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Bulle immobilière?: "Un risque limité à court terme"
La hausse continue des prix immobiliers requiert selon plusieurs institutions une surveillance étroite.

Bulle immobilière?: "Un risque limité à court terme"

(Photo: Anouk Antony)
La hausse continue des prix immobiliers requiert selon plusieurs institutions une surveillance étroite.
Wirtschaft 3 Min. 02.06.2017

Bulle immobilière?: "Un risque limité à court terme"

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Malgré un rapport du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi pointant les risques d'une surévaluation des prix de l'immobilier au Luxembourg, d'autres institutions sont (un peu) plus confiantes.

(ndp) -  Alors, y a-t-il oui ou non une bulle à venir dans le secteur de l'immobilier luxembourgeois? C'est le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi en personne, qui avait mis le feu aux poudres en novembre dernier en soulignant des "risques à moyen terme en raison de prix immobiliers surévalués et un important endettement des ménages". Sans être vraiment alarmiste, l'appel à la vigilance était bien net.

Du côté de la Banque centrale du Luxembourg, qui s'est penchée sur la situation du marché immobilier au Grand-Duché, on se montre un peu plus optimiste. En dépit d'un certain nombre de facteurs dont il ne faudrait pas sous-estimer l'importance, "le risque d'une brusque chute des prix de l'immobilier paraît limité, du moins à court terme", écrit la BCL dans sa dernière "Revue de stabilité financière 2017."

Le danger de bulle immobilière serait notamment limité en raison d'une "demande soutenue par un fort accroissement de la population et d'une offre limitée de logements".

L'endettement des ménages relativisé

Selon la BCL, le niveau élevé de l'endettement des ménages peut être relativisé au regard de l'existence d'un stock important d'actifs financiers. Celui-ci s'élèverait à 233 % de l'endettement au troisième trimestre 2016. Cependant, cette situation pourrait "cacher des hétérogénéités et donc des vulnérabilités entre les différentes classes de ménages", reconnaît la BCL.

Même si l'endettement est important, "les ménages luxembourgeois ont un degré de vulnérabilité comparable à la moyenne européenne", affirme la BCL tout en précisant que cette vulnérabilité est estimée selon différents indicateurs de soutenabilité, tels que le rapport entre le paiement mensuel lié à la dette hypothécaire et le revenu disponible par ménage.

La BCL rappelle aussi que le marché immobilier luxembourgeois a déjà été examiné par différentes organisations internationales. En novembre 2016, la Commission européenne a jugé qu'un examen approfondi du Luxembourg n'était pas nécessaire. "Même si la Commission a réitéré que la hausse continue des prix immobiliers requiert une surveillance étroite, elle a estimé que les risques semblent rester relativement limités", note la BCL.

La Commission européenne a cependant noté qu'"en raison du niveau élevé et croissant des prix de l'immobilier, ainsi que de politiques favorisant la propriété, le Luxembourg risque de devenir peu attrayant comme lieu de résidence".

Du côté du FMI, on estime que la hausse des prix immobiliers au Luxembourg reflète principalement "une croissance rapide de la demande et des pénuries dans l’approvisionnement de logements". Même si l'institution n'a pas identifié une surévaluation des prix immobiliers, "les risques sur le marché immobilier devraient être suivis de près".

La prudence reste de mise

Ainsi, d'après la BCL, les risques à court terme liés au marché immobilier au Luxembourg semblent contenus. La prudence reste toutefois de mise, notamment "en raison d'une forte croissance de l'endettement des ménages au cours des dernières années, du niveau élevé des prix immobiliers par rapport au revenu des ménages et de la concentration des prêts hypothécaires sur un nombre limité d'établissements de crédit". Ces fragilités pourraient gagner en importance en cas de choc négatif significatif.


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