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Fonds d'investissement: les priorités de Corinne Lamesch
Wirtschaft 14 Min. 24.09.2019

Fonds d'investissement: les priorités de Corinne Lamesch

Finance durable: Corinne Lamesch ne veut pas de réglementation trop rigide.

Fonds d'investissement: les priorités de Corinne Lamesch

Finance durable: Corinne Lamesch ne veut pas de réglementation trop rigide.
Steve Eastwood
Wirtschaft 14 Min. 24.09.2019

Fonds d'investissement: les priorités de Corinne Lamesch

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
La traditionnelle "ALFI Global Distribution Conference" s'ouvre aujourd'hui au Kirchberg. Corinne Lamesch,présidente de l'ALFI, doit s'attaquer à de nombreux chantiers dans un contexte économiquement tendu.

Elle est décrite comme une battante, avec une longue expérience dans l'industrie des fonds d'investissement. Corinne Lamesch, élue à la tête de l'ALFI en juin dernier, doit s'attaquer à de nombreux chantiers dans un contexte économiquement tendu. Parmi les dossiers qui l'attendent: l'avenir de l'épargne-retraite. 

Corinne Lamesch, vous avez succédé à Denise Voss à la tête de l'Association luxembourgeoise de l’industrie des fonds d'investissement, quelles vont être vos priorités?

D'abord, nous allons assurer la continuité des travaux entamés par la présidence antérieure et notamment ceux définis dans le papier stratégique pour 2020. Ensuite nous allons définir, ensemble avec nos organes, un plan stratégique à l'horizon 2025. Entre temps, nous avons d'ores et déjà retenu trois priorités principales, qui sont la finance durable, les fonds alternatifs et l'épargne retraite avec en particulier le nouveau PEPP, le «produit paneuropéen d'épargne-retraite individuelle». Nous allons par ailleurs continuer à suivre les grands dossiers à l'agenda, notamment le volet réglementaire et la digitalisation dans le secteur financier tout en continuant à nous pencher sur l'éducation financière.

Les ménages ont placé beaucoup d'argent dans des produits d'épargne qui rapportent très peu actuellement. Investir dans des produits tel que le PEPP – qui est aussi un produit transfrontalier – va vraiment aider à canaliser l'épargne pour le futur.

Pourquoi le plan paneuropéen d'épargne retraite est-il si important à vos yeux?

Les ménages européens doivent assumer de plus en plus une responsabilité dans leur propre sécurité financière et dans l'épargne à long terme y compris pour la retraite. En même temps, si l'économie européenne doit être renforcée, la mobilité des travailleurs doit aussi être facilitée. Il y a pour l'instant une fragmentation entre les marchés nationaux et la portabilité limitée des produits de retraite individuelle; cela n'est pas idéal pour le développement des produits d'épargne actuels. 

Le PEPP, lui, sera lié à l'individu et non pas à la relation de l'emploi. Grâce au projet européen, notre industrie pourra proposer des fonds de pension aux investisseurs européens. Nous pensons que le Luxembourg avec son expertise de longue date dans la distribution transfrontalière de produits d'investissement de détail est un centre idéal pour les prestataires et les fournisseurs de PEPP. Les ménages ont placé beaucoup d'argent dans des produits d'épargne qui rapportent très peu actuellement. Investir dans des produits tel que le PEPP – qui est aussi un produit transfrontalier – va vraiment aider à canaliser l'épargne pour le futur.

Quand verra-t-on les premiers fonds d'investissement luxembourgeois dans ce domaine?

Hélas, cela va encore durer quelque temps parce que, pour l'instant, la législation n'est pas encore en place. Personnellement, je vois ce mouvement un peu comme la naissance de l'OPVCM. Cela a pris beaucoup d'années avant de devenir un produit phare distribué dans le monde entier. Il a aussi été remanié à plusieurs reprises avant qu'il ne devienne le produit que nous connaissons aujourd'hui. Il faudra donc un certain temps d'implémentation et de test pour le plan paneuropéen d'épargne retraite. Il sera aussi important de développer un écosystème autour des nouveaux produits.

Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour l'ALFI et la l'industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement?

Il faudra sans doute inventer quelque chose de nouveau autour de ce produit, proposer de nouveaux services pour assurer non seulement la gestion des fonds mais aussi l'administration autour de ces nouveaux produits.

Steve Eastwood

En matière de finance durable, qu'est-ce que l'industrie luxembourgeoise des fonds peut proposer en plus des produits existants?

La finance durable est très certainement un domaine d'avenir et l'ALFI a déjà été un pionnière dans ce secteur. Cela fait déjà quelques années que l'ALFI promeut les opportunités dans la finance durable pour les gestionnaires de fonds. Maintenant, il faut que les choses s'accélèrent. Prenons la lutte contre le changement climatique par exemple, c'est devenue une priorité absolue dans le monde entier, pour nos gouvernements, pour l'ensemble des politiques, pour la Commission européenne. Il est temps de passer à la vitesse supérieure.

2019 et 2020 seront des années charnières pour la finance durable à cause de cette pression qui vient de tous les côtés.

En 2020, les travaux sur la réglementation relative à la finance durable devront aboutir. La Commission européenne a publié un paquet de mesures législatives et élaboré un plan d'action pour la finance durable; l'ALFI soutient ces initiatives et nous sommes actuellement en train d'analyser toutes ces propositions afin de nous assurer qu'elles restent flexibles et adaptées au marché. Ce que nous ne souhaitons pas, c'est que ces réglementations deviennent trop figées. La finance durable est un domaine en constante évolution, il est important que le cadre ne soit pas trop rigide. C'est donc un secteur d'activité qui va certainement faire partie de notre plan stratégique 2025. C'est aussi un domaine très important pour nos citoyens. En plus d'un rendement financier, les investisseurs attendent de leur placement un impact social ou environnemental. Il est donc très essentiel que notre industrie offre des produits adaptés à cette demande.


Corinne Lamesch succède à Denise Voss.
Corinne Lamesch, nouvelle présidente de l'Alfi
Elle succède à Denise Voss à la tête de l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement.

Avez-vous un objectif chiffré clair pour ce secteur?

La Commission de surveillance du secteur financier a évoqué récemment un objectif de 10 % de fonds durables sur les 4.400 milliards d'actifs sous gestion au Luxembourg. L'Alfi, de son côté, n'a pas chiffré ses ambitions. Notre objectif, pour l'instant, est de faire en sorte que la place luxembourgeoise soit reconnue comme domicile de référence pour lancer de tels fonds d'investissement.

La place luxembourgeoise n'est-elle pas déjà assez reconnue dans ce domaine?

Si, elle l'est déjà. Actuellement 39 % des actifs sous gestion dans les fonds d'investissement responsables en Europe sont basés au Luxembourg. Ce chiffre parle de lui même. Maintenant, il faut que la place luxembourgeoise reste un leader et un domicile de référence dans ce domaine. Pour y arriver, il est important que le cadre juridique soit flexible et que tous les acteurs du secteur agissent dans la même direction, afin notamment d'attirer les promoteurs au Luxembourg pour y baser leurs produits.

Les incitations financières prévues par le gouvernement pour les fonds durables vont-elles booster ce secteur dans le futur?

Je ne crois pas que c'est la fiscalité qui va booster ce domaine; c'est un secteur qui se trouve en pleine effervescence avec de nombreux investisseurs qui sollicitent de tels produits. C'est d'ailleurs aussi le souhait des politiciens de faire avancer la finance durable au Luxembourg. Actuellement nous avons la chance d'avoir tout un écosystème derrière ce projet-là et le fait que tout le monde soit sur la même longueur d'onde constitue un réel avantage. 2019 et 2020 seront des années charnières pour la finance durable à cause de cette pression qui vient de tous les côtés. L'Union européenne aussi a la ferme intention de devenir le leader dans ce domaine. Le Luxembourg est très bien placé au coeur de l'Europe pour promouvoir le plan d'action de la Commission européenne. Cela dit, le fait d'avoir un cadre fiscal adéquat pour les fonds durables est aussi un élément non négligeable.

Que pensez-vous des propositions de taxonomie faites par la Commission européenne dans ce contexte? N'y a-t-il pas un risque que le Luxembourg se fonde dans le moule vert?

Le but de la taxonomie, c'est d'éviter le greenwashing et d'établir des définitions claires pour que les investisseurs qui souhaitent acheter un fonds durable ne soient pas trompés. Maintenant, si on regarde le projet de la taxonomie européenne de plus près, on constate que sur les différents éléments du secteur ESG, seul le volet environnemental a été analysé. Et à l'intérieur de ce volet, seuls quelques critères des industries pouvant être définies comme durables ont été pris en considération. Le travail est donc loin d'être terminé. 

Si nous attendons que le projet soit complètement terminé pour lancer des fonds durables, je crois que nous risquons de perdre l'élan que nous avons acquis. C'est pour cela que nous sommes en train de regarder, avec l'ensemble de nos membres, quels fonds nous pouvons d'ores et déjà mettre sur le marché, même si ceux-ci ne sont pas encore conformes à la taxonomie européenne. L'idée est d'anticiper les besoins au lieu d'attendre que toutes les mesures et tous les aspects soient réglementés jusqu'au dernier détail. C'est d'ailleurs déjà ce que font beaucoup de gestionnaires de fonds, ils sont en train de lancer de nouveaux produits, d'inclure les risques sur la durabilité dans leurs processus d'investissement. L'idée est de garder une longueur d'avance et de capitaliser sur les atouts existants.


A retired couple take a stroll in Enghien-les-Bains, north of Paris, August 26, 2013. France's government, which has been meeting with labour union heads about retirement issues, neared a deal with trade unions on Monday to overhaul the pension system via a slight lengthening of working lives, union chiefs said, as Europe's number two economy sought to bring a spiralling deficit under control. REUTERS/Christian Hartmann (FRANCE - Tags: POLITICS BUSINESS EMPLOYMENT SOCIETY)
Un plan européen pour ma pension
Lors de l'«ALFI European Asset Management conference», le rendez-vous traditionnel de l'ALFI dédié aux gestionnaires d'actifs qui se déroule mardi et mercredi, le produit paneuropéen d'épargne-retraite individuelle (PEPP) a été évoqué.

Pourquoi les fonds alternatifs figurent-ils sur votre liste de priorités?

Pour deux raisons principales. D'abord, les fonds alternatifs constituent un excellent moyen pour financer l'économie réelle, les starts up, les PME, les projets d'infrastructures; c'est un moyen de financer des secteurs qui n'ont pas nécessairement accès au financement. En aidant ces secteurs, on crée des emplois et on stimule la croissance dans l'Union européenne.

Ensuite, c'est le segment au Luxembourg qui se développe le plus rapidement, que ce soit dans le domaine du private equity, des fonds immobiliers, des fonds de dettes et des fonds alternatifs d'infrastructures. C'est un secteur qui est en pleine croissance, comme le montrent nos enquêtes régulièrement. Les fonds capital-risque, par exemple, ont augmenté de 17 % en 2018 par rapport à 2017. Les fonds de créance ont progressé d'un quart.

 C'est, enfin, aussi un secteur dans lequel la boîte à outils a été constamment ajustée. C'est pour cela que nous allons nous focaliser sur les fonds alternatifs et et tenter de promouvoir encore davantage ce secteur à l'étranger.

Parmi toutes ces priorités, quel thème vous tient plus particulièrement à coeur?

Ce qui me tient vraiment à coeur, c'est de montrer le rôle de l'industrie des fonds d'investissement dans notre société. Les citoyens européens doivent aujourd'hui assumer plus de responsabilité pour leur sécurité financière et leur épargne à long terme. Mis à part proposer des produits adaptés, nous avons aussi un rôle à jouer dans l’éducation financière des investisseurs. Les ménages ont besoin de de prendre les bonnes décisions financières, qu'ils sachent dans quoi ils peuvent investir et quels sont les risques liés à ces investissements. C'est un rôle que je souhaite mettre davantage en avant durant mon mandat.

Comment comptez-vous procéder?

Principalement en changeant de discours: au lieu de répéter que notre industrie a plus de 4.400 milliards d'euros d'actifs sous gestion, nous dirons que nous avons aidé autant de ménages à avoir un produit d'épargne leur permettant de bien investir.

Un autre point à souligner est que nous avons déjà créé une plateforme web avec des vidéos éducatives sur les fonds d'investissement. Nous faisons également partie du groupe de travail de la CSSF qui a pour mandat d'élaborer une stratégie nationale à ce sujet. De plus, nous participons au groupe de travail de l'Efama qui se focalise sur l'éducation financière. Mais malgré les progrès encourageants qui ont été réalisés, j'estime qu’il y a encore du travail à faire. Il faut que nous définissions des points d'action concrets sur ce sujet. Il faudra sans doute aussi travailler plus étroitement avec les gestionnaires d'actifs qui reconnaissent également l'importance de ce thème et mettent eux-mêmes en place des projets. Le but est aussi d'enlever aux citoyens cette peur d'investir, une appréhension qui n'a pas lieu d'être.


15.11.06 Wirtschaftsbeilage, illustration, Wirtschaft, Boerse, Geld, Handelsraum fortis Luxemburg, photo: Marc Wilwert
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Autre sujet qui vous tient à coeur, la diversité...

Pour moi, le thème de la diversité ne se limite pas au seul équilibre homme-femme; c'est un travail de longue haleine qu'il faut mener à tous les niveaux. Si nous voulons avoir une industrie innovante et leader sur le marché, il faut soutenir la diversité dans notre industrie.

Cela n'est pas encore le cas?

Il y a des points positifs en ce qui concerne l'écosystème et la diversité des nationalités dans notre secteur. Mais d'autres questions se posent, comme celle par exemple de savoir si nous attirons assez d'experts dans le domaine technologique. Si nous voulons continuer à être innovants, notamment dans le domaine digital, nous devons faire des efforts.

Bien sûr, l'équilibre homme-femme me tient également à coeur et il faut continuer à améliorer la présence des femmes dans les conseils d'administration. L'Alfi pour l'instant n'a pas mis en place de programme coordonné pour ses membres sur ce sujet, mais je pense que nous pourrions le faire. Nous pourrions par exemple élaborer ensemble avec nos membres des bonnes pratiques pour l'industrie des fonds.

Êtes-vous personnellement en faveur des quotas pour les femmes?

Non, ce n'est pas quelque chose que je soutiens et je ne pense pas non plus que ce soit quelque chose que les femmes souhaitent elles-mêmes. Ce qui est important, c'est d'avoir des objectifs. Chaque société devrait se fixer des objectifs par rapport à la diversité en fonction de ses départements et de ses métiers.

Dans tous les domaines, les profils technologiques sont aussi très recherchés. Si nous voulons être des leaders dans la finance digitale ou la fintech, le Luxembourg devrait faire plus d'efforts pour attirer ces profils-là.

Le Luxembourg est confronté à une pénurie de talents dans de nombreux secteurs, qu'en est-il de votre industrie?

De manière générale, je ne dirais pas qu'il y a une pénurie, mais je parlerais plutôt d’un marché très compétitif. C'est donc un sujet qu'il faut suivre de près. Il existe une forte demande de main d'oeuvre dans les secteurs de la gestion des risques, dans la «compliance» ainsi qu'au niveau des professionnels de la gestion. Dans tous les domaines, les profils technologiques sont aussi très recherchés. Si nous voulons être des leaders dans la finance digitale ou la fintech, le Luxembourg devrait faire plus d'efforts pour attirer ces profils-là.

Brexit avec ou sans accord, votre industrie est bien préparée...

Oui, nous sommes bien préparés à toutes les éventualités, y compris une sortie sans accord. Même ceux qui n'étaient pas encore prêts jusqu'à maintenant ont pu bénéficier d'une période transitoire jusqu'au 15 septembre. Nous croyons que l'essentiel de la préparation s'est fait pour le mois de mars. Maintenant, il faut voir s'il n'y a pas de nouvelles problématiques concernant le Brexit, des questions que nous n'aurions pas identifiées auparavant. Nous croyons cependant que les principaux problèmes comme la délégation ont été identifiés très tôt. La grande inconnue est de savoir ce qui se passera quand la période transitoire sur certains mécanismes viendra à échéance.

Après avoir progressé pendant plusieurs années consécutives, les actifs sous gestion ont baissé en 2018 pour la première fois depuis 2011. Comment se profile l'année 2019 dans votre secteur?

Notre industrie a eu des difficultés notamment sur le dernier trimestre de 2018 mais la croissance a repris et à présent les actifs sous gestion sont en augmentation. Il est difficile de faire des prévisions pour l'ensemble de l'année parce que les marchés se trouvent toujours dans un contexte de volatilité car la Place luxembourgeoise en dépend également. Nous restons confiants que le Luxembourg saura faire valoir ses atouts même dans une période de volatilité.  


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