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Comment investir dans la finance durable
Wirtschaft 7 Min. 22.11.2019

Comment investir dans la finance durable

Les placements verts pourraient devenir l'un des nouveaux produits phares de la finance dans les années à venir.

Comment investir dans la finance durable

Les placements verts pourraient devenir l'un des nouveaux produits phares de la finance dans les années à venir.
dpa
Wirtschaft 7 Min. 22.11.2019

Comment investir dans la finance durable

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Les investissements responsables ont atteint 30.700 milliards de dollars dans le monde l'an dernier. Pour les épargnants, ce secteur nouveau reste encore difficile à déchiffrer. Laurent Simeoni, Head of Portfolio Management chez ING Luxembourg, nous livre quelques éléments pour mieux appréhender la finance verte.

Laurent Simeoni, avez-vous remarqué un intérêt plus élevé chez vos clients d'investir en fonction de leurs valeurs, notamment celles liées à l'environnement?   

L'intérêt pour ce type d'investissement augmente en effet, mais il progresse de manière assez disparate, en fonction notamment des générations. Parmi les fameux baby-boomers, une minorité s'intéresse aux produits d'investissement durable qui associent de fortes convictions à une perspective à long terme. 

En revanche, la nouvelle génération des millennials accorde une importance prépondérante à la responsabilité sociale des entreprises et affiche un profond respect pour l'environnement. Elle s'intéresse beaucoup à l'investissement durable, mais aussi et surtout à l'impact social et environnemental que peut susciter un processus ou un produit d'investissement.

Laurent Simeoni: "Globalement, le fait de rajouter des critères SRI va enlever du risque."
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Quelle est la part de vos clients qui investissent déjà durablement? 

Cette part est encore assez faible, en pourcentage je dirais moins de 10%. Cette situation s'explique notamment par le fait que les produits sur le marché sont assez récents alors que les clients ont tendance à investir dans des produits qui ont un historique et qui ont fait leurs preuves. 

Si l'investissement durable n'est pas un phénomène tout à fait nouveau - cela existe depuis des décennies aux Etats-Unis - nous sommes en train de reprendre le dessus en Europe. Il existe aujourd'hui beaucoup plus de types d'investissement responsable que par le passé, plus de zones d'investissement qui permettent de répondre à la demande des clients, même si l'historique est beaucoup moins long que pour les produits classiques. 

Maintenant, ce qui est important, c'est de bien expliquer au client que s'il veut passer sur un support d'investissement socialement responsable (SRI), cela ne va pas lui coûter forcément plus cher et il aura un produit qui est tout aussi performant. Quand on compare les performances des indices actions classiques et de leurs équivalents SRI, on constate que les performances sont souvent aussi bonnes, voire meilleures. Maintenant, les produits qui nous servent à composer nos portefeuilles sont un peu plus chers et ça c'est quand même quelque chose auxquels les clients sont sensibles aussi.

Quelle est l'approche d'ING Luxembourg dans ce cas là?

Pour éviter ces discussions sur le choix des produits, nous avons décidé de changer de philosophie de gestion. Nous avons une gamme de 13 fonds internes pour nos clients ING à Luxembourg. Sur ces 13 fonds, nous nous sommes donnés une vingtaine de mois pour les convertir en SRI. Au moins onze sur les treize devront être convertis fin 2020-début 2021. 

Sur les treize fonds, six ont déjà été transformés, dont un qui a reçu le label LuxFlag récemment. Notre fonds phare ING Aria Lion est aussi en cours de transformation, il s'agit de ce que l'on appelle communément un fonds de fonds. Il est très utilisé par nos clients, nous comptons plus de 850 millions d'euros dans ce support.


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Par conséquent, nous prenons le temps pour cette transformation, car le but n'est pas de sacrifier le track record sur l'autel du SRI ou de faire du greenwashing. Nous le faisons aussi et surtout dans l'intérêt financier du client. Nous avons la volonté de changer la façon de gérer le produit, mais également de préserver la performance à long terme et le coût global du produit. Nous allons arriver globalement à un produit qui sera aussi solide qu'auparavant, sans avoir fait de l'écoblanchiment.

Ajouter des critères sociaux et environnementaux à des actions tout en retirant les pires pollueurs va quand même apporter de la valeur et donc diminuer le risque global d'un portefeuille.

Si on ne doit pas nécessairement sacrifier du rendement pour investir dans des fonds verts, c'est un placement qui reste tout de même risqué? 

Globalement, le fait de rajouter des critères SRI va enlever du risque. Ajouter des critères sociaux et environnementaux à des actions tout en retirant les pires pollueurs va quand même apporter de la valeur et donc diminuer le risque global d'un portefeuille. Pas dans des proportions énormes certes, mais un petit peu quand même. Et c'est ce petit peu qui, à long terme, fait des différences aussi en termes de performance. 

Comment un épargnant de base peut-il s'y retrouver dans la jungle de la finance verte aujourd'hui? 

Un client de base peut commencer avec un fonds de fonds parce qu'il s'agit d'un produit que les investisseurs connaissent et comprennent bien. Ils existent dans toutes les banques. Chez ING, nous avons notre ING Aria Lion qui va être transformé en fonds SRI. Notre stratégie consiste à sélectionner différents fonds de la concurrence, étant donné que nous sommes sur une architecture complètement ouverte. 


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On commence aussi à trouver des fonds de trackers étiquetés SRI ou ESG (pour la prise en compte de critères environnementaux, sociétaux ou de gouvernance). Les trackers sont des fonds de gestion collective qui s'achètent comme des actions et qui répliquent des indices. 

Enfin, un certain nombre de clients demandent des mandats de gestion discrétionnaire où l'on applique les filtres de sélection SRI sur le portefeuille du client. Ce service est déjà en place chez nous et on commence à le voir dans d'autres banques également. Certaines institutions commencent même à dire: "Par défaut on va vous mettre un mandat ou un produit SRI et si vous ne le voulez pas, il faut nous le dire". La directive Mifid II (*) est maintenant en place depuis deux ans, mais on sait déjà que Mifid III incorporera certainement des critères durables et obligera les banques et les gérants d'actifs à prendre en compte les critères de type ESG dans leur gestion.

Comment peut-on concrètement intégrer des fonds verts dans son plan d'investissement? 

Il ne faut vraiment pas voir l'investissement durable dans une perspective de diversification. Si on veut avoir un impact positif pour la planète et la société en général et si on est convaincu par l'intérêt de ces produits, il est préférable d'investir dans un fonds de fonds ESG plutôt que dans un fonds de fonds classique, d'acheter un fonds actions SRI plutôt qu'un fonds actions classiques. Pour moi, les produits d'investissement durable vont à terme remplacer les produits classiques. 


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Dans cinq ans, les produits financiers classiques tels qu'on les connaît aujourd'hui seront quasiment tous étiquetés ESG en Europe, parce que l'enjeu sociétal est tellement important qu'on ne pourra plus faire autrement. On le voit bien aujourd'hui, les dirigeants poussent vers des solutions d'investissement durable. Il y a aussi des réflexions au niveau de l'ABBL pour que tout le monde propose de la finance verte. Cela deviendra la norme. 

L'étape d'après, c'est l'impact investing...

On n'y est pas encore: la plupart des banques commencent seulement à aborder le sujet. Avec l'impact investing, on va proposer de l'investissement responsable et mesurer l'impact de manière très précise pour rendre compte de cet impact au niveau du bilan de chaque produit d'investissement. Pour l'instant, tous les fonds SRI ne le font pas, ils préfèrent certaines valeurs au détriment d'autres, mais ne mesurent pas encore la portée que cela a sur la société. L'impact investing, c'est vraiment l'étape d'après et celle que les plus jeunes de nos clients nous demandent en priorité. 

L'impact investing séduit de plus en plus d'investisseurs, mais doit encore se structurer, notamment pour mettre en place des indicateurs fiables. Pour l'instant, il est plus facile à analyser au niveau des petits projets ciblés. 

L'impact investing est souvent lié au microcrédit, au financement de petits business ou d'initiatives éducatives dans des pays émergents. Des organismes de contrôle indépendants contrôlent l'impact de ce qui a été fait avec l'argent et établissent des bilans d'impact pour les fonds. Mais cela n'est pas encore possible à tous les niveaux. L'impact investing est encore un petit poucet de la finance responsable, mais il commence à creuser son sillon.

(*)  La directive Mifid II vise à combler les lacunes dans la réglementation des marchés financiers révélées par la crise financière de 2008. Elle a pour objectif de rendre les marchés financiers plus résilients et transparents, tout en renforçant la protection des investisseurs et en dotant les autorités de régulation de pouvoirs de surveillance plus efficaces.


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