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Ikea en Belgique: Une occasion manquée pour le Luxembourg?
Ikea attire 70% de clients de la Grande Région. Une manne financière qui s'ajoute aux impots payés en Belgique et aux emplois

Ikea en Belgique: Une occasion manquée pour le Luxembourg?

Teddy Jaans
Ikea attire 70% de clients de la Grande Région. Une manne financière qui s'ajoute aux impots payés en Belgique et aux emplois
Wirtschaft 3 Min. 31.08.2015

Ikea en Belgique: Une occasion manquée pour le Luxembourg?

Dix ans après, la question demeure: en s'installant en Belgique, Ikea paie des impôts en Belgique, emploie plus de Belges et attire 70% de consommateurs de la Grande Région.

L'installation d'Ikea à deux pas du Luxembourg n'a jamais rien dû au hasard. Au contraire. Quand le géant suédois étudie ses possibilités de développement en Belgique et au Luxembourg, il comprend sans difficulté qu'une clientèle luxembourgeoise a un gros pouvoir d'achat et que la concurrence, dans le secteur de l'ameublement et de la décoration, n'est pas tellement féroce. 

Deux considérations l'empêchent pourtant de s'installer directement au Luxembourg, ce dont le premier «country manager», Staf Lenders, ne s'est jamais caché: la loi luxembourgeoise empêche des implantations de ce type de grande surface commerciale, loi à l'époque soutenue par les commerçants qui redoutent de perdre leur clientèle; et les terrains sont beaucoup trop chers pour qui cherche à implanter, comme ce sera le cas à Sterpenich, 26.500 m2 sur 18 hectares... 

La légende dit même que le choix de Sterpenich s'est fait en hélicoptère avec l'ambition que les couleurs du groupe aimantent les consommateurs... 

La Ville d'Arlon, qui a imaginé une zone commerciale dans son schéma de développement de l'espace rural en 1989, fait les yeux doux à tout projet qui lui permettrait de dynamiser son secteur, que ce soit pour l'Outlet de Messancy, pour l'Hydrion ou pour Ikea. 

Le bourgmestre de la ville belge, Guy Larcier, déroule le tapis rouge, avec la bénédiction de Jean Asselborn, alors bourgmestre de Steinfort, qui voit dans cette arrivée une possibilité de monter une zone de développement économique commune avec les Belges. Et surtout malgré la mobilisation de plus en plus forte des écologistes luxembourgeois, du Meco d'abord, du secrétaire d'Etat à l'Environnement, Eugène Berger ensuite ou même d'associations locales comme la Lokalinitiativ géinst eng Autobunn duerch oder launscht d'Gemeng Kéinzeg. 

Rien n'y fait. Ikea veut avoir un des premiers permis uniques, 172 jours et un interlocuteur unique, pour débloquer 37 millions d'euros d'investissements. Qu'il finit par obtenir le 8 septembre 2004, après l'avis favorable du comité socioéconomique fin juin et, plus tard, du Conseil d'Etat belge qui avait cinq recours à examiner. Les travaux démarrent le 15 octobre. 

Des idées très précises dès le départ 

Tout est déjà prévu. 1,3 million de visiteurs par an, soit exactement 7.000 par jour, hors week-end. L'Ikea de Metz perdra 4 millions de chiffre d'affaires par an. Et la clientèle sera entre 50 et 60% luxembourgeoise, 30 à 40% de Belges et le reste de Français et d'Allemands. 

Un mois après l'ouverture, le 24 août 2005, on peut s'apercevoir de la précision des prévisions suédoises: 180.000 visiteurs sont venus – surtout à cause de l'ouverture – dont 58% de Luxembourgeois, 32% de Belges et 9% de Français. Le chiffre d'affaires est amené aux deux tiers par les Luxembourgeois, à 26% par les Belges, à 12% par les Français et à 2% par les Allemands. Metz perdra de 20 à 25% de clientèle... Impressionnant, non? 

Pour le Luxembourg, les discussions changent un peu de nature. Pas de recettes fiscales. Pas d'emplois puisque les 280 premiers postes ont été occupés aux deux tiers par des Belges et par un tiers par des Français, dans la grande majorité des chômeurs. Le Luxembourg perd aussi de la consommation: ce que les Luxembourgeois vont dépenser chez Ikea n'est pas dépensé au Luxembourg. 

 Alors où voir un bénéfice dans le fait que le magasin soit en Belgique et pas au Luxembourg? Peut-être dans le lent déclin des zones commerciales. Le centre-ville d'Arlon se meurt: les retombées n'y sont pas du tout à la mesure de qui était espéré. Mais avec une autoroute qui apportait directement son lot de clients chez le Suédois, aucun besoin de passer par le centre-ville. Une maigre consolation. (T. L.)


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