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Emissions de CO2: Audi homologuée à Sandweiler
Wirtschaft 4 Min. 14.11.2015 Aus unserem online-Archiv

Emissions de CO2: Audi homologuée à Sandweiler

Audi a confirmé que les homologations de certains véhicules passaient par la société luxembourgeoise ATEEL

Emissions de CO2: Audi homologuée à Sandweiler

Audi a confirmé que les homologations de certains véhicules passaient par la société luxembourgeoise ATEEL
Gerry Huberty
Wirtschaft 4 Min. 14.11.2015 Aus unserem online-Archiv

Emissions de CO2: Audi homologuée à Sandweiler

Audi a confirmé effectuer certaines homologations. Comme la plupart des constructeurs. La SNCH est devenue un acteur majeur dans le secteur automobile.

par Thierry Labro

«Je n'ai pas reçu de notification d'Audi.» Dans sa voiture, lundi soir, après une longue journée, le patron d'ATEEL, Marco Tondt, voit dans l'implication de la SNCH pour des homologations d'Audi surtout des extrapolations de journalistes. L'ancien ingénieur de LuxControl qui a fondé et développé ATEEL – pour Allied Technology Experts Enterprise of Luxembourg – , en 2008, avec un autre ingénieur Dieter Saffran, peut difficilement nier effectuer les tests d'homologation du constructeur allemand: les marques du groupe Volkswagen sont des arguments de vente sur son site Internet. 

Mercredi soir, Audi a confirmé de manière subtile que c'est bien cette société luxembourgeoise qui a effectué ses tests d'homologation pour les émissions de CO2 de certains modèles. Sont visées les Audi A1 et A3 des trois dernières années. 

«Je suis un peu triste. Nous savons tous très bien qu'il n'y a aucune garantie. Nos inspecteurs font leur travail. Mais un constructeur peut parfaitement entrer en production comme il veut une fois que la SNCH a délivré le titre d'homologation. L'énergie criminelle trouvera toujours un moyen de leurrer tout le monde. Imaginez-vous: il a fallu un travail universitaire pour mettre le truc à jour!» 

Trois constructeurs 
boudent la SNCH 

Pour que sa société décolle et atteigne les 5 à 6 millions d'euros de chiffres d'affaire annuel, il a fallu qu'ATEEL ouvre son capital, en 2012, aux Allemands de GTÜ. «A ce niveau-là, il n'est pas possible d'être trop petit», explique-t-il. Ses deux concurrents n'ont pas fait autrement: LuxControl dont l'actionnaire majoritaire est Tüv International depuis 1978 au côté de la Société nationale de crédit et d'investissement (22%), a ainsi pu se développer jusqu'à atteindre 240 employés et près de dix millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier. 

Créée par deux anciens ingénieurs de LuxControl, ATEEL, sous le pavillon allemand de GTÜ, se défend de ne pas avoir fait son travail correctement
Créée par deux anciens ingénieurs de LuxControl, ATEEL, sous le pavillon allemand de GTÜ, se défend de ne pas avoir fait son travail correctement
Guy Jallay

Loin, très loin du troisième acteur du marché «national», Tüv Reinland, dont les activités luxembourgeoises sont regroupées sous le bilan «Allemagne», à un milliard d'euros annuel. Le lien avec la Tüv Reinland est historique pour le Luxembourg, comme l'explique le directeur de la SNCH, Claude Liesch. C'est avec cette société que travaillait déjà la sidérurgie pour ses certifications. 

En trente ans, le Luxembourg est devenu un acteur majeur de l'homologation, surtout automobile. De 240 en 1982, on est passé à 7.792 titres d'homologation délivrés par la SNCH pour la seule année 2013. Des grands constructeurs européens, il n'y a guère que Renault, Citroën et Fiat qui boudent le Luxembourg pour ne pas prendre le risque de voir leurs projets dévoilés dans les journaux avant que la production n'ait commencé. Tous les autres ont compris depuis longtemps que le Luxembourg pouvait appliquer au monde automobile le secret qui a prévalu dans le développement de l'industrie bancaire et financière. Avec le même succès. 

Le contrôle de la production
pas assez sévère 

«Le nombre d'homologations joue peu de rôle en réalité», tempère M. Liesch. «Par exemple, un industriel du pneu peut demander 2.000 certificats en même temps à partir d'une seule technologie. Même chose pour ceux qui produisent des lampes de phare.» 

Cette statistique montre tout de même que la SNCH joue dans la cour des grands, très loin des KBA allemand, VCA britannique ou RDW néerlandais, qui délivrent deux à trois fois plus de titres d'homologation chaque année. 

Le secret justifie-t-il l'intérêt des constructeurs à lui seul? «Non», répondent en choeur les deux hommes: la SNCH, 22 employés et ses six à sept millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, est en réalité le seul organisme de certification et d'homologation qui soit «accrédité» en Europe, autrement dit qui ait des comptes à rendre sur la manière dont elle travaille, dont elle traite les rapports des inspecteurs des trois sociétés. 

Et si le politique faisait bien son travail, il ajouterait une couche supplémentaire plus sérieuse au contrôle des constructeurs automobiles: celui des chaînes de production. Pour éviter qu'une fois le titre d'homologation en poche, certains constructeurs soient tentés de prendre des libertés avec la production avant de remplir eux-mêmes une déclaration de conformité. 

Le tableau de Transport&Environment qui reprend les différences entre les émissions de CO2 déclarés par les constructeurs et ses tests
Le tableau de Transport&Environment qui reprend les différences entre les émissions de CO2 déclarés par les constructeurs et ses tests

Une étape «oubliée» dans le dispositif. Comme si on n'avait pas vraiment voulu contrôler les constructeurs, notamment allemand, glisse un bon spécialiste du sujet. Il restera à la justice, notamment allemande, de décider où se trouvent les responsabilités. 

Chez ceux qui ont contrôlé? Ou chez ceux qui ont produit et jugé conforme aux titres d'homologation...


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