Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Comment la scène FinTech prépare le Brexit: La double astuce de Londres
Le bitcoin et les monnaies cryptées sont les principaux intérêts de Londres avec sa nouvelle régulation

Comment la scène FinTech prépare le Brexit: La double astuce de Londres

Photo: Shutterstock
Le bitcoin et les monnaies cryptées sont les principaux intérêts de Londres avec sa nouvelle régulation
Wirtschaft 3 Min. 21.09.2016

Comment la scène FinTech prépare le Brexit: La double astuce de Londres

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Le régulateur britannique a été plus audacieux que son homologue luxembourgeois: en lançant son «bac à sable» en même temps qu'un double «pont» vers Singapour et la Corée, il place les FinTech dans un schéma idéal. Brexit ou pas, difficile de récupérer le business.

par Thierry Labro

Les Anglais sont des filous. 

Le 5 avril, alors que se profile le référendum du 23 juin sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne, le patron du régulateur britannique (FCA), Tracey McDermott, annonce une révolution: le lancement de son «bac à sable» – la «sandbox» en version originale

Pour faire simple, la sandbox permet dans un certain nombre de conditions à une fintech de lancer provisoirement des produits financiers sans être sous la stricte supervision de la FCA. 

De quoi tester le marché sans avoir réellement à montrer patte blanche au préalable. Et si le marché adhère, la FinTech peut alors se mettre en règle et se mettre à travailler. Les fournisseurs de services de paiement et de monnaie électronique ne sont pas vraiment visés parce que d'autres dispositions leur sont plus favorables. 

La FCA cherche à attirer les plateformes de bitcoin, de blockchain et de monnaies cryptées en général. Sans tarder, elle lance son premier appel à intérêt qui se clôture le 8 juillet, complètement indifférente au Brexit... 

Passeport or not passeport? 

En soi, c'est déjà intéressant parce que dans ces sociétés qui démarrent, économiser du temps et de l'argent à être compliance avec le régulateur est toujours une bonne nouvelle. 

D'autant qu'elle s'accompagne d'une autre bonne idée: créer des «FinTech bridges» des passerelles, avec des régulateurs d'autres endroits de la planète qui s'intéressent à ces nouvelles sociétés qui viennent bousculer l'ordre de l'industrie financière. 

Ses deux premiers «bridges» ne sont pas du tout innocents: ils sont signés avec Singapour, le hub dont le développement est le plus spectaculaire, et la Corée du Sud, un des pays les plus en pointe d'un point de vue technologique. 

Pendant ce temps-là, les «Continentaux» ont surtout rappelé que pour accéder au marché européen, les Britanniques devraient trouver un passeport dans l'Union européenne. 

Dublin battue... par l'Allemagne

Les fintech semblent avoir décidé de ne pas se précipiter en attendant de savoir 
quel régime de négociation avec l'Union européenne sera retenu. Leur nature agile, qui leur permettra à moindre frais de modifier leur environnement en cas de besoin ne justifie pas de précipitation. C'est ce que fait remarquer un observateur de la scène fintech luxembourgeoise pour qui il est trop tôt pour mesurer l'effet «Brexit». 

Les commentateurs s'accordent à dire que dans le cas d'une hémorragie londonienne – premier centre fintech en Europe – elle irait vers Dublin. Outre la proximité géographique, culturelle et linguistique, deux éléments peuvent intéresser les fintechs, le taux d'imposition des sociétés à 12 % et la présence des géants Mastercard, Apple, Paypal et FirstBank. 

Il n'existe qu'un seul élément qui contredise cela, les résultats du rapport CB Insights – KPMG sur les investissements. Au deuxième trimestre, Brexit oblige, les venture capitalists ont ramené leurs investissements de 117 à 103 millions de dollars (dont les très remarqués 31 millions pour TandemBank et 26 millions pour Transferwise). La ville qui en a le plus profité est... Francfort, et de manière plus large, l'Allemagne. Il faut regarder avec attention l'évolution de l'enveloppe globale qui passe de 107 à 186 millions de dollars et la destination même de ces investissements privés. Finanzcheck (46), N26 (40) et AEVi (34,1) se partagent le gros d'un gâteau dont on sait que probablement certains tours de table sont restés en suspens en attendant que la situation se clarifie. 


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Devant la spirale des inégalités générationnelles
De nombreux pays européens mettent en évidence une dynamique sociale insoutenable au long terme: leurs jeunes générations d’adultes entrent dans un marché du travail dégradé, fait de micro-jobs aux salaires insuffisants, sans perspective...