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En marge des négociations à Bruxelles: Brexit: Le Luxembourg à l'affût
Wirtschaft 4 Min. 18.02.2016

En marge des négociations à Bruxelles: Brexit: Le Luxembourg à l'affût

Si le déménagement du siège londonien de HSBC à Luxembourg, un temps évoqué, semble utopique, d'autres développements pourraient bien avoir lieu.

En marge des négociations à Bruxelles: Brexit: Le Luxembourg à l'affût

Si le déménagement du siège londonien de HSBC à Luxembourg, un temps évoqué, semble utopique, d'autres développements pourraient bien avoir lieu.
AFP
Wirtschaft 4 Min. 18.02.2016

En marge des négociations à Bruxelles: Brexit: Le Luxembourg à l'affût

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Les différents scénarios relatifs à l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne intéressent le Luxembourg de la finance au plus haut point. Un mauvais accord constituerait un drame. Un éventuel Brexit, une opportunité.

Par Pierre Sorlut

Ces derniers mois, la presse internationale a souvent fait du Luxembourg le grand vainqueur d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ce «Brexit», qui serait le cas échéant décidé par la vox populi, pourrait provoquer l'exode de nombreux services financiers basés dans l'emblématique City of London. Au Grand-Duché cependant, on a pris l'habitude de se garder de tout optimisme béat face à cet agglomérat d'incertitudes.

Le Premier ministre britannique David Cameron doit avant tout s'entendre avec ses partenaires au sein de l'Union européenne sur un texte qui repenserait les termes de la collaboration entre la (décidément) perfide Albion et le Vieux Continent. L'objectif? Obtenir une copie acceptable aux yeux de l'électorat britannique qui actera, lui  ensuite, quelque part en été ou à l'automne de la continuité des relations entre les parties.

La finance vent debout

Et là justement les représentants de la finance luxembourgeoise, qui représente un tiers du PIB national, veillent au grain. Car dans un phrasé éminemment jargonneux (et encore susceptible de changer lors du Conseil européen ces jeudi et vendredi), l'on comprend à Luxembourg et Paris que Londres se réserve le droit de ne plus répondre à l'ensemble des règles auxquelles elle avait accepté de soumettre ses banques. On parle là du règlement uniforme européen, plus connu sous l'anglicisme «single rulebook».

Contactée, l'association des banquiers (ABBL) est vent debout. «On ne peut pas faire de cadeaux à la City», s'insurge son directeur, Serge de Cillia. Les banquiers luxembourgeois s'inquiètent en effet que les services financiers de Sa Majesté bénéficient à la fois du marché européen et de dérogations à son règlement.

Les salaires des banquiers en ligne de mire

L'exemple des règles ayant trait aux bonus est tout trouvé. Les directions de banques préféreront évidemment s'installer où elles peuvent gagner plus d'argent. «Ce serait la fin du level playing field européen», continue M. de Cillia avant d'envisager de rappeler au ministère d'Etat la position de l'ABBL.

Celui-ci est pourtant bien informé. Et pas question pour lui de nuire au fonctionnement du marché intérieur, et par là même à la compétitivité de la place financière luxembourgeoise. «Le Luxembourg insiste sur le respect du level playing field», fait savoir le ministère des Finances. Même son de cloche auprès d'un diplomate luxembourgeois à Bruxelles. Pas question de revenir sur l'architecture de l'Union bancaire et sur le fonctionnement du marché des services financiers. A 28, précise-t-on. Car l'hypothèse du maintien du concurrent britannique est privilégiée, au moins dans les discours.

Un risque et une opportunité

Dans les faits, c'est clair, on se prépare à une sortie du Royaume-Uni. «C'est un risque et, d'une façon secondaire, une opportunité. On ne peut pas influencer la décision, mais on peut s'y préparer», indique Keith O'Donnell, patron de la société de conseil en fiscalité, Atoz.

L'association représentant l'industrie luxembourgeoise des fonds, l'Alfi, ne pense pas différemment. «Chaque firme devra, en temps voulu, analyser son modèle d'affaires et sa stratégie commerciale pour savoir s'il est nécessaire d'établir une structure en Union européenne», et donc potentiellement au Luxembourg, premier centre de distribution internationale en Europe.

Pubs aux aéroports

Aucune étude d'impact n'a, officiellement au moins, été réalisée pour mesurer les éventuelles conséquences d'un Brexit sur l'économie luxembourgeoise. La migration d'une petite partie de la finance londonienne prendrait toutefois une ampleur tout à fait significative au niveau local.

Le gouvernement n'avouera ainsi pas l'avoir fait à dessein, mais comment ne pas lier la sollicitation d'une agence de communication britannique pour faire la publicité du Luxembourg dans la capitale anglaise. «Je remarque de plus en plus d'affiches vendant les qualités du Luxembourg dans les aéroports londoniens», sourit un homme d'affaires.

«Le scénario du Brexit est devenu un argument comme un autre pour dissuader les prospects d’utiliser des structures au UK», témoigne un fiscaliste. Cette population espère d'ailleurs qu'un éventuel Brexit poussera le gouvernement à faire un pas de plus dans la baisse du taux nominal d'imposition des sociétés pour attirer celles qui avaient élu domicile en Grande-Bretagne. Mais nous n'en sommes pas là. L'incertitude demeure aujourd'hui sur le texte retenu par les chefs d'Etat réunis à Bruxelles à partir de ce soir. 


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