Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Entrepreneur de l'année: "La première qualité d'un entrepreneur, c’est la persévérance"
Wirtschaft 5 Min. 10.06.2016

Entrepreneur de l'année: "La première qualité d'un entrepreneur, c’est la persévérance"

Nicolas Buck, président de la Fedil (à gauche), et Yves Even, associé chez EY (à droite), partagent la même volonté de soutenir l'esprit entreprenarial au Luxembourg.

Entrepreneur de l'année: "La première qualité d'un entrepreneur, c’est la persévérance"

Nicolas Buck, président de la Fedil (à gauche), et Yves Even, associé chez EY (à droite), partagent la même volonté de soutenir l'esprit entreprenarial au Luxembourg.
Lex Kleren
Wirtschaft 5 Min. 10.06.2016

Entrepreneur de l'année: "La première qualité d'un entrepreneur, c’est la persévérance"

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Luxembourg cherche son entrepreneur de l'année. Le concours organisé par EY a pour ambition de mettre en avant les plus belles réussites entrepreneuriales du pays. Le vainqueur ira au concours mondial à Monaco.

M. Buck, vous avez été le premier lauréat du prix de l’entrepreneur de l’année en 2004. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Nicolas Buck : C'est une reconnaissance pour toute l’entreprise. A l’époque nous avions une cinquantaine de salariés. Ça a été une grande satisfaction pour toute l'équipe. Les gens aiment travailler pour une société qui se développe. Ensuite, ça a aussi un impact au niveau de la clientèle. Nous étions encore une start-up à ce moment-là. Les clients aiment être associés à une « success story » entrepreneuriale. Ils se disent : « quelque part j'ai contribué à cette histoire. J'ai cru à ces gens-là, le prix montre que j'ai fait le bon choix ».

En ce qui me concerne, c'est clair que ça m’a fait plaisir. Il faut savoir que je ne m'y attendais pas du tout. J’avais vu une affiche sur le concours dans l’aéroport et j’avais demandé à EY  (qui organise le concours) si on pouvait faire la candidature à deux, avec Renaud [Jamar, ndlr] mais ça devait être une seule personne.

Quel est votre meilleur souvenir de la période qui a suivi ?

Nicolas Buck : C'est le concours mondial à Monaco. Il fait beau, toute la ville est aux couleurs de l'Entrepreneur de l'année. Ça fait onze ans que ce moment est passé et je me rappelle de beaucoup de bons moments. C'est vraiment la coupe du monde des entrepreneurs. Bien sûr, ce serait un exploit qu'un Luxembourgeois gagne une fois ce concours mais y participer est excessivement motivant.

Est-ce que le fait d’être un ancien lauréat modifie votre façon de présider le jury ?

Nicolas Buck : Je ne pense pas. In fine je ne suis pas en train de juger mon parcours ou le parcours des entrepreneurs qui sont candidats. Mais ce qui est intéressant c'est qu'en tant qu'entrepreneur j'ai une aptitude à mieux comprendre, cerner l'accomplissement. L’entreprenariat est un parcours difficile surtout si vous partez de nulle part ce qui n’était pas le cas pour moi.

Ce type d’entrepreneur ne se retrouve pas forcément au Luxembourg. La prépondérance de la place financière et de la fonction publique nationale et européenne n’est peut-être pas le cadre idéal ?

Nicolas Buck : Il ne faut surtout pas opposer les secteurs. Dans un pays qui grandit à une vitesse grand V, nous avons besoin d'une fonction publique qui se développe. Pour avoir un écosystème entrepreneurial efficace, nous avons besoin d'une administration efficace. Nous avons besoin que le pays soit sécurisé, tant au niveau physique que digital. Maintenant, il est vrai que statistiquement nous avons beaucoup moins d'entrepreneurs que des pays comme le Canada, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Mais nous n'en avons pas moins qu’en Europe de l'Est, en Allemagne ou en France. Pourquoi ? Parce que ce sont surtout dans les moments de crises que les gens se lancent dans l’entreprenariat.

La place financière par exemple est source d’opportunité pour entreprendre. Sur les 25000 employés de la place de plus en plus vont à un moment choisir de créer une startup qui répondra à un besoin qu’ils connaissent sur le bout des doigts. Ce mouvement est encore embryonnaire à ce stade mais il prend de l’ampleur. Les frais de démarrage diminuent grâce à la technologie et la possibilité de développer des apps dans le monde entier.

Yves Even : L’enjeu pour le pays, c’est de créer l'écosystème qui permet à l’entrepreneur de grandir ici. Aujourd'hui, beaucoup de gens pensent que le confort et la stabilité qu’ils connaissent sont là pour toujours. Il y a une vraie aversion au risque. Pour initier l'entrepreneuriat, il faut créer un écosystème favorable à l’entreprise et qui donne l'envie de prendre des risques, parce qu’ils sont payants.

Quelles sont vos pistes pour améliorer cet écosystème ?

Yves Even : Il nous faut créer le cadre qui offre toutes les possibilités aux entrepreneurs pour réaliser leurs nouvelles idées. Aujourd’hui, le financement, c’est là où le bât blesse. Vous pouvez avoir une bonne idée mais si elle n’est pas déjà bien avancée, ce sera difficile de la faire financer. Nous avons aussi besoin d’apporter un support de compétences à l’entrepreneur. Quand une entreprise artisanale grandit par exemple. Il y a un moment où elle ne doit plus embaucher que des mains mais aussi des têtes. Ça devient autre chose et l’entrepreneur a besoin de soutien pour réussir sa croissance. On a déjà un système de mentoring mais ce n’est pas assez.

Le Luxembourg connaît de belles histoires d’entreprises familiales qui ont réussi. Existe-t-il un ADN de l’entreprenariat luxembourgeois ? Comment le soutenir ?

Nicolas Buck : Aujourd'hui je ne fais plus de différence entre un Luxembourgeois ou un non-Luxembourgeois. Le Luxembourg doit devenir la terre d'accueil des entrepreneurs du monde entier qui veulent construire des business en Europe. Que ce soit des Luxembourgeois ou des étrangers. Maintenant pour répondre à votre question je dirai que l’ADN de l’entrepreneur luxembourgeois c’est d’être tourné vers l’international. Cette faculté d’exporter et de comprendre les autres. Une forme de pragmatisme qui plaît.

Yves Even : Oui, il y a eu des « success stories » entrepreneuriales luxembourgeoises mais aujourd’hui la perception du risque et de l'entrepreneur est très négative au Luxembourg. C'est aussi pour cela que le concours se justifie. Nous voulons raconter et célébrer les histoires des personnes qui ont eu le courage de prendre des risques et qui ont réussi. Nous voulons casser la spirale négative et montrer que prendre des risques peut créer des « success stories » pour des personnes, et au final en faire profiter notre pays.

Finalement, qu’est-ce qu‘être entrepreneur aujourd’hui ?

Nicolas Buck : La première qualité c’est la persévérance. D’autres auront la même idée que vous mais il faut aussi savoir aller jusqu’au bout. Un entrepreneur, c’est aussi quelqu’un qui sait changer d’avis, puisque l’idée que vous avez au début va devoir évoluer. C’est quelqu’un qui sait faire la synthèse de beaucoup d’informations différentes et comprendre l’opportunité. Beaucoup d'entrepreneurs ont aussi une capacité à dégager une forme de charisme. Il faut que les clients aient envie de bosser avec vous. Donc la capacité de vendre une idée est essentielle.


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Unternehmer arbeiten zusammen: Kooperation statt Konkurrenz
Unternehmen stehen im ständigen Wettbewerb zueinander. Oft lohnt es sich für Unternehmen, zusammen ein Projekt zu stemmen. Forscherin Christina Constantinidis erklärt, was sich hinter dem Schlagwort „kollaboratives Unternehmertum“ versteckt.
Gerade Unternehmerinnen arbeiten in Luxemburg oft zusammen, erklärt die Forscherin Christina Constantinidis.