avec la messagerie instantanée, «on réintroduit l'humain dans les échanges électroniques». C'est en 2014 que la «jeune pousse» devient une PME. Mais pour franchir ce cap, elle a rempli les trois conditions: avoir une base de clients «plus diversifiée et grande», une équipe «redondante» (ayant des salariés capables de prendre la relève quand l'un d'entre eux est absent) et surtout avoir un revenu récurrent. Grâce à cela, «on commence à avoir de la visibilité et de la stabilité».

Justement, à propos d'argent, a-t-il été difficile pour Jemmic de se financer? Selon le CEO, la réponse est non. «On est 100 % autofinancés», dit-il. «Dans notre cas, c'est un choix entre une croissance lente ou prendre un financement extérieur. On a choisi le chemin de la croissance lente», soutient-il. Il affirme par ailleurs que «le Luxembourg fait beaucoup pour les entrepreneurs, si on compare avec d'autres pays».

Affirmant que le marché de développement et de croissance est bien celui du Grand-Duché, Jean-Pierre Schmit assure que son but est d'avoir un bon produit qui aide les clients à «accélérer leur digitalisation». Le PDG de l'entreprise dit avoir envie de commercialiser son application au niveau européen. «C'est une opportunité à prendre maintenant. La messagerie instantanée et la signature électronique, c'est très unique». A la question de savoir si le cap des 10 ans est difficile à franchir pour une fintech, le fondateur de la PME croit qu'il y a beaucoup d'entreprises de son domaine qui ne survivent pas les trois premières années. D'autres sont rachetées. Rares dans le milieu des fintechs sont celles qui disposent encore de leur autonomie comme Jemmic, la PME des fintechs vraiment atypique.


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