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De l’ampoule aux soins numériques
Wirtschaft 5 Min. 20.01.2020

De l’ampoule aux soins numériques

En 2011, Philips a abandonné l’éclairage, son métier historique, pour se concentrer sur le matériel médical.

De l’ampoule aux soins numériques

En 2011, Philips a abandonné l’éclairage, son métier historique, pour se concentrer sur le matériel médical.
Photo: Shutterstock
Wirtschaft 5 Min. 20.01.2020

De l’ampoule aux soins numériques

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Philips Luxembourg consolide son virage stratégique vers la santé digitale et connectée.

A 90 ans passés, Philips Luxembourg se concentre toujours plus sur les pratiques de santé professionnelle et personnelle

Lancée en septembre 1929, la représentation commerciale et technique du groupe néerlandais a, ces dernières années, renforcé ses activités dans la vente de matériels de soins de santé, et dans le conseil aux professionnels du secteur, notamment les hôpitaux. 

Sous la dénomination «Personal Health», elle garde toutefois une force de vente au détail, de produits grand public, de soins masculins (rasoirs, tondeuses), de beauté féminine (épilation, sèche-cheveux), de bien-être et santé  (puériculture,  hygiène bucco-dentaire...), auprès des revendeurs locaux tels notamment Hifi International, Cactus et Auchan. Sans oublier les incontournables appareils électroménagers, comme les fers à repasser et les machines à café.

Adaptations puis disruption

Au cours de ces neuf décennies, la filiale pilotée depuis Bruxelles s’est ainsi adaptée aux innovations technologiques et aux changements d’activités de la maison-mère amstellodamoise: de la fabrication des lampes à filament de carbone, en passant par les téléviseurs et les rasoirs, jusqu’à la production de systèmes médicaux.  


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Après la Seconde Guerre mondiale, elle suit aussi l’aventure musicale du groupe, dont la création d’un label de disques, la fabrication de cassettes audio, ou encore l’invention du disque optique en demeurent les témoignages les plus retentissants. 

Si l’entité grand-ducale accompagne l’expansion de la marque aux trois vagues et quatre étoiles, elle en subit également les revers

Dans les années 1990, Philips connaît en effet des difficultés, opère une première restructuration, puis réduit ses secteurs d’activités.

La véritable disruption survient cependant en 2011. Le Néerlandais décide alors de transformer radicalement son modèle d’affaires, pour se concentrer avant tout sur ses segments actuels. 

Il vend ses portefeuilles télévision et audio. Puis abandonne en 2016 son métier historique: l’éclairage. Certains produits phares désormais fabriqués par d’autres, les ampoules et les téléviseurs notamment, restent cependant commercialisés sous la marque Philips.

Ce virage vers la santé a reposé sur de multiples constats: démographiques (vieillissement de la population), comportementaux face à la maladie (intérêt croissant des consommateurs pour leur santé, recours à l’autodiagnostic et l’automédication), sociétaux (utilisation accrue des applications connectées dans la vie quotidienne), et technologiques (informatisation et digitalisation de la santé).


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Ce qui fait dire à Frank Dendas, country manager pour la Belgique et le Grand-Duché, que «le cœur de la stratégie de Philips est d’aborder les soins de santé comme un tout-connecté, un 'continuum de santé'». 

Aussi, l’objectif du groupe est d’occuper tous les maillons de la chaîne de santé des individus: depuis le type de mode de vie, jusqu’aux soins à domicile, en passant par la prévention, le diagnostic et le traitement. Pour ensuite proposer des solutions de santé digitales et connectées, dans chacun de ces créneaux. 

«La conception des appareils et des applications repose sur la simplification des démarches de soins, afin d’alléger au maximum les contraintes des patients et des soignants», précise Frank Dendas. «L’accent est plus particulièrement mis sur des spécialités cliniques, comme la santé de la femme, l’anesthésiologie, la cardiologie ou l’orthopédie.» 

Frank Dendas a pris la tête de Philips Luxembourg en 2019. Il gère également la branche santé de la filiale.
Frank Dendas a pris la tête de Philips Luxembourg en 2019. Il gère également la branche santé de la filiale.
Photo: Matic Zorman

Le groupe néerlandais table pour cela sur les évolutions et les développements des technologies numériques, en vue d’offrir des solutions de santé pratiques, performantes et à coûts réduits.

La santé par les applications

Il compte aussi sur les progrès en matière d’intelligence artificielle; celle-ci permet notamment de traiter des grands volumes de données médicales, afin de détecter des maladies de manière précoce, puis de mettre au point des thérapeutiques.

Le dossier de santé numérique par exemple figure parmi les applications pratiques de ces avancées techniques: il fournit aux professionnels de santé des informations complètes, actualisées et précises sur le patient. Il permet aussi une meilleure coordination des soins entre les différents praticiens.


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Autres affectations utiles, les applications de télé-santé, avec lesquelles le patient peut recourir à des consultations et à des soins à distance, peu importe le lieu où il se trouve.

Sans oublier l’intelligence artificielle, directement présente dans le cabinet médical, et qui peut accompagner les professionnels des soins de santé dans leurs décisions cliniques et dans leurs choix de traitements aux patients.

Sur ces sujets, Philips a publié sa propre enquête, le «2019 Future Health Index». Menée auprès de 15.000 personnes et plus de 3.100 professionnels de la branche – dans quinze pays, le Luxembourg étant exclu du sondage – explore l’impact des technologies numériques sur le patient et sur les pratiques de soins. 69 % des professionnels interrogés, qui utilisent les dossiers de santé numériques, ont indiqué que la technologie avait un impact positif sur la qualité des soins fournis, et sur les résultats pour les patients.


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Un potentiel peu exploité

57 % d’entre eux ont de plus confirmé qu’au cours des cinq dernières années, leur expérience avait été positivement impactée par l’accès aux antécédents médicaux des patients. L’étude en conclut que certains professionnels de santé s’adaptent à ces nouvelles méthodes de travail, et commencent à reconnaître les avantages des soins de santé numériques pour eux-mêmes et pour leurs patients.

Ses auteurs regrettent cependant, que dans la plupart des pays, les professionnels de santé n’entrevoient pas encore toutes les potentialités offertes par la technologie de la santé numérique, pour leurs pratiques au quotidien et pour leurs patients.


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