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Documentaire sur la RTBF: La disgrâce de Lakshmi Mittal
Wirtschaft 4 Min. 10.09.2014

Documentaire sur la RTBF: La disgrâce de Lakshmi Mittal

Mittal, la face cachée de l'empire

Documentaire sur la RTBF: La disgrâce de Lakshmi Mittal

Mittal, la face cachée de l'empire
Capa Presse
Wirtschaft 4 Min. 10.09.2014

Documentaire sur la RTBF: La disgrâce de Lakshmi Mittal

Un documentaire retrace l'ascension puis les revers du patron d'ArcelorMittal. Avec une conclusion bien noire pour l'industrie du Vieux continent.

«Il voulait être le roi de l'acier, il voulait être le plus grand». Le ton du documentaire est vite donné. Une ambition dévorante, un groupe sidérurgique omniprésent dans le monde entier, un homme hyper-médiatique sur fond de colère des salariés. Dans «Mittal, la face cachée de l'empire», Jérôme Fritel, qui avait auparavant coréalisé en 2012 «Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde», s'intéresse à ce qu'on ne dit pas sur le géant de l'acier.

L'objectif est d'expliquer comment le chouchou des marchés est tombé si vite en disgrâce médiatique. «En quelques années le nom de Mittal est devenu le symbole de la crise qui frappe l'économie mondiale et provoque la colère de dizaine de milliers de salariés. Auparavant, il était l'icône d'un monde émergent en pleine expansion et incarnait le triomphe de l'économie mondialisée», affirme la voix off en guise d'introduction. «Comment est-on passé du sourire aux larmes. Quel est le véritable visage? celui d'un prédateur ou d'un visionnaire?».

La réponse apportée par le documentaire n'est pas à l'avantage du patron d'ArcelorMittal. S'il manque la parole directe du principal intéressé, le film reste convaincant et instructif, grâce aux archives et interviews qui se croisent pendant 90 minutes.

Le premier tiers du documentaire se penche sur la personnalité de l'Indien parti de presque rien pour devenir milliardaire grâce à l'acier. Etudiant brillant, issu de la caste des marchands, Lakshmi Mittal est né pour réussir. Il rencontrera son destin au-delà des espérances familiales. Par la suite, sa rencontre avec la financier américain Wilbur Ross influencera fortement sa façon de concevoir le business.

Le Luxembourg, le maillon faible qui permet l'OPA

Le deuxième tiers du documentaire se montre plus intéressant: il retrace l'OPA de Mittal sur Arcelor en 2006. Avec notamment le témoignage de Guy Dollé, alors PDG d'Arcelor. Le deal a les faveurs des marchés mais pas d'Arcelor. Guy Dollé pensait alors que l'Europe, qui s'est construite sur le charbon et l'acier, protégerait son champion, fraîchement unifié, de la sidérurgie. Il n'en a rien été.

Sur ce point, Jérôme Frittel met en cause le Luxembourg: «Mittal isole le maillon faible de la coalition européenne, le Luxembourg. Paradis fiscal et place financière stratégique, son gouvernement ne peut se permettre de contrarier les milieux financiers», souligne la voix off avant de donner la parole à Jeannot Krecké, seul Luxembourgeois interviewé dans le documentaire. «J'ai rencontré Lakshmi Mittal en cachette plusieurs fois», indique l'ex-ministre de l'Economie, «on a obtenu le QG avec 800 emplois à la clé».

2007 sera l'année Lakshmi Mittal. Consacré homme de l'année par le Financial Times, l'Indien incarne alors un basculement de l'économie, l'arrivée de l'Asie dans la cour des grands. «C'est comme si l'Inde avait gagné la Coupe du monde de cricket», lance Harish Néotia, l'un de ses compatriotes milliardaires. En Europe, le roi de l'acier s'affiche avec les décideurs politiques et est accueilli en sauveur dans des sites comme Liège ou Florange dont il annule – momentanément – les fermetures.

Un groupe épuisé par une logique financière

2008 sera déjà l'année de la disgrâce. Le dernier tiers du documentaire se montre au final le plus intéressant car il pousse l'analyse au-delà des déboires du groupe ArcelorMittal. Le postulat est simple: animés par une vision financière des affaires, Lakshmi Mittal et son fil Aditya, ont privilégié l'actionnariat, c'est-à-dire eux-mêmes, au détriment des investissements. Une logique qui s'est renforcée avec la crise financière et le groupe se retrouve à bout de souffle, avec des usines qui ont été usées jusqu'à perdre leur intérêt.

Au final, ce n'est pas simplement le groupe ArcelorMittal qui est perdant mais bien l'Europe tout entière estime Jérôme Fritel. Car à force de fermetures de sites en Europe, c'est l'existence même de la sidérurgie du Vieux continent qui est remise en question. «Si on ne crée plus d'usine, il arrivera un jour où l'on importera notre acier», estime Michel Liebgott, député de Moselle. La conclusion du documentaire dépasse le simple cas Mittal en regrettant l'attitude de l'Europe qui n'a pas su – ni voulu – protéger un secteur industriel stratégique comme l'acier.

Linda Cortey

Mittal, la face cachée de l'empire. Première diffusion mercredi 10 septembre à 22h sur la Une. Puis le mardi 16 septembre à 20h45 sur Arte.


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