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Fonds d'investissement: La distribution des fonds est "à un tournant"
José-Benjamin Longrée: "Beaucoup de fonds seront à l'avenir distribués à travers des médias sociaux ou des plate-formes moins courantes".

Fonds d'investissement: La distribution des fonds est "à un tournant"

Photo: Lex Kleren
José-Benjamin Longrée: "Beaucoup de fonds seront à l'avenir distribués à travers des médias sociaux ou des plate-formes moins courantes".
Wirtschaft 6 Min. 20.09.2016

Fonds d'investissement: La distribution des fonds est "à un tournant"

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Le métier de la distribution est «à un tournant» et beaucoup de fonds seront à l'avenir distribués à travers des plate-formes moins courantes, estime José-Benjamin Longrée, associé et Global Fund Distribution Leader chez PwC Luxembourg.

(ndp) - Le métier de la distribution est «à un tournant» et beaucoup de fonds seront à l'avenir distribués à travers des plate-formes moins courantes, estime José-Benjamin Longrée, associé et Global Fund Distribution Leader chez PwC Luxembourg.

«On ne parle plus aujourd'hui de distribution comme il y a dix ans, en raison de la maturité des métiers de la gestion d’actifs. Nous sommes déjà dans une phase de transformation», précise-t-il. Un gestionnaire qui va proposer du global equity ou des obligations va se retrouver face à un marché mûr et devra réfléchir à la manière de gérer son réseau de distribution. Fait-il partie d'un réseau captif ou pas? Quelles sont les plate-formes classiques ou alternatives qu'il peut utiliser? Dans un tel environnement, «beaucoup de fonds seront à l'avenir distribués à travers des médias sociaux ou des plate-formes moins courantes. C'est l'effet de la maturité sur le métier de la distribution ».

Les fonds d'investissement alternatifs ne sont plus seulement considérés comme des produits d'investissement, mais aussi comme des produits de distribution qu'on peut placer auprès d'investisseurs professionnels."

Alors quid des plate-formes de distribution industrielles? Jusqu'ici les gestionnaires d'actifs n'avaient que les UCITS comme produits de distribution. Or, maintenant, «les fonds d'investissement alternatifs ne sont plus seulement considérés comme des produits d'investissement, mais aussi comme des produits de distribution qu'on peut placer auprès d'investisseurs professionnels», explique José-Benjamin Longrée. Les investisseurs indépendants vont donc essayer de passer par le bon partenariat stratégique, le bon canal de distribution ou les bons assureurs «en fonction de leur ADN». «Il n'y a pas de recette applicable à tous les gestionnaires d’actifs. Ceux-ci ont des profils différents et vont toucher des publics de distribution différents en fonction de leurs propres stratégies ».

Les Fintech vont-elles changer les règles du jeu?

L'autre question qui se pose est de savoir si les Fintech vont changer les règles du jeu dans la distribution des fonds. «Il faut voir comment la réglementation va s'adapter à ces nouvelles technologies, tout comme il faut être attentif à la désintermédiation en cours. Est-ce qu'on va avoir des intermédiaires en moins? Est-ce que cela va rapprocher les gestionnaires de leur clientèle? Va-t-on vers la création de départements communication ou médias sociaux pour se rapprocher des investisseurs? Toutes ces questions vont certainement jouer un rôle dans les mois qui viennent. Il va falloir être attentif à tous ces changements», estime José-Benjamin Longrée.

Les sociétés fintech peuvent avoir de bonnes solutions pour accompagner le mouvement de désintermédiation, collecter des données chez les investisseurs, utiliser les big data et permettre aux gestionnaires d’actifs d'être plus proches de leurs investisseurs".

Plutôt qu'un débat purement Fintech, l'associé de PwC voit plutôt une discussion sur «comment on distribue les fonds, qui peut les distribuer et dans quel contexte». «Il faut aussi débattre de la désintermédiation avec les effets de MiFID sur la distribution». Et sur ce point, effectivement, «les sociétés fintech peuvent avoir de bonnes solutions pour accompagner le mouvement de désintermédiation, collecter des données chez les investisseurs, utiliser les big data et permettre aux gestionnaires d’actifs d'être plus proches de leurs investisseurs».

Dans le même temps, les plateformes de distribution régionales et mondiales continuent d'évoluer lentement mais sûrement. L'Asie demeure une zone d’intérêt en matière d'entrée d'actifs. De nombreuses initiatives y ont vu le jour, comme l' «Asian collective investment scheme » entre la Thaïlande, la Malaisie et Singapour, le «Traité de reconnaissance mutuelle des fonds» entre la Chine et Hongkong et l' «Asian region funds passport» qui facilite l'offre transfrontalière dans six pays de la région. «On est un peu moins loin dans la maturité produit comparé aux UCITS et AIF. Les produits sont moins sophistiqués mais les gestionnaires vont pouvoir les vendre dans des zones qui, pour le moment, ne sont pas atteintes par les UCITS, comme la Thaïlande ou la Malaisie. Dans certains cas, on peut imaginer qu'il y aura une croissance raisonnable et soutenable».

Une détente mondiale

En Amérique latine, on s'attend tôt ou tard à ce que le Brésil et d'autres pays s'ouvrent. Des initiatives à l'intérieur de pays ou entre certains pays d'Amérique latine visent à ouvrir ces marchés à des investissements dans des fonds étrangers. «Il faut voir si cela fonctionne ou pas». Dans cette perspective, «il est important que le Luxembourg continue à avoir des discussions avec ces pays afin d'être aux premières loges quand ces marchés s'ouvriront».

S'agissant des Etats-Unis, «de plus en plus de promoteurs nous demandent s'il est possible de distribuer des UCITS sur ce marché. Cela n'a jamais été fait de manière intensive, mais il existe aujourd'hui des possibilités  à condition que l’on utilise les bonnes clauses, que l’on soit très attentif à la compliance », explique José-Benjamin Longrée.

D'une manière générale, on constate une certaine détente mondiale au niveau des silos qui existaient auparavant. Une ouverture qui s'explique par la maturité du marché. «Nous disposons d'un parcours suffisamment long sur toute une série de fonds et de réglementations dans l'ensemble des pays européens et même asiatiques». Cette maturité globale, qui trouve son origine en Europe avec la première implémentation de 
la directive UCITS en 1988, se répand aujourd'hui à travers le monde. Un certain nombre de pays créent des formules locales, d'autres travaillent uniquement avec des fonds étrangers. «On constate finalement une certaine dédiabolisation, démystification du fonds d'investissement. L'activité connaît une phase de maturité au 
niveau mondial et cela bénéficie à tout le monde.»

En termes de distribution, il n'y aura pas de changement fondamental pour les fonds européens à court terme".

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En termes de distribution, «il n'y aura pas de changement fondamental pour les fonds européens à court terme», estime José-Benjamin Longrée. «On peut distribuer des fonds sans aucun problème en Suisse, je ne vois donc pas pourquoi tous les fonds luxembourgeois ou irlandais seraient tout d'un coup bannis du Royaume-Uni. Ce sera peut-être un peu plus compliqué, il y aura sans doute des formalités complémentaires, mais on va certainement pouvoir continuer à distribuer des fonds européens au Royaume-Uni. »

La question qui se pose est bien celle de la localisation des sociétés de gestion britanniques. Sur cette question, «il est beaucoup trop tôt pour se prononcer». Les gouvernements ou les institutions européennes concernées se prononceront tôt ou tard sur la question de savoir si une société de gestion pourra encore être localisée avec la substance au Royaume-Uni ou bien si elle devra l'être en Europe. « Mais je ne pense vraiment pas que c'est un problème majeur. Beaucoup de gestionnaires britanniques ont déjà une société à Luxembourg ou même à Dublin. D'autres créeront une société de gestion avec de la substance à Luxembourg et délégueront leur gestion à Londres».

Quelles que soient les décisions prises en la matière, «le Luxembourg reste un centre extrêmement fiable pour toutes les opérations nationales ou transfrontalières qui auront lieu dans l'Union européenne dans les années qui viennent. Il n'y a aucun lieu de s'inquiéter pour les clients qui ont une activité à Luxembourg ».


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