FinTech: Le LHoFT accueille déjà une star
 Carlo Thelen, Pierre Gramegna et Nasir Zubairi coupent le ruban

FinTech: Le LHoFT accueille déjà une star

Anouk Antony
Carlo Thelen, Pierre Gramegna et Nasir Zubairi coupent le ruban
Wirtschaft 8 1 5 Min.25.04.2017

FinTech: Le LHoFT accueille déjà une star

Thierry Labro
Thierry Labro

Le Luxembourg House of FinTech a ouvert ses portes lundi soir en présence du ministre des Finances, Pierre Gramegna. Parmi ses quatre premiers occupants, la Britannique Humaniq pourrait valoir un joli coup de pub à ce lieu d'échanges tourné vers l'avenir de la finance.

par Thierry Labro

«Alex Fork» a manqué l'inauguration officielle du Luxembourg House of FinTech (LHoFT). Le fondateur d'Humaniq, projet né au Luxembourg en 2012 sous un autre nom, est très occupé: il y a une semaine, sa société a été admise dans Rise, l'incubateur de start-ups de Barclays à Londres, et il a levé l'équivalent de trois millions d'euros pour poursuivre son développement. 

Aleksei Vasilev – son véritable nom – est en passe de réussir son pari, offrir des services bancaires aux deux milliards de personnes sur Terre qui n'ont pas de compte bancaire et qui, souvent, n'ont pas non plus de papiers d'identité. 

Pour contourner ce double handicap, le Russe a mixé des technologies de blockchain et de reconnaissance faciale pour dessiner une application pour téléphone portable qui permettra d'aller dans les contrées les plus reculées. Et d'offrir un produit révolutionnaire à ceux qui paient déjà avec leur empreinte digitale.

Centrée sur le développement humain – objectif louable en termes de «nation branding» – Humaniq est exactement dans la cible de la LHoFT: détecter des technologies à forte valeur ajoutée qui pourraient aider les acteurs plus traditionnels de la place financière à devenir les banquiers ou les gestionnaires de fonds du futur. 

La rue Glesener 
est toujours d'actualité 

«Il serait illusoire de croire que nous pourrions rivaliser avec les incubateurs de FinTech comme ceux de New York, de la Silicon Valley, épicentre mondial de l'innovation, ou de Londres», explique le directeur de Luxembourg for Finance, Nicolas Mackel, qui a beaucoup œuvré au projet voulu par le ministre des Finances. 

«Il ne s'agit pas d'attirer autant de start-ups que possible, même si tous ceux qui veulent venir sont les bienvenus, mais de créer un cadre d'entrepreunariat qui permette à l'industrie financière de gérer la transition.»  

Le calcul du gouvernement est limpide: la technologie va bouleverser l'industrie des fonds. Ce qui nécessite aujourd'hui de gros moyens humains se fera demain quasiment sans intervention humaine. 

Si le Luxembourg, deuxième place mondiale de gestion des fonds, attend que cela arrive, de nombreux acteurs pourraient aller voir ailleurs avec toutes les conséquences que cela peut avoir en cascade. 

Autant les aider à accompagner le changement. L'idée sous-jacente est que le personnel, présent et formé, pourrait être utilisé pour offrir des services à plus haute valeur ajoutée aux clients. 

La LHoFT a donc investi un étage de la House of Entrepreneurship, avant de mettre le cap sur les locaux de l'ancien commissariat, près de la gare, dans la rue Glesener. L'idée, lancée il y a un an, lors du discours sur l'état de la Nation, est toujours d'actualité, a indiqué un ministre des Finances de très bonne humeur, hier soir. 

Le déménagement, dans un premier temps envisagé l'automne prochain, aura plutôt lieu au début de l'année prochaine. 

Quant à l'idée d'attendre un peu plus longtemps et d'installer la LHoFT dans les 
locaux qui vont être aménagés dans les anciens abattoirs de Hollerich, elle semble avoir été abandonnée. 

Dix bureaux, de la couleur 
et bientôt de la vie 

Sur le petit podium noir installé pour l'occasion, devant un parterre de toute la communauté des technologies financières, Pierre Gramegna s'est offert une petite pique à destination des Britanniques du L39 – comme le nom de l'étage où cet incubateur de start-ups est hébergé. 

«Après le soft launch à la Chambre de commerce à l'automne, nous sommes réunis pour le soft landing [l'atterrissage en douceur, ndla] ce qu'on peut faire ici parce qu'on a les pieds sur Terre. Nous voulons traduire les bonnes idées dans des innovations ou de nouveaux services et produits.» 

Le ministre s'est félicité à la fois du choix de Nasir Zubairi pour diriger cette structure, sorte de marmite ou doivent bouillir les idées, de la structure, une fondation «qui est la plus prestigieuse et dont l'idée n'est pas de faire du profit mais de nourrir les idées pour qu'elles puissent croître» et la réunion de ce nouveau partenariat public-privé à deux millions d'euros pour la première année, qu'ont accepté de financer une dizaine d'acteurs majeurs, BGL BNP Paribas, Clearstream (Deutsche Börse Group), BCEE, Deloitte Digital, Foyer Group, KPMG, POST, Six Payment Services, PwC, Société Générale, Temenos et Telindus (Proximus Group). 

Le Brexit est une opportunité 

Cette maison des technologies financières comporte une petite salle d'attente avec une exposition d'art tournante, un bureau pour le management, une salle de rencontre et de vie, une sorte de salle de coworking et dix bureaux, dimensionnés pour quatre à six personnes maximum. 

Quatre des dix sociétés sont déjà connues et les autres font l'objet d'un processus de sélection. «Nous avons reçu une cinquantaine de dossiers», a dit le directeur de la LHoFT, Nasir Zubairi. «Le Brexit est une opportunité. Non seulement de repli vers l'Europe mais de manière stratégique: une société qui se développe aux Etats-Unis, en Chine, à Hong Kong ou en Israël ne peut plus considérer automatiquement Londres comme la destination. Le Luxembourg est dans une position idéale et les portes de la LHoFT seront toujours ouvertes aux fintech enthousiastes.»

Influenceur très connu dans ce secteur d'activité, le Britannique a approché huit centres comme celui qui ouvre à Luxembourg. Il sait de quoi il parle.

Pour aller plus loin

Le post où Humaniq raconte sa visite au Luxembourg il y a trois semaines.


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