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Dambisa Moyo: «Un vrai risque de voir l'UE disparaître»
Wirtschaft 3 Min. 16.11.2016 Aus unserem online-Archiv

Dambisa Moyo: «Un vrai risque de voir l'UE disparaître»

L'économiste zambienne Dambisa Moyo était l'invitée de la BIL hier dans le cadre de son cycle de conférence Repère.

Dambisa Moyo: «Un vrai risque de voir l'UE disparaître»

L'économiste zambienne Dambisa Moyo était l'invitée de la BIL hier dans le cadre de son cycle de conférence Repère.
Gerry Huberty
Wirtschaft 3 Min. 16.11.2016 Aus unserem online-Archiv

Dambisa Moyo: «Un vrai risque de voir l'UE disparaître»

Linda CORTEY
Linda CORTEY
L'économiste Dambisa Moyo était l'invitée hier de la conférence Repère, organisée par la BIL. Elle plaide pour une consolidation du système bancaire européen et une nouvelle approche de la croissance.

 

Interview: Linda Cortey

Le Brexit peut-il être une opportunité pour le Royaume-Uni ?

Le vote sur le Brexit n’a pas entraîné un désastre. Je pense que sur de nombreux aspects, le Royaume-Uni va connaître une situation difficile. Si vous regardez les données économiques sur la durée, vous remarquez que le Royaume-Uni connaît en moyenne une récession tous les 8 ans. La dernière a eu lieu en 2008. Mais d’un autre côté, on ne peut pas ignorer l’argument selon lequel le Royaume-Uni, par son vote, a décidé de quitter une structure, l’Union européenne, qui connaît de grandes difficultés. Je crois en l’intégration internationale, c’est pourquoi j'étais contre le Brexit. Mais aujourd’hui, je pense que l’UE va faire face à de grands challenges. Ce qui fait penser que le Brexit n’était pas une si mauvaise alternative.

Pensez-vous, comme Joseph Stiglitz, que l’Europe devrait abandonner l’euro ?

Je pense que le vrai défi concerne la construction européenne elle-même. Est-ce que l’Union européenne existera encore d’ici 10, 15 ou 20 ans ? Il y a un manque de confiance dans les capacités de ses décideurs politiques. L’UE est une construction politique et non économique. Elle faisait sens il y a 15 ans, quand l’économie allait bien. Mais, depuis la crise financière, puis la crise des réfugiés, il y a beaucoup d’incertitudes politiques. Je pense qu’il y a un vrai risque de voir l’UE disparaître. Pour des raisons structurelles. Je pense qu’il n’y a pas assez d’intégration. On parle d’harmonisation fiscale mais ce n’est qu’une partie de l’intégration. Si vous regardez la liste des 500 plus grandes sociétés mondiales publiées par le Financial Times, vous trouverez très peu de sociétés transnationales européennes. Je pense que le plus intéressant serait une fusion transnationale entre des banques européennes pour montrer qu’il y a un vrai engagement pour une intégration transnationale.

L’Europe a-t-elle besoin de plus grandes banques ?

Le problème n’est pas la taille des banques mais le fait qu’il y a beaucoup trop de banques. On a besoin de consolidation, d’avoir quelques grandes banques capables de faire face aux défis actuels. Le système doit être capable de financer les PME, les universités et toutes sortes de crédits. Le système allemand par exemple avec des centaines de banques n’est pas viable à long terme.

Les grandes banques ont mauvaise presse depuis la crise financière…

Les grandes banques ne sont pas parfaites. Elles doivent être mieux contrôlées – ce qui ne signifie pas plus contrôlées. Mais une grande partie de la défiance dans le système bancaire est de la responsabilité des décideurs politiques. Nous avons besoin de décideurs qui expliquent pourquoi nous avons besoin d’un système financier fort. Qui sera capable de financer les programmes d’investissements de plusieurs milliards de dollars qui sont nécessaires pour les infrastructures, la sécurité, la protection sociale ?

Les inégalités progressent dans les économies développées. Les politiques semblent inefficaces à résoudre ce problème. Pourquoi?

Cela fait 30 ans que les solutions mises en place ne fonctionnent pas. Nous avons d’abord essayé de taxer fortement et de redistribuer à travers des transferts et des salaires minimum. Nous avons aussi essayé l’opposé en baissant fortement les impôts pour faire repartir l’investissement, l’activité et les salaires. Mais cela n’a pas fonctionné. Je pense que le problème et donc la recherche de solution se trouve du côté de la mobilité sociale. Nous pensions que la croissance économique permettait la mobilité sociale mais cela n’est plus le cas. La difficulté, c’est que résoudre ce problème prend du temps, il faut investir dans l’éducation. Cela prend 10 voire 20 ans. Mais actuellement les décideurs politiques restent bloqués sur l’opposition entre les deux anciennes solutions.


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