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Consommation: Petit client deviendra grand
La protection des jeunes exige désormais une éducation aux médias.

Consommation: Petit client deviendra grand

(Photo: Shutterstock)
La protection des jeunes exige désormais une éducation aux médias.
Wirtschaft 5 Min. 10.01.2017

Consommation: Petit client deviendra grand

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Publicité, marketing, Internet: comment sont protégés les jeunes au Luxembourg? Tour d'horizon des principales dispositions.

(ndp) - La période des fêtes est terminée et avec elle son avalanche de pubs qui a défilé sur le petit écran. Des dizaines de milliers de messages publicitaires avec pour principale cible marketing: les enfants. Les annonceurs ne s'y sont pas trompés. Ils ont compris depuis longtemps déjà que les jeunes étaient des cibles de premier choix et que l'on pouvait vite les transformer en consommateurs avertis. La publicité envers les enfants reste néanmoins strictement encadrée au Luxembourg. Tour d'horizon des principales dispositions.

La publicité encadrée

Le code de déontologie de la publicité stipule que «la publicité ne doit pas abuser de la crédulité naturelle, du manque d'expérience et des sensibilités spécifiques des enfants et adolescents». Dans cet esprit, elle «ne doit pas mettre en danger la dignité de l'enfant et de l'adolescent et s'abstiendra de susciter auprès d'eux des sentiments de frustration ou d'infériorité ainsi que de les pousser à des actes d'imitation dangereux.»

Contrairement à d'autres pays, le Grand-Duché n'interdit pas la publicité dans le cadre des programmes télévisés enfants. Le règlement grand-ducal du 5 avril 2001, qui fixe les règles applicables en matière de communications commerciales dans les médias audiovisuels, stipule que «la diffusion des programmes pour enfants peut être interrompue par de la publicité télévisée une fois par tranche programmée de 30 minutes au moins, à condition que la durée programmée du programme soit supérieure à trente minutes».

En outre, la loi encadre fortement la publicité sur la nourriture malsaine et l'alcool. Ainsi, «la publicité télévisée et le télé-achat pour les boissons alcooliques ne peuvent être spécifiquement adressés aux mineurs, et en particulier, présenter des mineurs consommants ces boissons».

Les médias audiovisuels et l'ALIA

Le règlement grand-ducal du 8 janvier 2015 relatif à la protection des mineurs impose aux fournisseurs de services de médias audiovisuels de procéder à la classification des programmes de télévision luxembourgeois (cinq catégories: tout public, moins de 10, 12, 16 ou 18 ans).

C'est l'ALIA (Autorité luxembourgeoise indépendante de l'audiovisuel) qui veille au respect de la réglementation et de la protection des jeunes téléspectateurs et auditeurs. «Parmi les chaînes et médias que nous contrôlons se trouvent RTL Lëtzebuerg, la radio luxembourgeoise, les chaînes de télévision RTL belge et néerlandaise, même si leurs programmes sont diffusés dans leurs pays respectifs», explique l'avocate Valérie Dupong, membre de l'ALIA. «Toute personne qui s'estime lésée par le contenu d'un programme ou qui juge que ce contenu porte atteinte à la protection des mineurs peut porter plainte auprès de notre institution». Sa mission consiste alors à vérifier la classification du programme, à s'assurer que le contenu a bien été diffusé à la bonne heure.

L'ALIA supervise également le système de classification des films projetés dans les salles de cinéma. Si la protection des mineurs n'est pas assurée, l'ALIA peut procéder à une reclassification des films.

Internet et les jeux vidéo

Des dispositifs pour protéger les mineurs existent. Le système 
PEGI, mis en place en 2003 par les industriels et éditeurs de logiciels de jeu vidéo, est une signalétique par âge qui se trouve sur tous les emballages de jeux vidéo. La «Pan-European Game Information» est présente dans une trentaine de pays. Plus de 20.000 jeux ont ainsi été «classés», avec l'appui des principaux fabricants, éditeurs et développeurs. Depuis mars 2015, la certification PEGI s'applique aussi aux jeux mobiles téléchargés depuis Google Play. «Mais les enfants restent exposés à la publicité des annonceurs, celles-ci surgissant parfois en plein milieu d'un niveau (level) pour les inciter à acheter, ce qui peut s'avérer potentiellement dangereux pour les enfants», rappelle Valérie Dupong.

De son côté, Apple a développé sa propre classification. Tous les systèmes de classification sont aujourd'hui regroupés au sein de l'IARC (International Age Rating Coalition) qui concerne tous les produits de divertissements interactifs, jeux et applications. «Beaucoup a été fait en matière de classification, celle-ci étant même devenue un argument de vente pour certains éditeurs. Dans tous les cas, on ne peut pas dire qu'il n'existe aucune information quant aux risques et à la sécurité des enfants sur Internet».

Interdire ou accompagner?

Cela étant dit, faut-il voir dans l'exposition précoce des enfants un danger, ou faut-il «faire avec» et les accompagner sur Internet? Quelles limites doit-on poser? Cette question de principe est «de mise pour tous les supports», souligne Valérie Dupong, pour qui deux chemins s'offrent à nous. D'abord l'interdiction. «Nous avons la possibilité de limiter un certain nombre de choses à la télévision et à la radio, comme nous le faisons déjà en partie. Dans le même temps, les parents peuvent utiliser des outils de contrôle parental qui sont plus ou moins efficaces selon les situations».

La deuxième solution consiste à dire que même s'il y a des risques, ils ne justifient pas de censurer Internet ou les réseaux sociaux. Il faut éduquer les jeunes, afin qu'ils développent un esprit critique sur le sujet. La protection des jeunes exige désormais une éducation aux médias. Et à en croire Valérie Dupong, le Luxembourg n'a pas à rougir en la matière, notamment grâce à l'initiative Bee Secure qui centralise toutes les initiatives de sensibilisation à une utilisation plus sécurisée des technologies de l'information. Près de 800 formations ont été organisées en 2016 pour les classes de septième. Ses campagnes tentent régulièrement de sensibiliser les jeunes aux risques encourus sur Internet, la prochaine portera notamment sur les discours de haine sur Internet.

Les parents sont enfin les mieux placés pour aider leurs enfants à développer un regard critique sur les programmes, au jour le jour. Or, ils ne sont pas tous conscients des risques qu'Internet comporte pour leurs enfants: accès à des images choquantes, utilisation d'informations confidentielles par des cybercriminels, risque de manipulation, etc... «Nous pensons qu'il faut continuer à les sensibiliser, à les informer». Parmi les idées avancées pour faire passer des messages de prévention auprès des parents, on peut citer celle de distribuer des supports d'informations lors des réunions ou bilans intermédiaires à l'école fondamentale. 


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